Thot connaît les paroles secrètes de Rê
Dans la capitale égyptienne du culte de Thot à Hermopolis, la tradition sacrée attribue le rôle souverain au dieu de la Sagesse. Le récit mythique d’Hermopolis repose sur une ogdoade de huit divinités primordiales. À Héliopolis, dieu scribe de l’Ennéade, Thot consigne et rend les sentences d’Atoum-Rê. Dans la mythologie de Rê, le dieu solaire suprême confie à Thot la gouvernance de la Terre et des humains. Thot, gardien des secrets, établit l’ordre du monde par la parole…
Par Maryse Marsailly (@blogostelle)
– publié le 20 février 2026 –

REPÈRES CHRONOLOGIQUES. Époque Thinite vers 3400-2980 avjc. Ancien Empire 2980-2475 avjc. Moyen Empire 2160-1788 avjc. Nouvel Empire 1580-1090 avjc. Troisième période intermédiaire 1090-663 avjc. Basse Époque 663 avjc – 332 avjc. Époque ptolémaïque 332-30 avjc. Époque Romaine 30 avjc.
THOT, GRAND DIEU D’HERMOPOLIS
Hermopolis, Khemenou pour les anciens égyptiens, est la capitale du culte de Thot, désignée aussi comme “La ville des Huit”. La théologie hermopolitaine élabore la doctrine de l’Ogdoade fondée sur huit divinités primordiales…

Des temples dédiés au dieu Thot
Présent dans tous les temples égyptiens, le dieu Thot bénéficie aussi de sanctuaires qui lui sont particulièrement consacrés. Comme à Hermopolis Magna (actuel el-Ashmunein), située en Moyenne-Égypte, capitale du XVe nome de Haute-Égypte dans l’antiquité.
Un autre temple consacré au dieu Thot se trouve à Hermopolis Parva, “La maison de Thot”. Cette capitale du XVe nome de Basse-Égypte se situe dans le Delta. Thot possède encore un sanctuaire à Héliopolis, à Memphis et à Thèbes. Par ailleurs, le culte de Thot s’exporte hors de l’Égypte, de la Nubie jusqu’à l’actuel Soudan…

L’Ogdoade d’Hermopolis
Les déités de l’Ogdoade d’Hermopolis, féminines et masculines, habitent le Noun, l’Océan originel, masse liquide informe… Thot, scribe des dieux, maître du savoir et de la Lune, permet l’éclosion de l’œuf primordial par sa parole efficace…
Déesses-serpents et de dieux-grenouilles
Les huit divinités primordiales de l’Ogdoade d’Hermopolis prennent la forme de quatre couples de déesses-serpents et de dieux-grenouilles. Ce sont “Les Huit qui étaient dans le Noun, avant que la terre n’existe” ( temple d’Edfou)…

Les quatre couples de l’ogdoade d’Hermopolis incarnent des principes. Ils sont Noun et Naounet, l’infini liquide ou océan primordial ; Hehou et Hehet, l’espace infini ou durée infinie ; Kekou et Keket, les ténèbres ; Niaou et Niaout ou Imen et Imenet, le néant, l’insaisissable, et parfois Amon Amonet, l’inconnaissable, le caché, le mystère…
L’Ogdoade crée un œuf ou un lotus d’où naît le Soleil
L’Ogdoade crée un œuf, le dépose sur un tertre lui-même émergé du Noun à Hermopolis. De cet œuf jaillit le Soleil qui crée le monde. Selon une variante, c’est un lotus ou un bouton de lotus qui apparaît sur les eaux d’Hermopolis. De ce lotus jaillit le jeune soleil…


D’après un ostracon, face et revers, Textes des sarcophages (CT 155), hiéroglyphique cursif, règne Hatchepsout-Thoutmosis III, 1480 -1425 avjc, XVIIIe dynastie, Nouvel Empire, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
Thot vint à l’existence au commencement…
Les Textes des Sarcophages (ou Textes des cercueils, CT IV, 155) évoquent ainsi l’émergence primordiale : « C’est Thot qui est venu à l’existence au commencement du premier moment, qui a fait advenir les dieux de l’Ogdoade dans le Noun. » (The Egyptian Coffin Texts, vol. IV, Adriaan de Buck, The University of Chicago Press – 1951)
“Je suis celui qui est issu de l’œuf, je suis celui qui a fait éclore le dieu dans sa coquille.” (Textes des Sarcophages, CT V, 335). Thot est celui qui mesure le temps de gestation et qui prononce la parole efficace permettant l’éclosion de l’œuf primordial.

Noun, l’océan originel
Le thème mythique du Noun, immensité aquatique originelle d’où émerge Rê, divinité solaire et cosmique, se retrouve dans plusieurs versions cosmogoniques égyptiennes.
L’œuf cosmique symbolise l’ensemble des potentialités du monde avant qu’elles ne se manifestent. La naissance du Soleil induit l’ordre universel (Maât) qui succède au chaos primordial, la lumière et la vie.
Voir aussi l’article Le Sacré en Égypte ancienne : Un dieu solaire aux multiples facettes – Le Soleil Rê émerge du Noun, l’océan primordial

Thot et l’œuf cosmique
Dans plusieurs formules des Textes des Pyramides (Ancien Empire), il est dit “Va, tourne-toi vers les deux moitiés de l’œuf ; va à Ḏḥwty (Thot)…” Les textes ptolémaïques d’Edfou précisent que “L’œuf est venu à l’existence sur la butte primordiale, le dieu est sorti de sa coquille, les dieux ont vu la lumière.”
Thot apparaît comme celui qui nomme l’événement et énonce la naissance du Soleil. Les “deux moitiés de l’œuf “ deviennent une coquille ouverte par la parole…
L’œuf cosmique pondu par une oie du Nil
Dans la version cosmogonique la plus répandue, l’œuf qui donne naissance au Soleil (Rê) est pondu par une oie céleste… “Selon le témoignage le plus ancien, tiré des Textes des Sarcophages, l’œuf cosmique abritant le souffle de vie universel aurait été déposé sur le futur sol d’Hermopolis par une oie du Nil, la Grande Criailleuse”. (Michel Malaise)

L’œuf cosmique pondu par un un ibis sacré
À Hermopolis, dans une variante tardive, l’œuf cosmique est pondu par un ibis sacré, une des formes du dieu Thot. L’ibis rattache ainsi le dieu Thot au mythe créateur. Des inscriptions ptolémaïques du temple de Thot à Hermopolis affirment que “L’ibis sacré, grand dans Khemenou, a pondu l’œuf d’où est sorti le Soleil.”
“Thot compte les jours de l’œuf »
À Dendérah, selon une inscription ptolémaïque, le dieu Thot, maître de la Lune, régule le temps cosmique : “Thot compte les jours de l’œuf, il fixe l’heure de sa naissance, la Lune annonce l’éclosion.”

Thot dieu créateur par le verbe
À Héliopolis, capitale du culte solaire, Thot est le scribe de l’Ennéade (un groupe de neuf divinités). Efficace par la parole, Thot rend la sentence d’Atoum-Rê. À Edfou (époque ptolémaïque et tardive), le rôle de Thot prend de l’ampleur, il devient garant universel de Maât et sa parole maintient le cosmos.
Thot établi Maât (l’ordre cosmique) par son discours
Ainsi, Thot, grand dieu d’Hermopolis, maître du verbe et de l’écriture, sortit avec les Huit (Ogdoade d’Hermopolis), il établit l’ordre du monde par la parole efficace, il fixa les noms des choses, il mesura le temps, il mit chaque être à sa place selon Maât (norme universelle, Justice et Vérité).
Des formules du temple d’Edfou désignent le dieu Thot comme “Celui qui a créé par la parole” et “Celui qui a établi Maât par son discours”.

Les Huit de l’Ogdoade portent le germe du devenir
Au commencement était le Noun, océan originel informe et silencieux. La Butte primordiale surgit en son sein, lieu du premier temps. Les Huit divinités de l’Ogdoade, ceux qui portent le germe du devenir, viennent à l’existence sur cette terre émergée. Du lotus primordial qu’ils font apparaître naît l’enfant solaire qui illumine le monde…
Thot « crée le monde par le Verbe »
Selon une version de la cosmogonie égyptienne racontée sur les murs du temple d’Edfou (Le Temple d’Edfou, volume VI, d’Émile Chassinat), le récit mythique précise…
« Au sein de l’océan primordial apparut la terre émergée. Sur celle-ci, les Huit vinrent à l’existence. Ils firent apparaître un lotus d’où sortit Rê, assimilé à Shou (Air). Puis il vint un bouton de lotus d’où sortit une naine, sorte de parèdre féminin. Rê la vit et la désire. De leur union, serait né Thot qui alors crée le monde par le Verbe ».

Thot divinité démiurge
Le texte souligne que Thot, identifié au Verbe, est « celui qui a créé ce qui est par ce qui sort de sa bouche ». Ce récit semble synthétiser plusieurs traditions mythiques d’Hermopolis et d’Héliopolis pour mettre en lumière le rôle de Thot en tant que démiurge (créateur) par la parole. Par ailleurs Thot s’identifie à “la langue de Ptah”, grand dieu de Memphis créateur par la Parole.
Nehemetaouay, parèdre de Thot
Par ailleurs, le terme de naine, Nwt, ou d’une forme désignant une entité féminine de petite taille, s’identifie parfois à une forme de la déesse Nehemetaouay, épouse de Thot à Hermopolis (Seshat étant la fille de Thot). Nehemetaouay est coiffée d’un sistre en forme de sanctuaire.

Pour la déesse Seshat et Thot voir l’article Le Sacré en Égypte ancienne : Thot, maître de l’écriture, du savoir et de la Lune
Thot chasse les ennemis d’Osiris
Thot établit la parole rituelle
Dans le Livre pour Sortir au Jour dit Livre des morts, en référence à l’assassinat et au démembrement d’Osiris par son frère Seth il est dit : “Thot chasse les ennemis d’Osiris, il repousse Seth pour lui.” “Thot a rassemblé tes membres, Osiris, il a établi pour toi les paroles rituelles”.

Thot proclame la justification d’Osiris
Thot intervient dans la reconstitution du corps d’Osiris établissant la parole rituelle permettant la résurrection de l’époux d’Isis, père d’Horus. Osiris devient le seigneur de l’Au-delà et le maître de l’Éternité…
Thot proclame la justification d’Osiris et assure ainsi la validité rituelle et juridique du tribunal de l’Au-delà : “Thot déclare Osiris justifié de voix”.
Voir l’article Le Sacré en Égypte ancienne : Osiris, maître de l’Éternité, préside à la Pesée du cœur des défunts

“Thot a proclamé la Maât pour Osiris”
Thot confère à Osiris son statut de justifié, comme pour les défunts humains qui se justifient pour gagner leur Salut dans l’Au-Delà… “Mon cœur ne se dressera pas contre moi devant le tribunal d’Osiris, Thot l’a rendu conforme à la Maât.”
“Thot a proclamé la Maât pour Osiris, devant la Grande Ennéade du Seigneur qui est au cœur d’Héliopolis.” (Livre des Morts, formule 18). Selon les traditions de l’Égypte ancienne, Si, comme les humains, les dieux finissent par mourir, tous peuvent trouver l’immortalité en devenant “un Osiris”.

Motif du Sema-Taouy voir l’article Le Sacré en Égypte ancienne. Les dieux Osiris et Seth forment un duo mythique fondateur
Osiris “roi de l’Éternité”
“Je suis Thot Ô Osiris, taureau de l’Occident, roi de l’éternité.Thot a déclaré Horus justifié de voix contre ses ennemis, en ce jour du jugement, dans le grand château du Prince qui est à Héliopolis” (selon les chapitres 17 et 18 du Livre pour Sortir au Jour dit Livre des Morts)
Ancestrale divinité de la végétation devenue le souverain de l’au-delà, Osiris est qualifié de “roi de l’Éternité”… Dans le mythe d’Osiris, c’est Thot qui met fin au sanglant combat entre Horus, fils d’Osiris, et son oncle Seth, l’assassin d’Osiris.

Voir aussi l’article Le Sacré en Égypte ancienne : Le mythe d’Osiris, de la déesse Isis et de leur fils Horus – La quête de la déesse Isis et Le culte d’Osiris, dieu de l’Au-delà et de l’Éternité, prend de l’ampleur au Moyen Empire
THOT, SUBSTITUT DE RÊ SUR TERRE
Divinité solaire suprême du panthéon égyptien, Rê crée le monde, la vie et engendre les dieux dans la cosmogonie d’Héliopolis, capitale du dieu Soleil. Des récits mythiques racontent comment Rê confie à Thot la mission de le représenter ici-bas, quand le dieu Soleil décide de se retirer dans les cieux, loin du monde terrestre et des humains…

Thot préside à la Terre
Thot, « cœur de Rê » issu de Khepri
L’intelligence et la connaissance siègent dans le cœur de Thot. Dieu de la Sagesse et de la Lune, Thot s’identifie au « cœur de Rê ». Dans la tradition égyptienne, pour les dieux comme pour les humains, le siège de la pensée et de l’intelligence ne se trouve pas dans le cerveau mais dans le cœur…
“Je suis Thot, sorti du cœur d’Atoum (Rê)” précisent des écrits du temple de Khnoum à Esna. Ailleurs, dans des textes tardifs, il est fait mention de “Thot, issu de Khepri” (temples d’Hermopolis et d’Esna). Déité symbolisée par le scarabée, Khepri incarne le Soleil Levant…

La triade solaire d’Héliopolis
Khépri (Soleil Levant), Rê et Atoum forment la triade solaire d’Héliopolis. Rê-Horakhty à tête de faucon, couronné du disque solaire et de l’uraeus (cobra divin et royal), représente le dieu solaire à son zénith…
À Héliopolis, capitale du culte du dieu Soleil Rê (Hélios pour les Grecs), Atoum-Rê forme avec Shou, Tefnout , Geb, Nout, Osiris, la déesse Isis, Seth et Nephthys, le groupe divin de l’Ennéade (neuf divinités).
Selon les époques, les régions et les cités, Amon-Rê, Khnoum-Rê, Atoum-Rê ou encore le dieu Ptah incarnent la divinité créatrice.

Voir les articles Le Sacré en Égypte ancienne : Un dieu solaire aux multiples facettes et Les dieux solaires Rê – Horakhty, Amon, Aton et Sekhmet, Ptah et Nefertoum à Memphis, Mout, Amon et Khonsou à Thèbes
“Je suis Thot, qui préside à la Terre”
Le Livre des Morts mentionne “Les secrets de Thot” et “Thot, qui préside aux deux horizons”. “Thot qui est sorti du cœur de Rê” apparaît comme le détenteur des secrets, des formules, des paroles efficaces… Dans les Textes des Sarcophages il est dit “C’est Thot, le cœur de Rê” et “Je suis Thot, qui préside à la Terre”…

Thot veille à l’ordre cosmique
“Tu maintiendras la Maât sur la Terre…”
Dans la tombe de Séthi Ier (KV17), Rê dit à Thot : “Tu feras entendre la parole divine. Tu maintiendras la Maât sur la Terre. Tu prendras place en mon lieu. Tu seras celui qui remplacera l’Œil.
« Tu compteras les jours, tu établiras les mois, tu feras exister les années. » (Le Livre de la Vache Céleste). Thot est celui qui mesure le temps et la durée de la vie des dieux et des hommes…
Fille du dieu Rê, Maât incarne l’ordre cosmique
Dans le panthéon égyptien, la déesse Maât personnifie le concept cosmique de l’ordre universel ou norme universelle. Fille du dieu Rê, Maât préside à l’équilibre du monde dont les deux piliers sont Justice et Vérité…



D’après Horus, Maât et Thot, tombe de la reine Taousert et de son successeur Sethnakht, XIXe-XXe dynastie, Thèbes, Vallée des Rois ; la déesse Maât protégeant le cartouche royal, tombe de Séthi Ier, XIXe dynastie, Vallée des Rois ; Thot à tête d’ibis, bas-relief, temple de Séthi Ier et Ramsès II, XIXe dynastie, Abydos ; Nouvel Empire, Égypte ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
La déesse Maât et sa plume
La déesse Maât porte une plume d’autruche, signe hiéroglyphique de son nom signifiant « justice » et « vérité ». Parfois représentée ailée, comme les déesses Isis et Nephtys, Maât accorde sa protection…
La déesse Maât préside à l’équilibre cosmique, à la juste mesure des choses dans la Nature comme dans la société humaine. Sur les images funéraires, la plume de Maât apparaît sur la balance de la Pesée du cœur. Sa légèreté induit celle de l’âme du défunt qui aspire à accéder à l’au-delà éternel…

Voir aussi l’article Le Sacré en Égypte ancienne, Isis et les multiples visages de la déesse égyptienne
Thot connaît les paroles secrètes de Rê
« Je suis Thot, le scribe divin«
Dans les Textes des Sarcophages, le scribe des dieux se présente : “Je suis Thot, le fils aîné de Rê, celui que Atoum a modelé de ses mains. Je suis descendu pour apporter la parole secrète” …. “Je suis Thot, né de Rê lui-même. Je suis celui qui vint à l’existence par la parole d’Atoum.”
Dans le Livre des Morts, il est dit : “Je suis Thot, le scribe divin, connaissant les paroles secrètes de Rê ». Dans un hymne, “Salut à toi, Thot le Très-Grand, né de Rê, le seigneur de la parole divine, le maître des secrets…”

Thot seigneur des paroles divines
Dans le Livre des Morts (chapitre 17) Thot “préside aux deux horizons”. “Je connais les choses secrètes de l’horizon. Je suis Thot, le grand, connaisseur des paroles secrètes de Rê. “
Dans les Textes des pyramides, le scribe des dieux déclare « Je suis Thot, le très-grand, le seigneur des paroles divines, le fils de Rê. Je suis celui qui est issu d’Atoum, celui qui est né de Khepri. » Par ailleurs, “Thot descend du ciel avec les paroles divines” (les hiéroglyphes).

Selon la volonté de Rê, Thot règne sur la Terre
Fâché, Rê envoie Sekhmet punir les humains
Le Livre de la Vache Céleste (ou divine) évoque les dernières années du règne du dieu Rê sur Terre… Ce récit mythique raconte comment Rè, irrité de voir les humains comploter contre lui, envoie sur terre “son œil”, la déesse Hathor sous la forme de la terrible Sekhmet pour exterminer l’humanité…
Le dieu solaire se ravise et se retire au Ciel
Cependant, devant l’ampleur du massacre, Rê, se ravise et décide de sauver ce qui reste de l’humanité… Il fait répandre de la bière et la déesse lionne Sekhmet, trouvant l’ivresse agréable, cesse alors son carnage… Puis le dieu solaire et souverain se retire au Ciel…

Voir l’article Le Sacré en Égypte ancienne : Hathor, divinité de la beauté, vache céleste ou déesse lionne Sekhmet
Le Livre de la Vache Céleste
Les manuscrits du Livre de la Vache Céleste (ou Livre de la Vache du Ciel) conservés à ce jour remontent au Nouvel Empire. Thot apparaît dans ce récit mythologique après la destruction partielle de l’humanité quand le dieu Rê se retire du monde terrestre.
Substitut de l’Œil de Rê, Thot devient garant de l’ordre cosmique après le retrait au Ciel du dieu solaire. Thot réorganise le cosmos et institue un nouvel ordre divin. Dans Le Livre de la Vache Céleste “ Rê fit Thot de son propre corps… Il le chargea des secrets et dit : « Descends et apaise les hommes en mon nom.”

Des textes dans les tombeaux royaux
Les spécialistes estiment que certaines formes du récit mythologique du Livre de la Vache Céleste étaient connues sous la Première Période intermédiaire (vers 2475 – 2160 avjc), avant une rédaction au cours du Moyen Empire (vers 2160 – 1788 avjc).
On rencontre pour la première fois des passages du Livre de la Vache Céleste dans la tombe de Toutankhamon (mort vers 1327 avjc, XVIIIe dynastie). Ce texte sacré apparaît encore dans les tombeaux des pharaons Séthi Ier et Ramsès II (XIXe dynastie), Ramsès III et Ramsès VI (XXe dynastie).
Sur des feuilles de papyrus pour Ramsès VI, les passages du Livre de la Vache Céleste sont gravés sur les parois des autres tombeaux…

Rê s’élève dans le Ciel sur le dos de la Vache Céleste
Dans la tombe de Séthi Ier (KV17), des passages du Livre de la Vache Céleste relatent comment le dieu solaire fait de Thot son substitut ici-bas quand Rê s’élève dans le Ciel sur le dos de la Vache Céleste. Thot devient le médiateur entre le Ciel et la Terre.
Fondant le lien Thot et Lune, le dieu solaire confie à Thot la régulation des jours et des nuits, l’instauration d’un temps mesuré et cyclique. Thot devient le régulateur du temps lunaire et du calendrier.
Thot exécute les décisions divines
Rê charge Thot de maintenir Maât (ordre cosmique, Justice, Vérité) et établit Thot comme son « Œil solaire » en son absence. Thot est chargé d’annoncer et d’exécuter les décisions divines. Thot est implicitement le maître de la parole divine et celui par qui les décrets de Rê deviennent opérants.

Maître du jeu et de l’intelligence, Thot gagne au jeu de Senet les cinq jours épagomènes contre le dieu Lune Khonsou. Dieu lunaire, maître du temps, régulateur du calendrier et scribe des dieux, Thot, joue un rôle important dans les célébrations rituelles égyptiennes. Pour les scribes et les lettrés, “ce que Thot fait est grand”…
A suivre… Le Sacré en Égypte ancienne. Thot, dieu lunaire maître du temps et régulateur du calendrier rituel
Des écrits sacrés ? Les Textes des Pyramides, qui remontent à l’Ancien Empire (entre 2980 – 2475 avjc). Les Textes des Sarcophages, dès la fin de l’Ancien Empire et au Moyen Empire (vers 2160 – 1788 avjc). Le Livre pour Sortir au Jour (dit Livre des Morts), au Nouvel Empire (vers 1580 – 1090 avjc) …
Un roman ? Sinouhé l’Égyptien, de Mika Waltari, les aventures de Sinouhé, médecin et espion du pharaon Aménophis IV (Akhénaton)… Un conte initiatique ? Her-Bak Pois Chiche, de Isha Schwaller de Lubicz, qui raconte l’éveil d’un jeune égyptien sous la XXe dynastie, dans la région de Thèbes (Karnak, Louxor).
Le Problème de la genèse dans la pensée égyptienne antique, de Michel Malaise (Professeur d’égyptologie à l’Université de Liège)
PDF mondesanciens.uliege.be/upload/docs/application/pdf/2024-10/1990-malaise_m.-le_probleme_de_la_genese_dans_la_pensee_egyptienne_antique.pdf
Le livre de la Vache du Ciel dans les tombeaux de la Vallée des Rois, de Charles Maystre, Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale (tome 40, 1941) – Collection persée persee.fr/doc/bifao_0255-0962_1941_num_40_1_2012
Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale : Un nouveau fragment du Livre de la Vache céleste, de Nadine Guilhou (BIFAO 98 (1998), p. 197-213) : ifao.egnet.net/bifao/098/10/
