Inde ancienne. Sous la dynastie Kushana, les sculpteurs de Mathura embellissent les sanctuaires

D'après le Roi-Serpent Nâgâ, image de une, école de Mathurâ. (Marsailly/Blogostelle)

L’essor des images bouddhiques

Au Ier siècle, la tradition bouddhique qui à l’origine relève d’une pensée philosophique et éthique évolue vers une forme de dévotion de plus en plus imprégnée de religiosité… À l’époque Kushâna, en Inde du Nord, les artistes de l’école de Mathura sculptent des scènes sacrées dans le grès rouge et commencent à représenter Bouddha (ou Buddha) en personne…

Par Maryse Marsailly (@blogostelle)
– Dernière mise à jour décembre 2024 –

D'après une Yakshî, déité des arbres, portant un panier à motif de feuille de pipal, école de Mathura, dynastie Kushâna, IIe siècle, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une Yakshî, déité des arbres, portant un panier à motif de feuille de pipal, école de Mathura, dynastie Kushâna, IIe siècle, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

REPÈRES CHRONOLOGIQUES. Inde du Nord. École de Mathura en Uttar Pradesh. Dynastie Kushana : Ier – IIIe siècle. Inde du Sud.  École d’Amaravati en Andhra Pradesh : Ier siècle – début IIIe siècle. Dynastie Satavahana Ier siècle – IIe siècle. Dynastie Ikkaku IIIe siècle. Vers 320 : dynastie Gupta au Madhya Pradesh, période classique. Chronologie Arts de l’Inde Ancienne

DES SCULPTURES HINDOUES ET BOUDDHIQUES

Au cours de la période Kushâna (ou Kushan), les artistes de l’école de Mathurâ en Uttar Pradesh, exploitent le grès rouge des carrières de la région pour réaliser des chefs-d’œuvre qui viennent embellir les lieux saints bouddhiques et les sanctuaires consacrés aux dieux hindous. Les représentations bouddhiques se multiplient…

Des Yakshîs au Buddha…

Dans l’art de Mathura, on retrouve le goût pour une nudité parée et sensuelle qui distingue, dès les commencements, la manière dont les artistes de l’Inde représentent la féminité…

Le motif des feuilles de pipal d’une Yakshî sculptée (image en haut), renvoie à l’épisode de l’Illumination du Buddha, après avoir médité 40 jours sous l’arbre pipal… Le thème de l’arbre relie les ancestrales Yakshîs, déités des arbres, au Buddha…

D'après Buddha sur un trône faisant le geste d’absence de crainte, IIe siècle, époque Kushâna, Uttar Pradesh, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Buddha sur un trône faisant le geste d’absence de crainte, IIe siècle, époque Kushâna, Uttar Pradesh, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

Premières représentations du Bouddha

Le Buddha des artistes de Mathurâ

Au IIe siècle, les sculpteurs de Mathura inaugurent les premières représentations du Bouddha en personne…, dont la figure était évoquée jusque-là par des symboles: trône vide, traces de pieds, arbre pipal, roue de la loi, parasol, gazelles, lions… Ces motifs iconographiques s’inspirent des récits bouddhiques qui racontent la vie et le chemin spirituel du Buddha. 

Les premières images du Buddha rappellent parfois l’attitude et le style des personnages représentés à Sanchî aux époques précédentes. Tels les dvarapala (gardiens de portes) la main posée sur la hanche, les poses de la déesse Laksmî, des Yakshîs et des Yakshas sur les décors des stûpas

Les sculpteurs de Mathurâ semblent s’être inspirés de leur allure frontale, parfois hiératique, et de leurs gestes simples et clairs…

D'après le Bouddha, sans l'urna, relief sculpté, école de Mathura, Ier-IIe siècle, époque Kushâna, Uttar Pradesh, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le Bouddha, sans l’urna, relief sculpté, école de Mathura, Ier-IIe siècle, époque Kushâna, Uttar Pradesh, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

La main levée, en signe de bénédiction

On représente le Buddha debout ou assis dans une attitude frontale qui évoque la stabilité et la force… Le saint ne porte pas encore le signe distinctif de l’ûrnâ, une particularité qui correspondrait à sa touffe de poils entre ses sourcils. Il est souvent représenté la main levée dans un geste de bénédiction et de paix dit de l’Absence de Crainte…

Des grands yeux ouverts ou mis-clos

Les artistes de Mathurâ innovent encore dans le rendu des visages, ronds et animés par de grands yeux ouverts ou mi-clos, qui évoquent une intense vie intérieure. Souvent, la bouche du Buddha, comme celles des bodhisattvas, évoque un léger sourire ou une moue discrète…

… Les bodhisattvas sont de saints et bienveillants personnages, qui sont l’objet de la dévotion des fidèles. Les sculpteurs de Mathura s’appliquent tout en finesse au rendu des tissus, toujours près de la peau, et quasi en transparence…

D’après un Bodhisattva, grès rouge, Ier siècle ; Bouddha en habit monastique, IIe siècle ; école de Mathura, époque Kushâna, Uttar Pradesh, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

Buddha drapé dans sa robe de moine

Les sculpteurs interprètent dans la pierre le pan de tissu qui couvre le bras gauche de Buddha, grâce à de fins plis parallèles travaillés en léger relief… Souvent, une ceinture rehausse la taille du personnage.

Certaines monnaies du règne de Kanishka représentent également le Buddha debout, drapé dans son vêtement de moine, dont il tient une extrémité, et qui recouvre alors ses deux épaules…

À l’époque Kushâna, les artistes de Mathurâ décorent de reliefs sculptés les balustrades des stûpas, qui sont des monuments funéraires bouddhiques (voir les articles précédents). Moins hautes que celles de Bhârut ou de Sanchî, les balustrades s’élèvent maintenant sur environ un mètre de haut.

D'après Bouddha debout, haut-relief, montant de balustrade, grès rouge, école de Mathura, IIe siècle, dynastie Kushâna, Uttar Pradesh, Inde du Nord.(Marsailly/Blogostelle)
D’après Bouddha debout, haut-relief, montant de balustrade, grès rouge, école de Mathura, IIe siècle, dynastie Kushâna, Uttar Pradesh, Inde du Nord.(Marsailly/Blogostelle)

L’histoire du Parasol…

Sur plusieurs images en haut-relief du Buddha, on retrouve une attitude qui rappelle celle d’une grande sculpture provenant de Sarnâth. Le Buddha, debout, pose son poing gauche fermé sur sa hanche et lève la main droite dans le geste habituel de paix ou de bénédiction…

Taillée dans le grès rouge, cette image représente à l’origine Bouddha devant un parasol (disparu), un détail iconographique qui se rattache au thème du Grand Départ… L’épisode du Grand Départ raconte comment le prince Gautama Siddhârta, alors âgé de 29 ans, quitte la demeure familiale avec serviteur, cheval et parasol, pour se consacrer à sa quête spirituelle…

Le parasol, un accessoire qui signe la noblesse ou la royauté, se retrouve aussi au faîte des stûpas qui sont censés contenir les reliques des saints bouddhiques…

D'après le Buddha debout, haut relief sculpté, école de Mathura, IIe siècle, époque Kushâna, Uttar Pradesh, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un relief sculpté du Buddha debout, Mathurâ, IIe siècle apjc, époque Kushâna, Uttar Pradesh, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

La puissance tranquille du Buddha

Les artistes de l’école de Mathurâ ont sculpté de nombreuses images du Buddha sur des hauts-reliefs, parfois presque en ronde bosse (sculpture en 3 dimensions), la main droite levée, dans un geste qui n’est pas encore complètement codifié à cette époque.

Il émane souvent de ces œuvres de l’art bouddhique, un peu massives et au style sobre, une puissance tranquille, grâce au travail de la pierre et à un rendu subtil du personnage… Une coiffure en chignon, l’ûrnâ et la manière de porter le drapé supérieur de son habit distinguent le Buddha.

L’Éveillé porte le plus souvent une robe monastique drapée, traitée en transparence, qui découvre épaule droite et sein droit… On peut aussi apercevoir, symbolisé par un cercle discret, son signe distinctif, l’ûrnâ. Les artistes de Mathurâ représentent Buddha debout ou assis en tailleur, une posture de méditation que l’on rencontre déjà sur les sceaux du Yogi de Mohenjo-Daro.

D'après le Bouddha, haut-relief, style de Mathura, époque Kushâna, Ie- IIe siècle, Uttar Pradesh, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le Bouddha, haut-relief, style de Mathura, époque Kushâna, Ie- IIe siècle, Uttar Pradesh, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

Sur le socle du trône de Buddha, on aperçoit le Chakravartin, Celui qui fait tourner la Roue, et à qui l’Éveillé s’identifie…

Influences grecques et orientales

Dans l’art de Mathura, le Buddha est souvent flanqué de deux assistants, peut-être des bodhisattvas… On retrouve les attributs symboles traditionnels de l’Éveillé : les lions et la roue de la loi qui symbolisent l’enseignement du Buddha et sa portée universelle, et l’arbre pipal qui évoque son illumination…

Ce saint personnage s’identifie aussi à Celui qui fait tourner la Roue (Chakravartin), une figure mythique de la tradition hindoue réinterprétée par la doctrine bouddhique… On retrouve aussi dans l’art de Mathurâ le thème des Yakshîs, déités des arbres, chères aux arts des périodes précédentes…

Des touches d’influences grecques et orientales semblent inspirer parfois les artistes de l’époque. Comme le montre des animaux sculptés de manière symétrique, qui rappellent le thème iconographique proche oriental des animaux affrontés… ou encore le traitement sculptural de certaines scènes bouddhiques.

D’après un élément de pilier, école de Mathura, Ier- IIe siècle ; Le Rêve de Maya, relief sculpté, IIe siècle ; dynastie Kushâna, Uttar Pradesh, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

Bouddha, bodhisattvas et dieux hindous se côtoient dans les scènes sculptées

Le Mahayana, doctrine du Grand Véhicule

Le bouddhisme engendre une nouvelle éthique spirituelle appelée Mahayana, dont le nom signifie Le Grand Véhicule ou Grand Moyen de Progression. Cette doctrine, empreinte de dévotion religieuse, vise à donner la possibilité à beaucoup plus d’adeptes de chercher et d’obtenir la Libération du Cycle des Renaissances…

D’après un couple de dévots, Bouddha entre Brahma et Indra, IIe siècle, haut relief, Gandhara, époque Kushana, Inde du Nord ; personnage royal en prière, relief, Ier-IIe siècle, Amaravati, Andhra Pradesh, Inde du Sud. (Marsailly/Blogostelle)

Dans le bouddhisme originel, la Libération est le privilège des seuls initiés, dont la doctrine porte le nom d’Hinayana, Le Petit Véhicule, qui perdure et se distingue du Mahayana proposé à tous.

On rencontre dans ces deux écoles bouddhiques des saints personnages appelés bodhisattvas. Et les grands dieux de l’hindouisme trouvent également leur place parmi les scènes bouddhiques sculptées…

Voir aussi l’article Bouddhisme et Jaïnisme, sources d’inspiration artistique

Les dévots sollicitent et prient les bodhisattvas

En référence à Buddha, l’Éveillé, les bodhisattvas sont des êtres parfaits, qui ont atteint le seuil de l’Éveil… Dans le Mahayana, ces êtres revêtent un caractère religieux et peuvent être l’objet de la dévotion des fidèles.

D’après Buddha et ses adeptes, bas-relief, IIIe siècle, Amaravati, Andhra Pradesh, Inde du Sud ; boddhisattva et Bodhisattva Maitreya (futur Buddha), IIe siècle-IIIe siècle, époque Kushâna en Inde du Nord, Gandhara (actuel Ouest Pakistan – Est Afghanistan). (Marsailly/Blogostelle)

Dans le monde bouddhique, on considère le Bodhisattva comme un saint, qui repousse volontairement son état de Buddha et sa complète libération pour venir ainsi en aide aux êtres humains qui lui adressent des prières.

Le Bodhisattva renonce à sa totale Extinction pour s’incarner à nouveau et aider autrui sur le chemin de la libération du cycle des renaissances… On rencontre ce personnage dans l’art de Mathura, d’Amaravati et du Gandhara

D'après Le Prêche du Bouddha, style du Gandhâra, Ier- IIIe siècle, dynastie Kushâna en Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Le Prêche du Bouddha, style du Gandhâra, Ier- IIIe siècle, dynastie Kushâna en Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

Buddha devant l’arbre pipal

Les sculpteurs façonnent des images nombreuses et variées du Buddha. On le représente le plus souvent assis sur un trône au socle décoré. Deux personnages plus petits et bien vêtus accompagnent le saint personnage…

… Ces deux assistants (des bodhisattvas?) portent parfois des chasse-mouches mais ne semblent pas posséder d’attributs particuliers. Les artistes de l’école de Mathurâ représentent aussi le Buddha sous l’arbre sacré Pipal dont les feuilles reconnaissables sont dessinées en forme de cœur…

D'après Bouddha devant l’arbre pipal, Sarnâth, fin Ier siècle, règne Kanishka, dynastie Kushâna, Uttar Pradesh, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Bouddha devant l’arbre pipal, grès rouge, Sarnâth, fin Ier siècle, règne de Kanishka, dynastie Kushâna, Uttar Pradesh, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

Dans un style propre à l’école de Mathurâ, le visage est doux, les lèvres esquissent un sourire ou une moue, les cheveux lisses sont traités sobrement, remontés en chignon enroulé, le tout devant une grande auréole rythmée par des petits arcs de cercles…

MYTHOLOGIE ET SCÈNES DOMESTIQUES

Les artistes de l’école de Mathurâ sculptent de nombreux reliefs bouddhiques historiés dans le grès rouge sur les balustrades et les montants des stûpas. Ils réalisent aussi d’élégantes et sensuelles figures féminines qui représentent probablement des Yakshîs.

D'après un couple Yakshî et Yaksha, déités des arbres, Mathura, époque Kushâna, IIe siècle, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un couple Yakshî et Yaksha, déités des arbres et de la Végétation, Mathura, époque Kushâna, IIe siècle, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

Des divinités de la Végétation et de la Fertilité

La grâce des Yakshîs

Ces nymphes, qui se rattachent à la végétation, appartiennent à la tradition ancestrale de l’Inde. On les retrouve dans l’iconographie bouddhique et hindoue…

Les sculpteurs habillent les Yakshîs, plus ou moins dénudées, de bijoux, d’un long drapé transparent et d’une large ceinture à plaques décorées qui mettent en valeur leurs gracieuses formes féminines.

Les cheveux des Yahshîs sont ramenés sur le devant pour former une coque ou bien laissent échapper quelques mèches, avec nonchalance…

D’après la Reine Maya accrochée à un arbre, Amaravatî, Ier – IIe siècle, dynastie Sâtavâhana, Andhra Pradesh, Sud ; deux Yakshîs sur balustrade, école de Mathura, IIe siècle, dynastie Kushâna, Bhûtesar, Uttar Pradesh, Nord ; Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

La Reine Maya, mère de Buddha, s’accroche à la branche d’un arbre pour accoucher… dans une attitude qui rappelle celle des Yakshîs.

La puissance du roi Nâgâ

On sculpte également le roi Nâgâ (roi-serpent) dont les lignes réalistes et puissantes évoquent le culte très ancien des génies des Eaux, les nâgâs, symboles de fertilité… Les lignes de ce personnage masculin dégagent là aussi une grande sensualité et évoquent la grâce de la danse…

D'après un roi-serpent Naga, sculpture, école de Mathura, IIe siècle, Uttar Pradesh, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un roi-serpent Naga, sculpture, école de Mathura, IIe siècle, Uttar Pradesh, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

Des évocations de la vie quotidienne d’une époque

Les sculpteurs nous emmènent parfois au centre de la vie quotidienne de leur époque… Ici ou là, un homme et une femme, sculptés avec une grande finesse, semblent se disputer ou s’amuser…

Des scènes de la vie de tous les jours…

Ainsi, un personnage masculin vêtu d’un dhoti (vêtement indien) fixé par une ceinture saisit le bras de la dame qui, parée de bijoux, semble se débattre… Elle est accompagnée d’une servante. Deux autres personnages assistent à la scène et font mine de s’adresser de manière confidentielle au spectateur…

D’après une dispute conjugale, école de Mathura, dynastie Kushâna, Nord ; charmeur de serpent, Amarâvatî, Andhra Pradesh, Sud ; IIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

D’après un Yaksha, symbole d’abondance ; scène d’Adoration du Bouddha devant ses empreintes ; école d’Amarâvatî, IIe siècle, Andhra Pradesh, Inde du Sud. (Marsailly/Blogostelle)

Dans le Sud de l’Inde, sous la dynastie Sâtavâhana, les sculpteurs de l’école d’Amaravatî taillent le marbre blanc. Mais c’est seulement à la fin du IIe siècle qu’ils commencent à représenter le Bouddha en personne… Les images sculptées hindoues et bouddhiques se multiplient aussi dans la région du Gandhâra (située à la frontière de l’Afghanistan et du Pakistan actuels) à l’époque de la dynastie Kushâna en Inde du Nord…

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Publié par Maryse Marsailly

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