L’Art de l’Égypte ancienne. Les images et les hiéroglyphes symbolisent l’essence de l’éternel

D'après l'Ancien Empire, histoire de l'art, Égypte ancienne.(Marsailly/Blogostelle)

Les images de la vie dans l’au-delà

Sous l’Ancien Empire, les artistes égyptiens créent des images vivantes dans les tombes et les temples. Ils composent des bas-reliefs peints, taillent des statues colorées, façonnent des modèles funéraires en terre cuite ou en calcaire. Par ailleurs, grâce aux hiéroglyphes, formules sacrées, hymnes, dédicaces, prières, titulatures et listes funéraires trouvent leur place dans l’expression artistique.

Par Maryse Marsailly (@blogostelle)
– Dernière mise à jour 27 février 2024 –

D'après le dieu Thot Ibis, La Pesée du Cœur, détail, Livre des Morts d'Hounefer, XIXe dynastie, Thèbes, Nouvel Empire, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le dieu Thot Ibis, La Pesée du Cœur, détail, Livre des Morts d’Hounefer, XIXe dynastie, Thèbes, Nouvel Empire, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

REPÈRES CHRONOLOGIQUES. Époque Thinite vers 3400-2980 avjc. Ancien Empire 2980-2475 avjc. Moyen Empire 2160-1788 avjc. Nouvel Empire 1580-1090 avjc. Chronologie Égypte Ancienne

DES VICTUAILLES POUR L’ÉTERNITÉ

Dans les tombeaux comme dans les temples égyptiens, de très nombreux bas-reliefs se rapportent à l’agriculture, à l’élevage et à l’alimentation. Ainsi, des offrandes et des victuailles en abondance garnissent les tables des défunts dans leur demeure d’éternité. Dans les chapelles des mastabas, la statue du défunt perpétue sa personne et sa mémoire…

D'après le festin du défunt, listes de mets et boissons, chapelle de Ptahhotep, fils d'Akhethetep, nécropole de Saqqara, mastaba d'Akhethétep, Ve dynastie, Ancien Empire, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le festin du défunt, listes de mets et boissons, chapelle de Ptahhotep, fils d’Akhethetep, nécropole de Saqqara, mastaba d’Akhethétep, Ve dynastie, Ancien Empire, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Repas funéraires bien garnis

Un amoncellement de nourriture pour le défunt

Sur les compositions funéraires, des textes accompagnent les images. Des listes précisent les victuailles destinées aux défunts : mille pains, mille bières, mille cuisses de bœuf, viandes et volailles, eau fraîche, lait et vin etc… Souvent, la divinité apparaît aussi comme dispensatrice de nourriture.

D'après des porteurs de victuailles, mastaba d'Akhethetep, et de son fils Ptahhotep, Ve dynastie, Ancien Empire, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle) 
D’après des porteurs de victuailles, mastaba d’Akhethetep, et de son fils Ptahhotep, Ve dynastie, Ancien Empire, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle) 

Des denrées en abondance et des tables funéraires bien garnies sont ainsi prévues pour l’éternité. Pour représenter le repas du défunt dans l’au-delà, les artistes exploitent une palette restreinte de couleurs. Ainsi, le rouge, le jaune, le vert et le noir donnent vie à de fins et délicats reliefs peints.

Les artistes représentent encore des scènes de chasse et de pêche qui renouvellent perpétuellement gibier et poissons pour se nourrir. Par ailleurs, des reliefs peints décrivent ses travaux agricoles : des paysans cultivent et moissonnent la terre, engrangent les récoltes ou encore élèvent du bétail…

D'après une scène de chasse aux oiseaux et de pêche, mastaba d'Akhethetep et de son fils Ptahhotep, Ve dynastie, Ancien Empire, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une scène de chasse aux oiseaux et de pêche, mastaba d’Akhethetep et de son fils Ptahhotep, Ve dynastie, Ancien Empire, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Un monde hors du temps et de l’espace

Sur la stèle de la princesse Nefertiabet, une parente du roi Khéops, l’artiste représente la défunte attablée. Elle est accompagnée de listes qui précisent l’ensemble de ses ressources en nourriture et en effets personnels : victuailles, pièces de vaisselle, objets de toilettes, bijoux, linges, encens…

Le repas de la princesse Nefertiabet

L’image essentielle représente Nefertiabet devant une table sur laquelle reposent des pains dorés en forme de cônes. La défunte porte une tenue rituelle en peau de léopard, assise sur un tabouret à motifs de pattes de taureau et de papyrus. Nefertiabet apparaît dans un monde hors du temps et de l’espace…

D’après la stèle de la princesse Nefertiabet, calcaire peint, IVe dynastie (2930-2750 avjc), règne de Khéops, Ancien Empire, Gizeh, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après la stèle de la princesse Nefertiabet, calcaire peint, IVe dynastie (2930-2750 avjc), règne de Khéops, Ancien Empire, Gizeh, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Des textes hiéroglyphiques

Sur la stèle de Nefertiabet, une grande partie de la composition repose sur des textes hiéroglyphiques. La défunte regarde vers la droite, dans le même sens que l’inscription au-dessus de sa tête qui l’identifie comme La fille du roi, Nefertiabet

Les artistes soignent la mise en scène des inscriptions en hiéroglyphes comme ils le font pour les figures humaines ou divines. Ce sont les hiéroglyphes d’animaux qui indiquent le sens de lecture de l’écriture. Sur la stèle de Nefertiabet, l’inclinaison des textes se dirige vers la défunte qui bénéficie des offrandes énumérées par les hiéroglyphes…

D’après Nefertiabet et sa robe léopard, détail, calcaire peint, IVe dynastie, règne de Khéops, Ancien Empire, Gizeh, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Nefertiabet et sa robe léopard, détail, calcaire peint, IVe dynastie, règne de Khéops, Ancien Empire, Gizeh, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Des milliers d’offrandes pour Nefertiabet

Sur la stèle de Nefertiabet, différentes inscriptions précisent la nature des denrées et des objets destinés à garantir à la défunte une survie agréable dans l’au-delà : linges, fards, nourriture, douceurs gourmandes, boissons…

Des idéogrammes fournissent le linge et la vaisselle, du pain, des viandes et des volailles, telles des cuisses de bœuf et du canard. La défunte ne manque pas non plus de bière et de libations (boissons)…

Sans oublier des lustrations (pour la purification rituelle). L’ensemble des offrandes se chiffre en milliers, comme le précise les signes mille, mille, mille !… Aisance et bien-être sont garantis pour l’éternité…

D’après le repas funéraire et les listes d'offrande du prince Sarenpout, fils de dame Satet-Hotep, XIIe dynastie, vers 2000- 1788 avjc, Moyen Empire, Assouan, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le repas funéraire et les listes d’offrande du prince Sarenpout, fils de dame Satet-Hotep, XIIe dynastie, vers 2000- 1788 avjc, Moyen Empire, Assouan, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Aisance et gastronomie dans l’au-delà…

Par ailleurs, pour rassasier le défunt et renforcer ses vœux, les proches déposent en offrande des aliments réels dans la tombe. Les archéologues ont ainsi retrouvé des restes desséchés de pain, de fruits et de légumes. On fait appel aussi aux artistes pour perpétuer et multiplier les offrandes.

La magie des images vivantes

En plus des scènes variées des bas-reliefs, les artistes de l’Ancien Empire créent des modèles de métiers, peints en terre cuite et en calcaire, des objets, ou encore des pièces de victuailles. Ces créations possèdent une puissance magique et vivante...

D’après une femme qui fabrique de la bière, Ancien empire, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une femme qui fabrique de la bière, Ancien empire, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Comme pour les reliefs peints ou gravés, la finalité de ces ouvrages d’art permet de garantir aux défunts bien-être et nourriture abondante dans l’au-delà. Les artistes façonnent par exemple une oie dans le calcaire, prête à se faire rôtir. Les mets fins sont le signe d’aisance et de raffinement…

Les traditions artistiques funéraires égyptiennes, accompagnées d’images et de hiéroglyphes perdurent tout au long de la civilisation de l’Égypte Ancienne…

D’après une oie sculptée, calcaire peint, Ancien Empire-Première période intermédiaire, vers 2475 - 2160 avjc, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle) 
D’après une oie sculptée, calcaire peint, Ancien Empire-Première période intermédiaire, vers 2475 – 2160 avjc, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle) 

Du bon pain frais

Des bas-reliefs représentent des élevages de volatiles et le gavage des oies. On assiste encore au plumage, à la cuisson et à la dégustation des volailles. Des thèmes similaires s’appliquent aux modèles peints qui illustrent des artisans au travail. Certains préparent de la viande, d’autres fabriquent la bière ou pétrissent la pâte du pain.

Dans les scènes de repas, on peut voir des légumes sur du pain. Dans l’Égypte Ancienne, les morceaux de pain servent de support ou d’assiette. Le boulanger, qui utilise différentes farines, fabrique donc des pains aux formes variées : plates, rondes, triangulaires, coniques…

D’après un boulanger au travail, calcaire, Saqqara, Ancien Empire, Ancien Empire vers 2980 - 2475 avjc, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un boulanger au travail, calcaire, Saqqara, Ancien Empire, Ancien Empire vers 2980 – 2475 avjc, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Le pain permet de servir des portions individuelles. Les différentes sortes de pains portent des noms variés. Quand le boulanger travaille du pain destiné au repas d’une divinité, il le moule et le lisse très soigneusement…

Voir aussi l’article L’Art de l’Égypte ancienne : Les artistes illustrent des univers mythiques et funéraires

UNE STATUAIRE INTEMPORELLE

Au cours de l’Ancien Empire, à partir de la IIIe dynastie, les rois élèvent des pyramides à la grandeur éternelle. Proches, dignitaires et courtisans reposent dans leurs mastabas auprès de pharaon. La statuaire perpétue la présence des défunts dans les temples royaux et les tombeaux privés…

D'après un groupe statuaire, couple anonyme, acacia, vers 2980 – 2475 avjc, Ancien Empire, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un groupe statuaire, couple anonyme, acacia, vers 2980 – 2475 avjc, Ancien Empire, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Des codes conventionnels

À côté d’une architecture grandiose, les artistes de la statuaire créent sous l’Ancien Empire des figures hiératiques, idéalisées et intemporelles.

Les sculpteurs réalisent des personnages isolés ou des couples. Les statues sont en pierre, symbole de pérennité, ou en bois d’acacia. L’acacia et le sycomore représentent l’arbre sacré ou l’arbre de Vie dans l’Égypte ancienne…

Raherka et son épouse Meresânkh

Grâce au talent de l’artiste, les statues du dignitaire Raherka, inspecteur des scribes, et de son épouse Meresânkh, serrés l’un contre l’autre, évoquent l’intimité et l’affection d’un couple.

Cela malgré le style conventionnel et hiératique qui distingue l’art de la statuaire sous l’Ancien Empire. Comme les pharaons sur leur trône, les personnages individuels présentent une certaine rigidité, souvent adossés à un pilier…

D'après le couple Raherka et Meresânkh, groupe statuaire, calcaire peint, vers 2980 – 2475 avjc, Ancien Empire, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le couple Raherka et Meresânkh, groupe statuaire, calcaire peint, vers 2980 – 2475 avjc, Ancien Empire, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Des hiéroglyphes sur le socle de la sculpture précisent le titre et l’identité des défunts. Raherka, l’inspecteur des scribes du chacal, était sans doute un haut responsable de l’administration. Meresânkh, qualifiée de son épouse, la connue du roi, devait avoir ses entrées dans la résidence royale…

Rouge pour les hommes, jaune pour les femmes

Les visages et les silhouettes sont idéalisés. Sur les statues de Raherka et Meresânkh l’artiste exprime les formes féminines et la musculature masculine par un modelé subtil.

Le sculpteur différencie ses deux personnages, représentés dans la force de l’âge, grâce à la couleur de leur carnation : l’ocre rouge pour l’époux, l’ocre jaune pour l’épouse. Le rouge et l’ocre jaune distinguent les hommes et les femmes selon des canons conventionnels.

D'après la statue de Kai, calcaire peint, vers 2750-2625 avjc, Ve dynastie, Saqqara, Ancien Empire, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après la statue de Kai, calcaire peint, vers 2750-2625 avjc, Ve dynastie, Saqqara, Ancien Empire, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Le code couleur comprend aussi le noir des perruques et du fard qui rehausse les regards. Le blanc et la sobriété sont de mise pour les tenues. Pour les bijoux, on rencontre souvent le bleu qui évoque la préciosité des pierres ou du lapis lazuli…

Le sourire du scribe accroupi

Un personnage empreint de droiture

Les scribes et les hauts fonctionnaires égyptiens détiennent le savoir d’une écriture hiéroglyphique achevée. La statue anonyme dite du scribe accroupi (musée du Louvre) résume à elle seule le style de la statuaire sous l’Ancien Empire.

D’après le Scribe accroupi, calcaire peint, yeux en cuivre incrusté de cristal de roche, IVe ou Ve dynastie, entre 2930 et 2625 avjc, Ancien Empire, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le Scribe accroupi, calcaire peint, yeux en cuivre incrusté de cristal de roche, IVe ou Ve dynastie, entre 2930 et 2625 avjc, Ancien Empire, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Ce chef-d’œuvre symbolise à la fois la culture et le style de l’époque des grandes pyramides. L’artiste représente un personnage vu de face, figé dans une attitude frontale et statique, la tête bien droite, le corps parfaitement symétrique…

Proportions réalistes et sobriété

Sur cette statue funéraire en calcaire peint de 54 centimètres de haut, les proportions semblent réalistes, comme pour un modèle grandeur nature.

Le sculpteur compose un chef-d’œuvre qui s’inscrit dans un triangle, dans un esprit de simplicité et de sobriété. L’artiste dessine des volumes aux lignes simples, sans rajouts de détails.

D’après le Scribe accroupi, profil, calcaire peint, IVe ou Ve dynastie, entre 2930 et 2625 avjc, Ancien Empire, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle) 
D’après le Scribe accroupi, profil, calcaire peint, IVe ou Ve dynastie, entre 2930 et 2625 avjc, Ancien Empire, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle) 

Les scribes sont bien nourris…

Les mains aux longs doigts fin du scribe, dont les ongles sont bien dessinés, évoquent à elles seules toute la vigueur du personnage, dont les formes sont par ailleurs un peu enveloppées et molles. Les scribes sont bien nourris…

Les bras tout en rondeur du scribe accroupi et son ventre qui ne cache pas son embonpoint ne laissent entrevoir aucune musculature. Mais ces formes molles contrastent avec une certaine tension dans les épaules.

D’après le Scribe accroupi, calcaire peint, détail mains et palette, IVe ou Ve dynastie, entre 2930 et 2625 avjc, Ancien Empire, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle) 
D’après le Scribe accroupi, calcaire peint, détail mains et palette, IVe ou Ve dynastie, entre 2930 et 2625 avjc, Ancien Empire, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle) 

Le traitement des épaules apporte droiture, sérieux et dignité à ce personnage instruit en écriture. Le scribe accroupi maintient un papyrus en partie déroulé. Il devait tenir aussi à l’origine son pinceau ou stylet dans l’autre main, aujourd’hui disparu…

Léger sourire, volontaire et presque moqueur

Comme beaucoup d’autres statues sous l’Ancien Empire, le scribe accroupi est sculpté dans un fin calcaire rehaussé à l’origine de vives couleurs. L’artiste met en lumière le teint hâlé de son personnage, dont la carnation rouge-brun contraste avec la blancheur de son pagne.

D’après le Scribe accroupi, visage, calcaire peint, IVe ou Ve dynastie, entre 2930 et 2625 avjc, Ancien Empire, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le Scribe accroupi, visage, calcaire peint, IVe ou Ve dynastie, entre 2930 et 2625 avjc, Ancien Empire, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Le scribe est coiffé de cheveux noirs coupés très courts. Ses yeux, en cuivre incrusté de cristal de roche, fixent un regard quasi réel qui se dirige droit vers le spectateur. Il émane de ce personnage une présence impressionnante, renforcée encore par le léger sourire d’une bouche aux lèvres minces, un sourire volontaire, presque moqueur…

Un regard puissant, profond et perspicace.

À cette époque, on ne connaît pas encore le bronze en Égypte. L’artiste du scribe accroupi utilise une bague de cuivre dans laquelle il insère une pierre blanche pour créer la cornée de l’œil.

D’après les yeux du Scribe accroupi, calcaire peint, cuivre, pierre blanche et cristal de roche, IVe ou Ve dynastie, entre 2930 et 2625 avjc, Ancien Empire, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après les yeux du Scribe accroupi, calcaire peint, cuivre, pierre blanche et cristal de roche, IVe ou Ve dynastie, entre 2930 et 2625 avjc, Ancien Empire, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Dans le bitume blanc, il incruste un cône de cristal de roche, évidé en pointe à l’intérieur, pour réfléchir la lumière. L’ensemble crée une illusion d’optique ingénieuse et saisissante, un regard puissant, profond et perspicace…

Le socle et l’inscription de la statue du scribe accroupi n’ont pas été retrouvés. Selon la tradition égyptienne, c’est l’identité inscrite du défunt qui donne vie à sa statue funéraire dont la fonction est de perpétuer sa présence vitale…

L’époque précise à laquelle vécut notre Scribe accroupi du Louvre demeure un mystère, peut-être sous la IVe ou au début de la Ve dynastie ?…

D’après un scribe anonyme, statue en calcaire peint, Saqqara, Ancien Empire, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un scribe anonyme, statue en calcaire peint, Saqqara, Ancien Empire, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Sur le modèle d’autres statues funéraires, le siège semi-circulaire sur lequel est assis le scribe accroupi s’encastre sans doute à l’origine dans un socle plus grand portant l’inscription de son nom et de ses titres…

Sous l’Ancien Empire, seuls les notables savent lire

Le scribe accroupi, qui sait lire et écrire, est sans doute un très haut dignitaire. Sous l’Ancien Empire, seuls les notables peuvent accéder à l’écriture et la lecture. C’est un fils du roi Didoufri qui figure parmi les premiers à se faire représenter dans la position du scribe sur une statue.

D'après Setka, fils du roi, en scribe, statue en granite rose, règne Didoufri, 2565 -2558 avjc, IVe dynastie, Abou Rawach, Ancien Empire, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Setka, fils du roi, en scribe, statue en granite rose, règne Didoufri, 2565 -2558 avjc, IVe dynastie, Abou Rawach, Ancien Empire, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

La statuette en granit du prince Setka en scribe reposait dans les vestiges du temple attenant à la pyramide de Didoufri, successeur de Khéops, à Abou Roach (Gizeh). La figure du prince Setka s’encastre dans un socle en bois et encore dans un second support en calcaire. Le socle en calcaire porte le nom et les titres du prince défunt…

Les Textes des Pyramides, gravés dans la pierre de la pyramide du roi Ounas, témoignent de l’importance de l’écriture hiéroglyphique. Comme les images, l’écriture hiéroglyphique possède une dimension symbolique et sacrée. De nombreux papyrus funéraires marient les images à l’écriture. Les scribes égyptiens œuvrent sous le patronage de Thot, scribe des dieux…

Article suivant L’Art de l’Égypte ancienne. Les hiéroglyphes, symboles vivants, relèvent du sacré

Sommaire Égypte ancienne

EN BREF. Époque Thinite vers 3400-2980 avjc. Ancien Empire 2980-2475 avjc. Moyen Empire 2160-1788 avjc. Nouvel Empire 1580-1090 avjc. Troisième période intermédiaire 1090-663 avjc. Basse Époque 663 avjc – 332 avjc (domination Perse 525 avjc – conquête Alexandre le Grand 332 avjc). Époque ptolémaïque 332-30 avjc. Époque Romaine 30 avjc- IVe siècle.

Des écrits sacrés ? Les Textes des Pyramides, qui remontent à l’Ancien Empire (entre 2980 et 2475 avjc) ; Les Texte des Sarcophages, depuis la fin de l’Ancien Empire et au Moyen Empire (vers 2160 – 1788 avjc) ; Le Livre pour Sortir au Jour (dit Livre des Morts), au Nouvel Empire (vers 1580 – 1090 avjc) …

Un roman ? Sinouhé l’Égyptien, de Mika Waltari, les aventures de Sinouhé, médecin et espion du pharaon Aménophis IV (Akhénaton)… Un conte initiatique ? Her-Bak Pois Chiche, de Isha Schwaller de Lubicz, qui raconte l’éveil d’un jeune égyptien sous la XXe dynastie, dans la région de Thèbes (Karnak, Louxor)…

Publié par Maryse Marsailly

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