Le Sacré en Inde. L’épopée poétique du Râmâyana célèbre les exploits du prince Râma

D’après la mythologie hindoue, le Râmâyaṇa, Râma et Sîtâ, histoire du Sacré, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Les aventures de Râma et Sîtâ

Rédigé en sanscrit, le Râmâyana, Geste de Rāma ou Marche de Râma, attribué au poète Vâlmîki, figure parmi les mythes fondateurs de la tradition hindoue. Ce long récit poétique relate les aventures héroïques du prince Râma, dont l’épouse Sîtâ est enlevée par le démon Ravana. Pour délivrer Sîtâ, Râma et son frère Lakshmana s’allient à Hanumân, singe blanc et demi-dieu…

Par Maryse Marsailly (@blogostelle)
– Dernière mise à jour octobre 2023 –

D’après Râma, son épouse Sîtâ et Hanumân le roi singe blanc, Râmayaṇa, miniature, manuscrit hindi, édition 1801-1900, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Râma, son épouse Sîtâ et Hanumân le roi singe blanc, Râmayaṇa, miniature, manuscrit hindi, édition 1801-1900, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

Le Râmâyana. Le Râmâyana célèbre les exploits du prince Râma (1) et Râma, héros divinisé du Râmâyana, libère le monde des démons (2)

LE RÂMÂYANA OU “LA GESTE DE RÂMA”

Long poème en sanscrit attribué traditionnellement au poète Vâlmîki, le Râmâyana comprend sept livres (kânda), 645 chants (sarga) et 24 000 couplets (sloka)…

La source mythologique du Mahâbhârata

Le Râmâyana – Geste de Rāma ou Marche de Râma – est attribué au poète Vâlmîki, avec un premier texte qu’il aurait rédigé en sanskrit au IVe siècle. Néanmoins, l’histoire de Râma apparaît après la période védique, entre le IIIe siècle avjc et le IIIe siècle, aux alentours de l’ère chrétienne, à une date que personne n’a pu préciser…

D'après un manuscrit illustré du Râmâyana de la cour de l’empereur Moghol Akbar, 1556-1605, traduit en persan, fin XVIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un manuscrit illustré du Râmâyana de la cour de l’empereur Moghol Akbar, 1556-1605, traduit en persan, fin XVIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Pour composer le Râmâyana, l’auteur s’appuie sur quelques éléments historiques mais s’inspire surtout de la tradition mythique de l’Inde ancestrale. Le poète rassemble des épisodes, des chansons et des prières liées à l’épopée de Râma et Sîtâ. 

Râma et Arjuna, héros du Râmâyaṇa et du Mahâbhârata 

Dès le prélude du Râmâyana, le récit englobe des évocations mythologiques déjà présentes dans le Mahâbhârata (IVe siècle avjc – IVe siècle). On retrouve ainsi dans le  Râmâyana divers thèmes mythiques tels l’évocation du récit cosmogonique du Barattage de la Mer de Lait ou La descente du Gange sur la Terre, fleuve sacré incarné  par la déesse Gangâ, fille du roi de l’Himalaya.

D’après Râma et l'arc de Shiva, Râma et Sîtâ, Râmâyana, miniature, gouache et aquarelle, 1727- 1758, “Histoire et figures des dieux des Indiens” ou “Théogonie des Malabariquais”, Andhra Pradesh, XVIIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Râma et l’arc de Shiva, Râma et Sîtâ, Râmâyana, miniature, gouache et aquarelle, 1727- 1758, Histoire et figures des dieux des Indiens ou Théogonie des Malabariquais, Andhra Pradesh, XVIIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Voir aussi les articles Le sacré en Inde. Le Barattage de la Mer de Lait, récit cosmogonique hindou et Le Mahâbhârata une épopée mythique sacrément compliquée

Ainsi que la naissance de Kumâra (ou Kârttikeya ou Skanda), chef de l’armée divine, fils du dieu Shiva et de Pârvatî selon une légende. Kumâra se présente sous l’aspect d’un enfant, possède pour monture le paon et pour attribut la lance. Nourri selon certains récits par les sept Krittikâ – les Pléiades -, il prend le nom de Kârttikeya…

D’après Râma brisant l’arc de Shiva : illustration du Râmâyana, 1720-1730, album Divinités indiennes, Madras, et détail, miniature, gouache et aquarelle, 1727- 1758, Histoire et figures des dieux des Indiens, Andhra Pradesh ; et Rudra-Shiva sur sa monture le taureau Nandi, miniature, gouache, atelier de Seu-Nainsukh, école Pahari, Himachal Pradesh ; XVIIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Par ailleurs, tel le héros du Mahâbhârata, Arjuna, qui conquiert la belle Draupadi grâce à son adresse avec un arc merveilleux, le prince Râma gagne la main de Sîtâ en maîtrisant l’arc de Shiva dans le Râmâyaṇa…

Voir aussi l’article L’excellence guerrière d’Arjuna, grand héros du Mahâbhârata

D’après le couple Râma et Sîtâ, détail, miniature, gouache et aquarelle, 1727- 1758, “Histoire et figures des dieux des Indiens”, Andhra Pradesh, XVIIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le couple Râma et Sîtâ, détail, miniature, gouache et aquarelle, 1727- 1758, Histoire et figures des dieux des Indiens, Andhra Pradesh, XVIIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

L’UNION DE RÂMA ET SÎTÂ

Janaka, roi de Videha, possède un arc de Shiva

Râma et son frère Lakshmana réalisent un long périple en compagnie du rishi Vishvamitra (sage et précepteur). Sur le chemin du retour, Râma et Lakshmana se rendent au royaume de Videha, dans la région de Mithila (Népal).

Comme pour Arjuna, l’un des Cinq Pāndava dans le Mahâbhârata, Râma conquiert son épouse grâce à un arc prodigieux, dit arc de Shiva. Janaka, le roi de Videha, possède un arc de Shiva tellement lourd et puissant qu’aucun des autres prétendants ne réussit à le soulever. 

D’après le roi Janaka accueillant le roi Dasharatha pour le mariage de Râma et Sîtâ, Râmâyana, 1700-1710, aquarelle sur papier, Bahu, Jammu-et-Cachemire, début XVIIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le roi Janaka accueillant le roi Dasharatha pour le mariage de Râma et Sîtâ, Râmâyana, 1700-1710, aquarelle sur papier, Bahu, Jammu-et-Cachemire, début XVIIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Râma brise l’arc de Shiva et gagne la main de Sîtâ

Face à ce constat, le roi Janaka décide qu’il mariera sa fille Sîtâ à celui qui réussira à maîtriser l’arc de Shiva. Janaka invite le prince d’Ayodhyâ tenter cet exploit sous les yeux du sage Vishvamitra et de Lakshmana.

Grâce à sa grande force, Râma parvient avec facilité à soulever l’arc merveilleux de Shiva et se prépare à tirer une flèche, c’est alors que l’arc se brise en deux… Très heureux de ce prodige, le roi Janaka décide de donner sa fille, la princesse Sîtâ (appelée aussi Maithili), en mariage au prince Râma.

D’après le mariage de Sîtâ et Râma, cortège, relief, temple de Keshava, vers 1268, Somnathpur, Karnataka, XIIIe siècle, Râmâyana, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Le Râmâyaṇa fonde le culte de Râma

En Inde ancienne et dans d’autres pays, le Râmâyaṇa connaît une importante diffusion et popularité. Le Râmâyaṇa est traduit, commenté et interprété. Ce récit mythique est à l’origine de l’extension du culte de Râma (culte ramaïte).

Râma est considéré comme le septième avatar de Visnu dans la mythologie hindoue. La princesse Sîtâ, son épouse, s’identifie à la “fille de la terre”, incarnation de la fertilité et de la terre cultivée, s’identifiant à Lakshmi, compagne et shakti (épouse divine) de Vishnu. 

D’après Râma tuant le démon Marica, Râmâyaṇa, moulage du XIXe siècle d’un fronton d’Angkor Vat, empire Khmer, XIIe siècle, Cambodge. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Râma tuant le démon Marica, Râmâyaṇa, moulage du XIXe siècle d’un fronton d’Angkor Vat, empire Khmer, XIIe siècle, Cambodge. (Marsailly/Blogostelle)

Les sept kânda du Râmâyaṇa

La Geste de Râma débute dans le livre II, avant de se développer dans les livres III et VI, avec la narration des aventures du prince Râma, permettant aussi de faire apparaître les éléments d’une Geste de Ravana

Les livres I et VII auraient été ajoutés plus tard pour diviniser Râma. La geste définit des poèmes épiques relatant les hauts faits et exploits de personnages historiques ou légendaires. Par ailleurs, l’antique Ayodhyâ est considérée par les hindous comme l’ancienne capitale du royaume Kosala de Râma…

D’après Râma sur un lotus, miniature, gouache et aquarelle 1760, recueil “Théogonie indienne, à la suite quelques personnages à cheval”, XVIIIe siècle, Bengale, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Râma sur un lotus, miniature, gouache et aquarelle 1760, recueil Théogonie indienne, à la suite quelques personnages à cheval, XVIIIe siècle, Bengale, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Les livres du Râmâyaṇa, les sept kânda : Livre I. Bālakānda, Section de l’enfance, ou Ādikānda, Commencement. Livre II. Ayodhyākānda, Livre d’Ayodhyâ. Livre III. Aranyakânda, est le Livre de la forêt. Livre IV. Kiskindhâkânda évoque la caverne de Vālin. Livre V. Saundarakānda, les belles choses. Livre VI. Yuddhakānda, La bataille. Livre VII. Uttarakānda, traite de l’origine des Râkshasa, des luttes entre Indra et Ravana, de l’enfance de Hanuman.

D’après Râma, son épouse Sîtâ et Hanumân le roi singe blanc à la cour royale, Râmâyana, aquarelle et rehauts dorés, Chamba, 1775-1800, Himachal Pradesh, fin XVIIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Râma, son épouse Sîtâ et Hanumân le roi singe blanc à la cour royale, Râmâyana, aquarelle et rehauts dorés, Chamba, 1775-1800, Himachal Pradesh, fin XVIIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Vâlmîki le poète

Vâlmîki aurait vécu à la cour d’Ayodhyâ

La tradition légendaire hindoue présente Vâlmîki comme un personnage aux origines modestes qui aurait vécu à la cour d’Ayodhyâ, au nord du Gange, en Uttar Pradesh.

C’est en ces mêmes lieux que le poète situe le roi Dasharatha (sanscrit Daśaratha), le père de Rāma. Les vingt-quatre mille couplets de ce récit épique sont destinés à être racontés et chantés…  

D’après l'ermitage de Vâlmîki, Lava et Kusa récitent l'histoire de Râma devant Shatrughna, Râmâyana -Uttara Kanda, style de Manohar, 1653, Udaipur, Rajasthan, XVIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après l’ermitage de Vâlmîki, Lava et Kusa récitent l’histoire de Râma devant Shatrughna, Râmâyana -Uttara Kanda, style de Manohar, 1653, Udaipur, Rajasthan, XVIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Vâlmîki, ascète dans la forêt

La légende attribue aussi à Vâlmîki l’invention du vers caractéristique de l’épopée, śloka” (distique, groupe de deux vers). On raconte encore que Vâlmîki, son ouvrage achevé, se retire dans la forêt pour vivre en ascète.

Le poète atteint un état de contemplation tellement profond qu’une fourmilière (valmikā) le recouvre, d’où son nom de Vâlmîki, Fils de la fourmilière

RAMA, PRINCE HÉRITIER D’AYODHYÂ

Râma, fils du roi Dasharatha

Dans le premier livre du Râmâyana nommé Balakanda (Section de l’enfance) ou Adikanda (Commencement), le récit relate la naissance divine du prince Râma, son enfance, sa jeunesse et son mariage avec Sîtâ …

D’après les rois Janaka, père de Sitâ, et Dasharatha, père de Râma, et les fils de Dasharatha, les princes, Râma, Bharata, Lakṣmaṇa et Shatrughna, Râmâyana, peinture, école Pahari, style Chamba, fin XVIIIe siècle, Himachal Pradesh. (Marsailly/Blogostelle)
D’après les rois Janaka, père de Sitâ, et Dasharatha, père de Râma, et les fils de Dasharatha, les princes Râma, Bharata, Lakṣmaṇa et Shatrughna, Râmâyana, peinture, école Pahari, style Chamba, fin XVIIIe siècle, Himachal Pradesh, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Une peinture à la gouache sur papier de l’école Pahari représente une scène du Râmâyaṇa, quand le roi Dasharatha, père de Râma, salue le roi Janaka, père de Sîtâ. Des inscriptions précisent le nom de chacun des personnages, y compris le roi Dasaratha et ses quatre fils, Râma, Bharata, Lakṣmaṇa et Shatrughna.

Dasharatha accomplit un sacrifice royal

Dans sa capitale Ayodhyâ, le roi Dasharatha (ou Dasharatha), futur père de Râma, règne sur le royaume Kosala. Mais le souverain désespère de ne pas avoir d’héritiers.

Afin de s’assurer une descendance, Dasharatha effectue le « sacrifice du cheval » (Asvamedha) pour obtenir les faveurs des dieux. Dans l’Inde védique, ce sacrifice royal favorise la fécondité et la prospérité du royaume.

D’après le roi Dasharatha se préparant au sacrifice du cheval Asvamedha, vers 1640, miniature d'une série dispersée du Râmâyaṇa de Mewar, XVIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le roi Dasharatha se préparant au sacrifice du cheval Asvamedha, vers 1640, miniature d’une série dispersée du Râmâyaṇa de Mewar, XVIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

L’ Asvamedha, un rite védique

Le roi d’Ayodhyâ Dasharatha, convie les meilleurs spécialistes des védas pour organiser L’Asvamedha et ériger un autel de sacrifice selon les rites védiques. Le sage Rishyashringa dirige le cérémonial auprès du roi Dasharatha avec d’autres sages. 

Le cheval évolue en liberté jusqu’à ce qu’il revienne à son point de départ : durant cette période s’accomplit offrande et feu du sacrifice destinés à satisfaire les divinités et les éléments de l’univers pour qu’ils accordent le vœux royal.

D’après le roi Dasaratha donnant l'ordre à Vasishta de commencer l’Asvamedha, (sacrifice du cheval), Vasishta informe d’autres prêtres, 1712, miniature, Râmâyaṇa, Bala Kanda, Udaipur, XVIIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le roi Dasaratha donnant l’ordre à Vasishta de commencer l’Asvamedha, (sacrifice du cheval), Vasishta informe d’autres prêtres, 1712, miniature, Râmâyaṇa, Bala Kanda, Udaipur, XVIIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Asvamedha : voir aussi l’article Le Sacré en Inde, rituels, cosmogonie, doctrine védique

Le feu sacrificiel du roi Dasaratha

Le cheval galopant librement symbolise l’esprit et les instincts incontrôlables qu’il est nécessaire d’apaiser par des rituels, le feu étant l’élément purificateur essentiel.

Une fois l’esprit apaisé, le sacrifiant accède à la connaissance du Soi, symbolisée dans le Râmâyaṇa par Râma, réincarnation de Vishnu, fils tant attendu du roi Dasharatha. Des rois de pays voisins, des amis et invités sont conviés aux célébrations…

D’après le feu sacrificiel, le roi Dasaratha et l’ascète Rishyashringa, Râmâyaṇa, Divinités indiennes, miniature, aquarelle, 1720-1730, Sud Andhra Pradesh, XVIIIe siècle. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le feu sacrificiel, le roi Dasaratha et l’ascète Rishyashringa, Râmâyaṇa, Divinités indiennes, miniature, aquarelle, 1720-1730, Sud Andhra Pradesh, XVIIIe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

Par ailleurs, des miniatures du XVIIIe siècle représentent le feu sacrificiel et le roi Dasaratha accompagné d’un ascète, ainsi que Prajâpati émergeant du feu du sacrifice pour exaucer la prière du roi Dasharatha.  

Prajâpati exauce la prière du roi Dasharatha 

Prajâpati (dieu védique cosmique et créateur dans les Brahmana, qui s’identifie à l’autel du feu) présente sa récompense : le payasam, une douceur au lait et au riz enrichie d’une potion particulière, préparée par les dieux pour rendre fécondes les reines de Dasaratha. Ainsi le roi aura plusieurs fils…

D’après Prajapati émergeant du feu du sacrifice pour exaucer le vœux du roi Dasharatha accompagné d’un ascète, Râmâyaṇa, Divinités indiennes, miniatures, aquarelle, 1720-1730, Sud Andhra Pradesh, XVIIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Prajapati émergeant du feu du sacrifice pour exaucer le vœux du roi Dasharatha accompagné d’un ascète, Râmâyaṇa, Divinités indiennes, miniatures, aquarelle, 1720-1730, Sud Andhra Pradesh, XVIIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle) (Marsailly/Blogostelle)

Les dieux accordent quatre fils à Dasharatha

Selon les interprétations, Prajâpati et les dieux accordent au roi Dasharatha quatre fils de ses trois épouses pour que Vishnu puisse renaître en tant qu’être humain. Un messager divin rend visite à Dasharatha avec de la nourriture magique destinée à ses épouses… 

D’après les quatre fils de Dasharatha, roi d’Ayodhyâ, Râma, Bharata, Lakṣmaṇa et Shatrughna, Râmâyaṇa, peinture, École Pahari, style Chamba, fin XVIIIe siècle, Himachal Pradesh, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après les quatre fils de Dasharatha, roi d’Ayodhyâ, Râma, Bharata, Lakṣmaṇa et Shatrughna, Râmâyaṇa, peinture, École Pahari, style Chamba, fin XVIIIe siècle, Himachal Pradesh, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Dasharatha donne la moitié de la nourriture divine à sa première épouse, Kausalya, un sixième à la plus jeune, Kaikeyi, et ce qui reste à Sumitra, sa deuxième épouse. 

Les princes Râma, Bharata, Lakshmana et Shatrughna

Ainsi, les épouses royales donnent naissance à des fils. La reine Kausalya met au monde Râma (septième avatar de Vishnu, moitié de Vishnu). Le jeune Râma sera pourvu d’une force hors du commun et de toutes les vertus… Sa nature exceptionnelle est symbolisée par la couleur bleue de sa carnation…

D’après la reine Kausalya et Râma, manuscrit, Râmâyana-Bala Kanda, Naissance de Râma, 1712, Udaipur, Rajasthan, XVIIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après la reine Kausalya et Râma, manuscrit, Râmâyana-Bala Kanda, Naissance de Râma, 1712, Udaipur, Rajasthan, XVIIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

La reine Kaikeyi donne naissance à Bharata (un sixième de Vishnu) et Sumitra à des jumeaux, Lakshmana (ou Lakśmana) et Shatrughna (tous deux un sixième de Vishnu).

La naissance de Râma, le prince bleu

Le Râmâyana illustré d’Udaipur raconte la naissance des quatre fils du roi Dasharatha . Ce souverain règne sur Koshada, un territoire du nord de l’Inde, avec Ayodhyâ pour capitale (actuelle Oudd). Dasharatha est le père de quatre fils nés de trois épouses différentes.

D’après la reine Sumitra et ses jumeaux, Lakshmana et Shatrughna ; et la reine Kaikeyi et Bharata ; manuscrit, Râmâyana-Bala Kanda, 1712, Udaipur, Rajasthan, XVIIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Les trois reines du Râmâyana d’Udaipur

Le Râmâyana d’Udaipur décrit l’intérieur du palais royal d’Ayodhyâ. Le roi Dasharatha accueille des invités sous un dais blanc, alors que les trois épouses royales, accompagnées par des servantes, se reposent dans leur chambre avec leurs nouveaux-nés.

D’après la naissance des quatre fils du roi Dasaratha, 1712, Râmâyana -Bala Kanda, Udaipur, Rajasthan, XVIIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après la naissance des quatre fils du roi Dasaratha, 1712, Râmâyana -Bala Kanda, Udaipur, Rajasthan, XVIIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Sumitra est étendue sur son lit auprès de ses deux jumeaux, la reine Kausalya auprès de son fils Râma et la reine Kaikeyi (au rez-de-chaussée) se repose auprès de Bharata. Dans les rues de la capitale du royaume Kosala, les citoyens dansent et chantent pour célébrer ces naissances royales…

D’après la princesse Sîtâ, miniature, 1760, gouache et aquarelle, recueil Théogonie indienne, à la suite quelques personnages à cheval, Bengale ; et Râma et son frère Lakshmana sur le mont Pavarasana, 1690-1710, encre, aquarelle et argent sur papier, série Shangri Râmâyaṇa, Punjab Hills ; XVIIIe siècle, Inde ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Des épisodes célèbres du Râmâyaṇa relatent l’exil dans la forêt de Râma, Sîtâ et Lakshmana, frère du prince d’Adhoya ; l’enlèvement de Sîtâ par le roi-démon à dix têtes Ravana et le combat victorieux de Râma contres les asuras, soutenu par Hanuman et l’armée des singes…  

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RÉCITS MYTHIQUES HINDOUS. 1. Le Barattage de la Mer de Lait, récit cosmogonique hindou – 2. Le Râmâyana célèbre les exploits du prince Râma et Râma, héros divinisé du Râmâyana, libère le monde des démons – 3. Le Mahâbhârata une épopée mythique sacrément compliquée ; L’excellence guerrière d’Arjuna, grand héros du Mahâbhârata, se rattache aux dieux Indra et Shiva et Au cœur du Mahâbhârata, Krishna enseigne à Arjuna la Bhagavad-Gîtâ, chant poétique et mystique (3)

Sommaire HISTOIRE DU SACRÉ

REPÈRES CHRONOLOGIQUES. Au cours de l’époque védique, entre 1500 avjc et le IIIe siècle avjc, sont rédigés en sanskrit : le Rig-Veda, les Brahmanas et les Upanishads (qui constituent le Vedanta). Et aussi de tradition védique : le Barattage de la Mer de Lait et le Mahâbhârata (IVe siècle avjc – IVe siècle), qui comprend La Bhagavad-Gîtâ (IVe – IIIe siècle avjc). Plus tardif : le Râmâyana, poème en sanscrit (IIIe siècle avjc – IIIe siècle). 

Le Râmâyana – poème sanscrit de Vâlmîki ; traduit en français par Hippolyte Fauche ; préface de Ch. Marcilly, BNF : gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5834754z/f16.item et  gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k206532c. British Library : bl.uk/Râmayana

Le Râmâyana (Tales of Rama The Freer Ramayana), Smithsonian Museum. Volume 1 : asia.si.edu/explore-art-culture/collections/search/edanmdm:fsg_F1907.271.1-172/ et Volume 2 – asia.si.edu/explore-art-culture/collections/search/edanmdm:fsg_F1907.271.173-346/

Chapitre Le Râmâyana, Jules Michelet, Bibliothèque nationale de France (BNF) gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k206960w/f14.item

Publié par Maryse Marsailly

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3 commentaires sur « Le Sacré en Inde. L’épopée poétique du Râmâyana célèbre les exploits du prince Râma »

  1. Un grand merci de nous ouvrir les portes de la cosmogonie et mythologie hindoues. Cela nous permet de nous décentrer du mont Olympe et de tous ses dieux et demi-dieux et de nous ouvrir l’esprit à d’autres récits ô combien riches en symboles.

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