Le jeune Horus triomphant
Dans la mythologie égyptienne, la déesse Isis, son fils Horus et le dieu Thot possèdent de grands pouvoirs protecteurs et guérisseurs. L’enfant Horus est vénéré sous le nom de Har-Pa-Khrat, (Harpocrate en grec). La déesse Isis possède “ la magie efficace de la parole”, le dieu Thot connaît les formules secrètes et le jeune Horus protège des blessures venimeuses…
Par Maryse Marsailly (@blogostelle)
– Mise à jour novembre 2025 –

REPÈRES CHRONOLOGIQUES. Époque Thinite vers 3400-2980 avjc. Ancien Empire 2980-2475 avjc. Moyen Empire 2160-1788 avjc. Nouvel Empire 1580-1090 avjc. Troisième période intermédiaire 1090-663 avjc. Basse Époque 663 avjc – 332 avjc (domination Perse 525 avjc – conquête Alexandre le Grand 332 avjc). Époque ptolémaïque 332-30 avjc. Époque Romaine 30 avjc- IVe siècle.
DES STÈLES MAGIQUES POUR SE PROTÉGER
Thot, la déesse Isis et le jeune dieu Horus protègent des “afflictions” grâce à leur magie divine. Thot connaît toutes sortes de formules et de sorts et la déesse Isis, “propriétaire de la magie”, use de la puissance efficiente des mots. Sous son aspect guérisseur, le jeune Horus porte le nom de Har-Pa-Khrat (Horus l’enfant), hellénisé en Harpocrate chez les auteurs grecs.

La stèle magique d’Horus-Harpocrate
Découverte à Alexandrie, la stèle de Metternich (360-343 avjc) est conservée au Metropolitan Museum of Art, à New York. Sculptée en haut relief dans le greywacke, une pierre sombre et très dure, elle mesure 83,5 centimètre de haut. Ce monument prophylactique (qui préserve la santé) est couvert de hiéroglyphes gravés recto verso.
La stèle de Metternich est réalisée sous le règne de Nectanebo II, XXXe dynastie, à la Basse Époque. À l’origine, cette stèle magique en pierre (Cippus of Horus) est commandée par le prêtre Esatum à Héliopolis pour le temple de Mnévis, taureau sacré, dont le culte se développe à la Basse Époque.


D’après la stèle magique de Metternich, recto et verso, cippe d’Horus, greywacke, 360-343 avjc, roi Nectanebo II, XXXe dynastie, Basse Époque, Héliopolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
“Horus l’enfant”-Har-Pa-Khrat
Le jeune Horus porte le nom de Har-Pa-Khrat (Harpocrate) qui signifie Horus l’enfant. Le nom de Har-Pa-Khrat apparaît fréquemment à la fin du Nouvel Empire (1580-1090 avjc). Néanmoins, dans les textes des Pyramides qui remontent à l’Ancien Empire (2980 -2475 avjc), une expression proche de ce nom désigne déjà Horus-enfant avec son doigt dans la bouche.
Horus Enfant et Horus Rê-Horakhty
Sur la stèle de Metternich l’enfant Horus maintient dans ses mains deux scorpions, deux serpents, une antilope par les cornes et un lion par la queue. Le jeune dieu vigoureux est entouré par la déesse Isis et le dieu Thot, tous deux de puissantes divinités guérisseuses…

En outre, la déesse Isis et le dieu Thot veillent sur la hutte de roseaux et de lotus, telle une chapelle, qui abrite l’enfant Horus auprès de Rê-Horakhty, « Horus de l’Horizon » à tête de faucon, Soleil au zénith et dieu solaire porteur de Salut.
Un lotus d’où émerge les deux plumes d’Amon Rê évoque la renaissance. Le lotus bleu ou nénufar rappelle la naissance originelle du Soleil qui émerge des Eaux primordiales. Chaque matin, après son voyage nocturne, le Soleil surgit, renaissant et réactualisant ainsi le “Premier jour”.
Voir aussi Le Sacré en Égypte ancienne, le dieu Rê crée le Premier Jour


D’après Horus Enfant, stèle de Metternich, détail, greywacke, 360-343 avjc, règne de Nectanebo II, XXXe dynastie, Basse Époque, Héliopolis ; et Horus Harpocrate et sa mèche de l’enfance, figurine, bronze et or, 1069-664 avjc, Troisième période intermédiaire ;Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
Un jeune Horus triomphant
Sur la stèle de Metternich, Horus, sculpté en très haut relief, semble jaillir de l’arrière-plan, presque en ronde bosse comme une statue. Dans cette mise en scène, le jeune dieu avance la tête vers le spectateur, sa jambe gauche lancée en avant dans l’attitude de la marche. Le style de l’époque s’exprime dans les formes douces et arrondies des corps…

L’enfant Horus triomphant pose son pied sur deux crocodiles, redoutables animaux sauvages, parfois assimilés au dieu Seth, frère d’Osiris, dieu imprévisible dont la redoutable force physique peut cependant se mettre au service de la protection du dieu Soleil durant sa course nocturne pour protéger Rê du serpent géant Apophis.
Le serpent Apophis sous les pieds des dieux
Les figures de la déesse Isis, d’Horus Faucon et du dieu Thot apparaissent montées sur le monstrueux serpent Apophis, comme sur un podium, symbolisant ainsi leur contrôle sur les puissances malfaisantes et destructrices…



D’après la déesse Isis, Horus Faucon Rê-Horakhty et le dieu Thot, les pieds sur le serpent Apophis, stèle de Metternich, dessins et greywacke, 360-343 avjc, Nectanebo II, XXXe dynastie, Basse Époque, Héliopolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
Par ailleurs, Horus, fils d’Osiris et de la déesse Isis, vainc et soumet son oncle Seth incarnant les forces du désordre. Ainsi, le jeune dieu devient le premier pharaon mythique, inaugurant une ère nouvelle et la réunification de l’Égypte. Seth se présente alors comme le bras armé de l’Égypte et d’Horus pharaon qui l’a vaincu.

Un dispositif magique pour guérir morsures et piqûres
Comme sur la stèle de Metternich, d’autres stèles protectrices (cippes d’Horus) montrent Horus Enfant saisissant par la queue ou les cornes des serpents, des scorpions, une antilope ou un oryx et un lion.
Les cippes d’Horus
Ces stèles dites cippe supportent un dispositif magique pour éloigner les animaux venimeux et dangereux et guérir ceux qui ont été mordus ou piqués. Le mot cippe vient du latin cippus (pluriel cippi) qui signifie pieu, d’où aussi tronc d’arbre, cep, poteau, borne, colonne funéraire, stèle…

Une eau qui devient un remède
L’eau versée sur ces stèles d’Horus par des prêtres dans les temples ou par des particuliers à la maison, est censée absorber la puissance magique des images et des sorts, se transformant en un remède curatif que l’on peut boire ou verser sur les personnes souffrantes.
« Boire l’eau que l’on avait laissé couler sur la stèle, c’était bénéficier de la protection qu’Isis exerçait sur son fils et amenait la guérison »
Les plus grandes des stèles magiques d’Horus sont placées dans l’enceinte des temples. Des versions plus petites sont destinées à l’usage domestique ou encore des cippi miniatures sont portés comme amulettes pour se protéger.


D’après Horus Enfant Harpocrate saisissant serpents, scorpions, lion et oryx, sous la protection de Bès, serpentine, IIIe siècle avjc et Horus Harpocrate, stéatite, 332-280 avjc, XXXe dynastie ; cippes d’Horus, Époque Ptolémaïque, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
Des stèles magiques d’Horus sont encore installées dans des chapelles, situées au point de départ des pistes du désert, afin sans doute de se prémunir des animaux dangereux ou venimeux lors du voyage. Des cippes d’Horus se trouvent encore dans les bains collectifs, dont le milieu humide attire probablement les serpents…
LA MAGIE DES MOTS ET DES IMAGES
Sous l’égide d’Horus Enfant-Harpocrate, du savoir de la déesse Isis et de Thot, le processus de guérison se rattache au mythe d’Osiris et à la symbolique du cycle solaire et du Soleil renaissant. Le dieu Bès protège Horus-Enfant, jeune dieu solaire qui s’identifie au Soleil naissant, “faucon qui se lève (ou sort) du Noun (océan originel)”…

L’efficience des images et des hiéroglyphes
Sous la figure centrale de la stèle de Metternich se trouve un nombre important de rangées de hiéroglyphes. Ces textes notifient de nombreuses formules magiques pour se protéger contre les plaies et les maladies provoquées par des venins. D’autres hiéroglyphes évoquent des épisodes mythiques…
La protection des affligés
Ces sorts s’achèvent toujours par l’expression « et la protection des affligés », précisant qu’en utilisant ces sorts magiques toute sorte d’affliction humaine peut être guérie. Même des animaux peuvent être concernés…



D’après la stèle de Metternich, hiéroglyphes magiques et formules incantatoires, à la base, une évocation du mythe d’Isis et Osiris, greywacke, 360-343 avjc, Nectanebo II, XXXe dynastie, Basse Époque, Héliopolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
Parmi les hiéroglyphes gravés au recto de la stèle de Metternich, (lignes I-37), figure une incantation contre les attaques de serpents (1-8) et un sort pour exorciser le venin d’un chat piqué par un scorpion. Là, le venin est considéré comme un démon…
Voir aussi l’article L’Art de l’Égypte ancienne, les images et les hiéroglyphes perpétuent l’essence de l’éternel


D’après Horus Harpocrate sous la protection de Bès tenant des animaux venimeux et sauvages et hiéroglyphes magiques au verso, schiste, 332-280 avjc, Époque Ptolémaïque, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
La déesse Isis et la guérison miraculeuse d’Horus
L’iconographie de la stèle magique de Metternich raconte de quelle manière la déesse Isis, grâce à sa puissante magie, guérit un enfant mortellement piqué par Tefen, l’un des scorpions qui l’accompagnent dans sa fuite dans les marais après l’assassinat par Seth de son époux Osiris…

La magie efficace de la parole
Par ailleurs, Horus, fils de la déesse Isis et d’Osiris, est lui aussi piqué mortellement par un scorpion. Grâce aux pratiques magiques de sa mère aidée du dieu Thot, qui connaît les formules les plus secrètes, l’enfant Horus revient à la vie.
Après cette guérison miraculeuse Horus acquiert le pouvoir de protéger des animaux sauvages et venimeux. Parmi les hiéroglyphes de la stèle de Metternich, la déesse Isis affirme :
“Je suis Isis la déesse, la propriétaire de la magie, qui exécute la magie efficace de la parole, excellente des mots. »

(I am Isis the goddess, the owner of magic, who performs effective magic of speech, excellent of words, Traduction donnée dans La Mécanique de la pratique magique de l’Égypte ancienne par Robert K. Ritner, Université de Chicago 1993).
Voir aussi l’article Le mythe d’Osiris, de la déesse Isis et de leur fils Horus – La quête de la déesse Isis
Les mythes d’Osiris et de Rê
Deux thèmes importants se rattachent à la mythologie d’Isis. Dans le mythe d’Osiris, la déesse par en quête du corps démembré de son époux assassiné, donne le jour à Horus, premier pharaon mythique, avant de ressusciter Osiris.

Dans la mythologie de Rê, déesse magicienne, Isis réussit à obtenir le nom secret du dieu solaire et renforce ainsi considérablement sa puissance divine, sa magie et son savoir.
Voir aussi La déesse Isis obtient le nom secret du dieu Soleil Rê
Thot, dieu guérisseur
Autour de la base de la stèle de Metternich, les hiéroglyphes évoquent encore l’art de guérir de Thot, dieu scribe de la sagesse et du savoir, et de quelle manière ce maître des sciences agit sur l’enfant Horus pour le sauver d’une morsure de scorpion mortelle….


D’après Thot ibis, scribe des dieux, tombeau de Menna, règne de Thoutmosis IV, XVIIIe dynastie, nécropole thébaine, Louxor, Nouvel Empire ; et Thot stèle de Metternich, détail, greywacke, 360-343 avjc, règne de Nectanebo II, XXXe dynastie, Basse Époque, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
Thot aide la déesse Isis à guérir son fils Horus
Le texte évoque encore la déesse Isis qui raconte en personne comment Horus risque de mourir alors que la mère et l’enfant se cachent dans les marais. Désespérée, Isis appelle à l’aide le Bateau de l’Éternité, c’est-à-dire la barque de Rê, le dieu Soleil, qui navigue le jour dans le Ciel…
Et le disque solaire s’est arrêté en face d’elle et n’a pas bougé de sa place. Rê envoie alors le dieu Thot pour secourir la déesse Isis et l’aider à guérir son fils Horus. Thot récite des séries de formules magiques et l’enfant revient à la vie…

Le dieu Thot soigne les blessures d’Horus et de Seth
Par ailleurs dans le mythe d’Osiris, le dieu Thot soigne les graves blessures d’Horus et de Seth après leur violent combat. Horus recouvre ainsi son œil perdu et son intégrité physique et divine.
L’Œil oudjat d’Horus incarne cette intégrité retrouvée et inspire de nombreuses amulettes protectrices. Oudjat signifie “être intact”.
Selon les versions du récit mythique d’Osiris, c’est la déesse Isis ou Horus lui-même qui redonne le souffle de la vie à Osiris. L’époux d’Isis et le père d’Horus règne alors sur l’au-delà et l’Éternité…

Horus Har-Pa-Khrat porte “la mèche de l’enfance”
Dans l’Égypte ancienne, les artistes respectent généralement des canons conventionnels pour représenter les jeunes dieux et les enfants royaux : nudité, mèche de l’enfance et doigt sur la bouche, symbole de silence. La mèche de l’enfance ressemble à une tresse placée sur le côté de la tête.
Sur la stèle Metternich, Horus adolescent se présente nu et porte la mèche de l’enfance, mais le jeune dieu ne pose pas son doigt sur sa bouche. Il existe par ailleurs de nombreuses effigies d’Horus Harpocrate moulées dans le bronze rehaussées d’or. L’or, métal solaire, symbolise l’Éternité et la couleur de la chair des dieux…


D’après Horus Harpocrate et sa mèche de l’enfance, figurine, bronze et or, 1069-664 avjc, Troisième période intermédiaire, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
Le dieu Bès protège le jeune dieu solaire
Le dieu Bès, gardien vigilant et redoutable, s’associe au cycle solaire et veille sur la naissance de l’enfant Soleil identifié à Horus. Sur de nombreuses stèles magiques, Bès uni ses qualités apotropaïques (conjuration des influences maléfiques) à celles d’Horus…
Comme au recto de la stèle magique de Metternich, dans la scène supérieure en haut-relief, le dieu Bès protège Horus Enfant sur les cippes d’Horus. Sur ces stèles magiques d’Horus, Bès apparaît au-dessus de la tête du jeune dieu.

Bès, dieu nain protecteur du foyer
Le dieu nain Bès se manifeste encore comme une divinité du foyer domestique qui protège très efficacement de tous les dangers nocturnes. Bès peut se manifester sous des traits difformes et terrifiants. Il utilise le feu et possède des armes redoutables pour anéantir les mauvais esprits…
La popularité de ce protecteur domestique, qui chasse sans pitié les esprits maléfiques, prend de l’ampleur à la Basse Époque. Le dieu Bès, déité composite, possède une face léonine, son corps de nain est parfois pourvu de plusieurs paires d’ailes et de bras voire de têtes multiples.



D’après le dieu Bès protégeant Horus Enfant sur deux crocodiles, tenant serpents et scorpions, stéatite noire, 380-343 avjc, XXXe dynastie ; Bès à têtes multiples et symboles hiéroglyphiques, papyrus, IIIe-IVe siècle, antiquité tardive ; et Horus Enfant protégé par Bès, stèle de Metternich, dessin, 360-343 avjc, Nectanebo II, XXXe dynastie, Héliopolis ; Basse Époque, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
Bès veille sur le Soleil Levant
Au verso de la stèle de Metternich, entièrement couvert de hiéroglyphes, le dieu Bès trône au sommet de la stèle, au-dessus du symbole du Soleil Levant Khépri-scarabée. Bès veille sur le Soleil renaissant à l’aube…


D’après le dieu Bès, stèle de Metternich, verso, partie supérieure, greywacke et dessin, 360-343 avjc, Nectanebo II, XXXe dynastie, Basse Époque, Héliopolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
Bès tient le sceptre Ouas à pomme de canidé, symbole de puissance divine, et des tridents ornés de la croix ansée Ankh qui signifie Vie. Ainsi, Bès protège le Soleil renaissant et la vie…
Art de guérir et divinité solaire
Thot et le roi Nectanebo saluent le Soleil Levant
Au verso de la stèle Metternich, le dieu Bès surplombe la scène du cycle solaire. Au recto, la partie supérieure du monument met en lumière Khépri, Soleil Levant du matin. Le Soleil Levant Khépri-scarabée est salué par Thot accompagné des babouins, symbole du temps, et par le roi Nectanebo II agenouillé.
Tous lèvent les bras dans en signe d’adoration et de prière. Les babouins, qui marquent les heures, figurent parmi les attributs de Thot, dieu de la Sagesse, de l’écriture, des sciences, maître du calcul du temps et de la Lune.


D’après la stèle de Metternich, Thôt et ses babouins au recto, le dieu Bès au verso, parties supérieures, règne de Nectanebo II, XXXe dynastie, Basse Époque, Héliopolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
Nectanebo II est le dernier pharaon de la XXXᵉ dynastie, mais aussi le dernier souverain de l’Égypte ancienne indépendante. Il combat en vain contre l’empire perse avant d’être vaincu, en 342, par le roi Artaxerxès III Okhos, pharaon de la XXXIᵉ dynastie, onzième empereur achéménide…
Khépri, dieu Soleil renaissant
Sur la stèle de Metternich, des images incisées dans la pierre relatent le voyage du dieu Soleil Rê (ou Râ) durant les douze heures de la nuit. La barque solaire traverse alors la Douât, monde céleste souterrain, assimilé à l’au-delà et peuplé de nombreux périls…

La symbolique du cycle solaire
Ainsi, la divinité solaire parcourt la Douât avant de renaître chaque matin sous la forme de Khépri, Soleil Levant symbolisé par le scarabée. Le Soleil rayonne ensuite sous la forme de Rê-Horakhty qui est Horus de l’Horizon, Soleil au zénith, identifiant le dieu Horus à la puissance divine suprême de Rê…
Les sorts et les formules magiques de la stèle Metternich prennent donc leur place sous l’égide de la déesse Isis, des dieux Thot et Bès et du jeune Horus guérisseur. L’efficience de ces écrits magiques se rattache également à la symbolique du Soleil renaissant.


D’après le dieu Thôt et ses babouins saluant le Soleil Levant Khépri-scarabée, stèle de Metternich, partie supérieure, 360-343 avjc, Nectanebo II, XXXe dynastie, Basse Époque, Héliopolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
Par ailleurs, la divinité suprême s’identifie encore au dieu Osiris ressuscité par la déesse Isis. Osiris devient ainsi le maître de l’au-delà et de l’éternité.
Voir aussi les articles Le Sacré en Égypte ancienne, un dieu solaire aux multiples facettes et Le culte solaire nourrit la symbolique funéraire
Horus Faucon, divinité solaire et royale
Horus s’identifie à Rê-Horakhty
Dans l’art égyptien, Horus adulte est représenté soit sous la forme d’un faucon soit comme un dieu anthropomorphe à tête de faucon. En tant que divinité céleste, Horus faucon, dont les yeux sont le Soleil et la Lune, s’identifie à Rê-Horakhty, soit Horus de l’horizon. Horus coiffé du disque solaire représente le dieu solaire à son zénith.

Sur le papyrus funéraire de Khonsoumès, Horus Rê-Horakhty à tête de faucon porte le disque solaire. Il est accompagné d’Osiris et des déesses Isis et Nephtys. Face à eux, le défunt effectue encensement et libation.
Horus premier pharaon mythique
Le dieu Horus, fils d’Osiris et de la déesse Isis, devient le premier pharaon mythique après avoir vaincu Seth. Horus porte souvent la double couronne royale de Haute et de Basse- Égypte. Le pharaon, souverain de l’Égypte ancienne, incarne la manifestation du dieu solaire sur terre.

Parfois Horus porte une lance, symbolisant son rôle de héros destructeur des forces du mal et du désordre incarnées par Seth. Dans le mythe d’Osiris, après avoir vengé son père assassiné par son oncle Seth, Horus récupère le trône du monde des vivants.
Voir aussi l’article Les dieux Osiris et Seth forment un duo mythique fondateur
LA TRIADE OSIRIS, ISIS ET HORUS
Des offrandes à la triade d’Abydos
Formant une puissante et protectrice triade divine, Osiris, Horus et la déesse Isis sont particulièrement honorés à Abydos, où se trouve le plus grand sanctuaire dédié au culte du dieu Osiris.

La stèle de Dédia, chef des dessinateurs d’Amon sous le règne de Séthi Ier, tabernacle monolithe monumental, porte des dédicaces destinées à la triade d’Abydos. Dans la partie inférieure, Dédié et son épouse versent des libations en offrande à Osiris, Horus et Isis.
“Être bienheureux au ciel”
Le couple espère ainsi que les dieux leur accordent “ toutes sortes de choses bonnes et pures, du vin, du lait, le doux souffle du vent du Nord, d’être bienheureux au ciel, riches sur terre, acquittés dans le monde des morts…”


D’après une scène d’offrandes, stèle de Dédia, dédicaces aux dieux d’Abydos, et verso, règne de Séthi Ier, diorite, XIXe dynastie, Nouvel Empire, Abydos, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle) Louvre
Le revers gravé en à-plat de la stèle de Dédia présente des séries de hiéroglyphes et d’images, parmi lesquelles une scène d’offrandes, le reliquaire d’Abydos, les déesses Isis, Maât, Nephthys, Hathor et le dieu Thot.
Ressuscité par son épouse Isis dans le mythe d’Osiris, le père d’Horus devient le souverain de l’Au-delà et le maître de l’Éternité. Osiris, porteur d’espérance et de salut, acquiert une grande popularité sous le Moyen-Empire. Les dévots se rendent à Abydos pour ériger une stèle ou un cénotaphe : chaque fidèle aspire ainsi à devenir un « Osiris » dans l’au-delà…
Article suivant… : Le Sacré en Égypte ancienne. Le culte d’Osiris, dieu de l’Au-delà et de l’Éternité, prend de l’ampleur au Moyen Empire – La triade Osiris-Isis-Horus
Des écrits sacrés ? Les Textes des Pyramides, qui remontent à l’Ancien Empire (entre 2980 – 2475 avjc) ; Les Texte des Sarcophages, depuis la fin de l’Ancien Empire et au Moyen Empire (vers 2160 – 1788 avjc) ; Le Livre pour Sortir au Jour (dit Livre des Morts), au Nouvel Empire (vers 1580 – 1090 avjc)…
Un roman ? Sinouhé l’Égyptien, de Mika Waltari, les aventures de Sinouhé, médecin et espion du pharaon Aménophis IV (Akhénaton)… Un conte initiatique ? Her-Bak Pois Chiche, de Isha Schwaller de Lubicz, qui raconte l’éveil d’un jeune égyptien sous la XXe dynastie, dans la région de Thèbes (Karnak, Louxor).
La Mécanique de la pratique magique de l’Égypte ancienne par Robert K. Ritner (Université de Chicago 1993). isac.uchicago.edu/sites/default/files/uploads/shared/docs/saoc54.pdf
Metropolitan Museum of Art (MET). The Metternich Stela by Nora E. Scott, Research Fellow, Department of Egyptian Art (The Metropolitan Museum of Art Bulletin)
egyptologie.nl/wp-content/uploads/Nora-Scott-The-Metternich-Stela-in-The-Metropolitan-Museum-of-Art-Bulletin-9-No-8.pdf (Front, lines I-37: an incantation against attacks by serpents (1-8), and a spell for exorcising the venom (regarded as a demon) from a cat which has been stung by a scorpion)
Les statues « guérisseuses » dans l’ancienne Égypte, Pierre Lacau ; Monuments et mémoires de la Fondation Eugène Piot persee.fr/doc/piot_1148-6023_1921_num_25_1_1824 ;
