L’Art de l’Égypte ancienne. Le talent des artistes du Nil de Nagada à l’époque Thinite

D'après l'époque Thinite, histoire de l'art, Égypte ancienne.(Marsailly/Blogostelle)

Le dieu Faucon confère la royauté

Les deux premières dynasties Thinite, qui précèdent celles de l’Ancien Empire, sont encore peu connues. Mais une civilisation nouvelle voit le jour vers 3400 ans avjc. Haute et Basse Égypte sont alors unifiées sous l’autorité royale. Cette culture se distingue par le développement de l’écriture des hiéroglyphes et par le rayonnement de la double royauté. Les architectes de l’époque Thinite innovent et construisent les premiers mastabas…

Par Maryse Marsailly (@blogostelle)
– Dernière révision février 2024 –

D’après la stèle dite du Roi Serpent, calcaire, détail, première dynastie, vers 3000 avjc, époque Thinite, Abydos, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après la stèle dite du Roi Serpent, calcaire, détail, première dynastie, vers 3000 avjc, époque Thinite, Abydos, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

REPÈRES CHRONOLOGIQUES. Époque de Nagada : vers 4000 ans avjc. Époque Thinite vers 3400-2980 avjc. Ancien Empire 2980-2475 avjc. Chronologie L’Égypte Ancienne

LES PREMIERS PHARAONS

Les premiers pharaons remontent à l’époque Thinite. Sous la première dynastie, la capitale se déplace de This (d’où le qualificatif de Thinite) à Memphis. Cette période précède la période de l’Ancien Empire qui perdure cinq siècles, entre 2980 et 2475 avjc. Haute et Basse Égypte sont alors unifiées sous l’autorité royale sur laquelle repose la solidité de la société égyptienne…

D’après la stèle dite du Roi Serpent, calcaire, détail, première dynastie, vers 3000 avjc, époque Thinite, Abydos, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après la stèle dite du Roi Serpent, calcaire, détail, première dynastie, vers 3000 avjc, époque Thinite, Abydos, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

La tombe du Roi Serpent

Le faucon veille sur le roi et sa demeure

À l’époque Thinite, on enfouit dans la tombe du souverain Thinite dit roi serpent, une stèle monumentale d’environ 1,45 mètre de haut. Le bas-relief représente le souverain-serpent dans un espace quadrangulaire qui représente sans doute son palais.

Des éléments de façade évoquent les piliers qui devaient orner la résidence royale. Cette stèle porte l’un des plus anciens exemples de hiéroglyphes, qui apparaissent à l’époque des premières dynasties égyptiennes, vers 3200 avjc…

Au-dessus du cartouche royal, apparaît le dieu faucon. L’œil et la queue de l’oiseau sont dessinés de face, les pattes et le corps sont présentés de profil. Dans l’art égyptien, les artistes respectent un canon et des conventions immuables qui vont perdurer jusqu’à la fin de l’époque romaine…

D'après le Faucon Horus et le cobra-uræus, pendentif d'Osorkon II, or, 874 - 850 avjc, XXIIe dynastie, Troisième période intermédiaire, Égypte ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le Faucon Horus et le cobra-uræus, pendentif d’Osorkon II, or, 874 – 850 avjc, XXIIe dynastie, Troisième période intermédiaire, Égypte ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Le cobra royal

Le nom de Horus-cobra correspond au titre officiel du pharaon et identifie le roi comme successeur du dieu Horus. On traduit le signe égyptien cobra par le son dje. La plupart des noms des premiers rois de l’Égypte ancienne se rattachent à cet épithète élogieux.

L’ uræus protège le roi et le royaume

Animal redoutable, le cobra se dresse, prêt à fondre sur ses proies ou ses adversaires. Ainsi, au front des dieux et des rois, le cobra royal uræus protège le souverain et le royaume d’Égypte de ses ennemis…

D’après le dieu Rê à tête de faucon, coiffé du disque solaire, brandissant la plume de la déesse Maât, figurine en bois, XVIIIe dynastie, Nouvel Empire, Égypte ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le dieu Rê à tête de faucon, coiffé du disque solaire, brandissant la plume de la déesse Maât, figurine en bois, XVIIIe dynastie, Nouvel Empire, Égypte ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Horus-Faucon, protecteur de la royauté

Le nom Horus continue par la suite à figurer dans la titulature des cinq noms officiels des pharaons. Dans le panthéon égyptien, le faucon symbolise le dieu Horus, fils de la déesse Isis et du dieu Osiris, premier pharaon mythique.

On rencontre encore le faucon dans les représentations de Rê-Horakhty, dit Horus de l’Horizon, dieu solaire à tête de faucon dont la puissance lumineuse se manifeste à son zénith…

D’après le dieu Rê à tête de faucon, coiffé du disque solaire, brandissant la plume de la déesse Maât, figurine en bois, XVIIIe dynastie, Nouvel Empire, Égypte ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le dieu Rê à tête de faucon, coiffé du disque solaire, brandissant la plume de la déesse Maât, figurine en bois, XVIIIe dynastie, Nouvel Empire, Égypte ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Le Faucon, dieu solaire, protège la royauté égyptienne durant des siècles. Une figurine en bois du Nouvel Empire représente Horus – Faucon tenant la plume de Maât, symbole de l’ordre universel.

Les Égyptiens représentent la déesse Maât, dont le nom signifie Vérité, couronnée d’une plume ou sous la forme d’une plume. Elle incarne la Vérité, la Justice, l’Ordre et l’Équilibre universels.

Voir aussi les articles Le Sacré en Égypte Ancienne : Les dieux solaires Rê – Horakhty, Amon, Aton et Le mythe d’Osiris, de la déesse Isis et de leur fils Horus – La quête de la déesse Isis

D’après le Roi Qahedjet et Horus, bas-relief calcaire, vers 2700-2620 avjc, Ancien Empire, Égypte ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le Roi Qahedjet et Horus, bas-relief calcaire, vers 2700-2620 avjc, Ancien Empire, Égypte ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Le roi Qahedjet et Horus

Le dieu faucon confère la royauté

Sur une stèle de calcaire plus tardive, qui remonte à la IIIe ou à la IVe dynastie, sous l’Ancien Empire, le roi Qahedjet (vers 2700-2620 avjc) semble embrasser son protecteur Horus. Le dieu se manifeste sous sa forme anthropomorphe à tête de faucon. Sur cette stèle sculptée en très léger relief (méplat), le roi Qahedjet porte la couronne blanche de Haute-Égypte.

D’après le roi Qahedjet et le dieu Horus Faucon, bas-relief, stèle calcaire, vers 2700-2620 avjc, Ancien Empire, Égypte ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Au-dessus de la tête d’Horus, on aperçoit le symbole du palais royal. Le dieu faucon confère la royauté à Qahedjet qui, enlacé avec lui, s’identifie à lui. On installe alors ces modèles de stèles dans les ensembles funéraires royaux, considérés comme des espaces sacrés. On retrouve le faucon sur une statue du roi Khephren sous la IVe dynastie…

D’après le pharaon Khéphren et le dieu faucon, IVe dynastie, vers 2930-2750 avjc, Ancien Empire, Gizeh, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le pharaon Khéphren et le dieu faucon, IVe dynastie, vers 2930-2750 avjc, Ancien Empire, Gizeh, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Le dieu faucon perdure jusqu’à l’époque romaine.

Dans le panthéon égyptien, Horus incarne le premier pharaon mythique qui règne sur Les Deux-Terres. Il est le protecteur de la royauté légitime. Le thème du dieu Faucon se perpétue tout au long de la civilisation égyptienne. On le représente encore tardivement, à l’époque romaine, en armure…

D'après Horus en cavalier romain, qui terrasse les forces du désordre, grès, IVe siècle apjc, style égyptien-gréco-romain, époque Romaine. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Horus en cavalier romain, qui terrasse les forces du désordre, grès, IVe siècle apjc, style égyptien-gréco-romain, époque Romaine. (Marsailly/Blogostelle)

HIÉRAKONPOLIS, LA CITÉ DU FAUCON

Hiérakonpolis, nom grec de l’ancienne Nekhen, en Haute Égypte, est la cité du dieu faucon Horus. En grec, Hierakon signifie le faucon, et polis signifie ville. Sa nécropole abrite des sépultures de l’époque prédynastique de Nagada et des tombes Thinites. Ainsi que les premiers sanctuaires funéraires de l’Égypte ancienne…

D’après une palette à fard, animaux sauvages et fabuleux, et cupule, schiste, vers 3400 – 3200 avjc, début époque Thinite, Hiérakonpolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une palette à fard, animaux sauvages et fabuleux, et cupule, schiste, vers 3400 – 3200 avjc, début époque Thinite, Hiérakonpolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Des palettes à fard en ex-voto

À la fin de la période de Nagada (4000 – 3400 avjc) et au début de l’époque Thinite, les artistes sculptent dans le schiste des grandes palettes à fard. Ces chefs-d’œuvre en bas-relief sont des ex-votos destinés aux sanctuaires pour commémorer des événements marquants.

Tombes et mobilier funéraire

Les tombeaux, surmontés de structures en bois, seraient la dernière demeure de rois locaux ou régionaux, riches et puissants. Parmi le mobilier funéraire, se trouvent de la vaisselle, des objets précieux, des palettes à fard… D’autres personnes, proches et serviteurs sans doute, reposent auprès des souverains…

D’après une palette à fard, animaux sauvages et fabuleux, schiste, vers 3400 – 3200 avjc, début époque Thinite, Hiérakonpolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une palette à fard, animaux sauvages et fabuleux, schiste, vers 3400 – 3200 avjc, début époque Thinite, Hiérakonpolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Les premiers temples funéraires de l’Égypte

La nécropole de Hierakonpolis abrite encore, dans un espace délimité, des éléments d’architecture à piliers qui forment des sortes de salles hypostyles. Les murs de ces sanctuaires, sans doute imposants à l’origine, sont peints.

Ces constructions, qui se perpétuent sur plusieurs générations, sont probablement les tous premiers temples funéraires de l’Égypte ancienne…

D’après des animaux sauvages et fabuleux, détails, palette à fard, schiste, 3400 – 3200 avjc, début de la dynastie Thinite, Hierakonpolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Des animaux sont inhumés à Hiérakonpolis

Des animaux sauvages et domestiques sont également inhumés avec soin sur les lieux. Ces animaux accompagnent dans l’au-delà les anciens rois défunts. Plus de soixante-dix espèces différentes d’animaux sont enterrées là. Leur présence laisse imaginer l’existence d’une vaste ménagerie royale…

Ainsi, babouins, éléphants d’Afrique, antilopes africaines, léopards, chiens, chats… reposent dans cette nécropole auprès des humains. Il est possible que cette ménagerie symbolise richesse et puissance royale…

D'après le poignard de Gebel el-Arak, bosse de préhension et maître des Fauves, ivoire, vers 3300-3200 avjc, période prédynastique de Nagada, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le poignard de Gebel el-Arak, bosse de préhension et maître des Fauves, ivoire, vers 3300-3200 avjc, période prédynastique de Nagada, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

À l’époque prédynastique de Nagada, vers 4000-3400 ans avjc, on rencontre des animaux exotiques et fantastiques représentés sur les décors sculptés des palettes à fard, sur des céramiques ou encore sur des manches de couteau en ivoire.

Sur différentes palettes on retrouve le thème du maître des animaux, déjà présent à la période prédynastique de Nagada, comme sur le poignard de Gebel el-Arak. Par ailleurs, le motif du maître des animaux ou des fauves est très répandu dans l’art Mésopotamien. On le rencontre aussi dans la civilisation de l’Indus et dans l’art celte…

Voir aussi l’article L’Art de l’Égypte ancienne. Les créations originales de Nagada et la lumineuse civilisation des pharaons

D'après le poignard de Gebel el-Arak, ivoire sculpté, 3300-3200 avjc, période prédynastique de Nagada, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le poignard de Gebel el-Arak, ivoire sculpté, 3300-3200 avjc, période prédynastique de Nagada, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Hierakonpolis, un lieu de mémoire

En 2014, à Hiérakonpolis, les archéologues mettent au jour une sépulture presque intacte qui a échappé aux pillages au cours des siècles. Dans cette tombe, reposent une dizaine de peignes et une statuette d’homme barbu en ivoire, des armes et des outils…

Des offrandes dans les temples ancestraux

Au cours de la Première dynastie, quelque 500 ans plus tard, cette sépulture bénéficie d’un travail de restauration. Cette rénovation suggère l’importance accordée à la mémoire des défunts et à l’entretien de leur dernière demeure…

D’après une figurine d’homme barbu, ivoire d’éléphant ; et une statuette féminine, os de crocodile ; vers 4000-3400 avjc, période de Nagada, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Les anciens égyptiens abandonnent peu à peu l’enceinte funéraire de Hierakonpolis à la fin de la période prédynastique. Mais on continue de venir déposer des offrandes dans ces temples ancestraux, comme des jarres de bière et de pain.

Au début de la troisième dynastie encore, il semble que ces lieux sacrés, déjà anciens de près de 1 000 ans, continuent d’être honorés par un nombre important de dépôts rituels…

D’après les âmes de Pé et de Nekhen et le roi trônant, temple funéraire de Sethi Ier, XIXe dynastie, Nouvel Empire, Abydos, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après les âmes de Pé et de Nekhen et le roi trônant, temple funéraire de Séthi Ier, XIXe dynastie, Nouvel Empire, Abydos, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Les âmes des ancêtres royaux de Nekhen et de Pé

Durant longtemps, les égyptiens perpétuent la mémoire des âmes de Nekhen, qu’ils considèrent comme les âmes des anciens rois de la Haute-Égypte. De la même façon, on commémore les Âmes de Pé, qui sont celles des anciens rois de la Basse-Égypte.

Les âmes de Nekhen et de Pé s’intègrent dans le panthéon égyptien, associées aux activités cultuelles des rois. Avant la réunion des deux royaumes, les capitales de ces souverains ancestraux sont Nekhen au Sud et Bouto au Nord…

Les âmes de Nekhen et de Pé sont représentées comme des déités à tête de chacal et de faucon. Comme on peut le voir dans le temple funéraire de Séthi Ier, les âmes de ces ancêtres royaux accompagnent pharaon lors de ses activités rituelles et sacrées…

D’après le roi Narmer et le dieu faucon, palette à fard, schiste, vers 3400 – 3200 avjc, début époque Thinite, Hiérakonpolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le roi Narmer et le dieu faucon, palette à fard, schiste, vers 3400 – 3200 avjc, début époque Thinite, Hiérakonpolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

La symbolique de la double royauté

La symbolique et la réactualisation rituelle de la double royauté sur la Basse et la Haute Égypte vont perdurer tout au long de l’histoire de l’Égypte Ancienne.

Narmer, fondateur de la dynastie Thinite

La tradition égyptienne attribue la Réunion des Deux Pays au roi de la première dynastie Thinite, Ménès (nom donné par la tradition grecque au roi du Sud). Ménès aurait fondé, vers 3000 ans avjc, la ville de Memphis, dont le nom signifie La Balance des Deux Pays.

Horus Menej Ménès est parfois assimilé à Narmer, fondateur de la première dynastie Thinite. Ménès et ses successeurs résident sans doute dans la ville de This (ou Thinis) en Haute-Égypte, non loin d’Abydos où sont érigés leurs tombeaux.

D’après le roi Narmer, serviteurs et défilé des étendards, détail, palette à fard, schiste, vers 3000 avjc, début dynastie Thinite, Hiérakonpolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le roi Narmer, serviteurs et défilé des étendards, détail, palette à fard, schiste, vers 3000 avjc, début dynastie Thinite, Hiérakonpolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Une civilisation nouvelle voit alors le jour. Elle se distingue par le développement de l’écriture des hiéroglyphes (apparition vers 3200 ans avjc) et par le rayonnement de la double royauté sur la Basse et la Haute Égypte. La réactualisation rituelle et la symbolique de la double royauté vont perdurer tout au long de l’histoire de l’Égypte Ancienne…

La palette du roi Narmer

C’est à Hierakonpolis que les archéologues découvrent la célèbre palette du roi Narmer. Cette œuvre sculptée dans le schiste témoigne peut-être de l’unification de l’Égypte sous le règne du premier souverain de la première dynastie, vers 3100 avjc.

D’après le roi Narmer coiffé de la couronne blanche, palette à fard, schiste, vers 3400 – 3200 avjc, début de la dynastie Thinite, Hiérakonpolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle
D’après le roi Narmer coiffé de la couronne blanche, palette à fard, schiste, vers 3400 – 3200 avjc, début de la dynastie Thinite, Hiérakonpolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle

Le triomphe de Narmer

Sur la palette de Narmer (64 centimètres), la composition célèbre la victoire de pharaon sur les forces du désordre et sur ses ennemis. Sur une face le roi porte la couronne blanche du Sud, la Haute-Égypte. Sur l’autre face, Narmer est coiffé de la couronne rouge du Nord, la Basse-Égypte.

Pharaon, qui règne sur Les Deux-Terres, empoigne ses adversaires ou les piétine sous la forme d’un taureau. On rencontre le thème du taureau qui terrasse ses ennemis dès l’époque prédynastique. C’est un symbole du triomphe du roi sur les forces du désordre…

D’après la palette de Narmer, le roi-taureau, palette à fard, 3400 – 3200 avjc, début dynastie Thinite, Hiérakonpolis ; et deux palettes au taureau, vers 3400 avjc, période prédynastique, Abydos ; schiste, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Le roi vainqueur s’affiche en tenue rituelle

Sur la première face, l’artiste inscrit le nom du roi Narmer en hiéroglyphes, entouré par deux têtes de vache. La tête de vache est l’emblème d’Hathor, divinité de la joie, de la musique et de la danse et grande déesse céleste. En dessous, l’artiste compose trois registres superposés.

D'après le roi Narmer coiffé de la couronne rouge, palette à fard, schiste, vers 3400 – 3200 avjc, début dynastie Thinite, Hiérakonpolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le roi Narmer coiffé de la couronne rouge, palette à fard, schiste, vers 3400 – 3200 avjc, début dynastie Thinite, Hiérakonpolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Le roi porte la couronne rouge et la tenue rituelle royale : un pagne de cérémonie à deux pans, une ceinture ornée d’une queue d’animal et les insignes du pouvoir, fouet ou flagellum et massue. Un serviteur porte les sandales royales…

Deux animaux fabuleux à très long cou

Des ennemis sont décapités ou enchaînés, des personnages portent les étendards des régions conquises. Deux animaux fabuleux à très long cou, tenus en laisse par deux personnages barbus, entourent la cupule centrale qui permet de broyer le fard. Mais il semble que cette palette soit davantage un objet symbolique et de prestige qu’un objet usuel..

D’après la palette de Narmer, thème du maître des fauves et déesse Vache Hathor, palette à fard, schiste, vers 3400 – 3200 avjc, début dynastie Thinite, Hierakonpolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Des milliers d’ennemis vaincus…

Au revers de la palette, dans une composition en deux registres, l’artiste représente le roi en très grandes dimensions. Un grand roi, donc, qui brandit sa massue et terrasse ses ennemis… Narmer, toujours en tenue rituelle, porte cette fois la couronne blanche du Sud.

On retrouve le symbole du palais et le nom du roi en hiéroglyphes, les emblèmes d’Hathor et le porteur de sandales. Le dieu Faucon Horus  veille… et maintient en laisse un captif dont la tête émerge du hiéroglyphe milliers. Le triomphe de pharaon se chiffre en milliers d’ennemis vaincus…

D’après le faucon Horus, un captif et le signe milliers, détail, palette à fard de Narmer, schiste, vers 3000 avjc, début dynastie Thinite, Hiérakonpolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le faucon Horus, un captif et le signe milliers, détail, palette à fard de Narmer, schiste, vers 3000 avjc, début dynastie Thinite, Hiérakonpolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

LES ARCHITECTES THINITES CONSTRUISENT LES PREMIERS MASTABAS

À l’époque Thinite, les architectes innovent en concevant les premiers mastabas… Ce sont des monuments funéraires et sacrés construits en briques crues. Dans ces tombeaux, situés à Abydos, en Haute-Égypte et à Saqqara, en Basse-Égypte, reposent des rois et des grands dignitaires…

D’après le mastaba de la reine Merneith à Saqqara, reconstitution, Iere dynastie Thinite, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le mastaba de la reine Merneith à Saqqara, reconstitution, première dynastie Thinite, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Le mastaba, une demeure pour l’éternité

Les bâtisseurs de l’époque Thinite élaborent des mastabas dont les murs en façade sont percés de hautes portes. Ces monuments, qui possèdent un aspect fortifié, se distinguent par un jeu architectural d’avancées et de retraits. Ils sont souvent ornés d’une corniche. La forme « en banquette » de ces constructions en briques crues a inspiré leur nom de mastaba, qui signifie banc en arabe.

Transposition de la vannerie à la brique

À la même époque en Mésopotamie, avec qui les échanges sont attestés, des constructions sont également enrichies de murs à redents (motifs décoratifs saillants). Mais il n’est pas certain que les architectes Thinites empruntent ce motif ou soient influencés par l’art mésopotamien.

D’après des motifs dits en façade de palais, reconstitution d’un décor de mastaba, époque Thinite-ancien Empire ; et les mastabas d’Abydos à grandes stèles, schéma, dynastie Thinite, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Le motif dit en façade de palais

Il semble que les artistes Thinite transposent dans la brique le style de constructions plus anciennes, réalisées auparavant grâce à un assemblage de nattes en vannerie sur des poteaux.

Ces modèles de poteaux sont peut-être à l’origine du motif dit en façade de palais qui symbolise le roi vivant à l’époque pharaonique et le passage vers le monde des morts dans l’iconographie funéraire.

Tombeau principal et nécropole privée

Élevé sous la première dynastie Thinite, l’imposant mastaba de la reine Merneith, à Saqqara, mesure 30 mètres de côté. Les bâtisseurs Thinite conçoivent une enceinte qui sépare le tombeau principal de la nécropole privée réservée aux membres proches de l’entourage royal, dont les tombes sont plus modestes…

D’après une statuette de femme, ivoire d'hippopotame, vers 3400 – 2980 avjc, dynastie Thinite, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une statuette de femme, ivoire d’hippopotame, vers 3400 – 2980 avjc, dynastie Thinite, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Des nécropoles Thinite à Saqqara et Abydos

Du mobilier funéraire dans des chambres

À l’intérieur des mastabas, des chambres en briques crues forment des compartiments dans lesquels sont déposés le mobilier funéraire des défunts : vêtements, récipients en terre cuite ou en pierre, aliments, statuettes…

À Saqqara comme à Abydos, les tombes privées sont installées contre l’enceinte du mastaba principal. Ces sépultures de courtisans ou de serviteurs sont de simples caveaux rectangulaires, surmontés d’un massif de briques crues dont le sommet est bombé.

D’après un vase en pierre rose et feuille d'or, vers 3400 – 2980 avjc, époque Thinite, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un vase en pierre rose et feuille d’or, vers 3400 – 2980 avjc, époque Thinite, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

On érige ce modèle de caveau tout le long du Nil. Certains riches notables s’offrent tout de même des tombeaux à façade décorée de redents…

Des grandes stèles et des bijoux

Les mastabas d’Abydos sont comparables à ceux de Saqqara… mais ils se distinguent par leur toit arqué et leur forme plus sobre. On sépare là aussi par une enceinte le tombeau principal des sépultures privées, destinées aux membres de la famille et aux serviteurs.

Ces monuments sont souvent flanqués de grandes stèles, comme celle du roi-serpent, qui permettent une identification. Seules les tombes royales d’Abydos, moins imposantes que celles de Saqqara, contiennent des grandes stèles, des bijoux sur les momies et une liste des pharaons de la première dynastie…

D’après une ronde d'animaux, stéatite et albâtre coloré, tombe de Hémaka, vers 3400 – 3200 avjc, première dynastie Thinite, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une ronde d’animaux, stéatite et albâtre coloré, tombe de Hémaka, vers 3400 – 3200 avjc, première dynastie Thinite, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Du mobilier destiné à la survie dans l’au-delà

Dans les mastabas d’Abydos et de Saqqara, les défunts reposent dans une véritable demeure… On aménage autour de leur caveau un ensemble de pièces pour entreposer tout le mobilier nécessaire à leur survie dans l’au-delà.

Les murs sont en bois ou en briques crues et les plafonds en rondins. Les mastabas de Saqqara possèdent encore le massif de briques quadrangulaire qui surmonte les tombeaux et des vestiges d’enceinte.

D’après un vase en pierre rehaussé de feuille d’or, vers 3400 avjc, fin de la période prédynastique-première dynastie Thinite ; et une patte de taureau, ivoire d’éléphant, pied de meuble, Abydos, dynastie Thinite, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Imposants, les monuments de Saqqara mesurent de 35 à plus de 50 mètres de long sur environ 20 mètres de large… Les façades à redents, qui portent des traces d’enduit de peinture, sont décorées à l’origine d’un motif coloré de vannerie…

Les nécropoles Thinite possèdent des magasins funéraires riches en créations luxueuses et de qualité. Vaisselle en terre cuite, récipients en cristal, en albâtre et en diorite, parfois rehaussés d’or, objets et statuettes en ivoire… témoignent du talent raffiné des artistes de l’époque.

D'après la stèle funéraire des dames Ouaten et Ousernebnet, calcaire, vers 2780 – 2635 avjc, IIe dynastie Thinite, Memphis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après la stèle funéraire des dames Ouaten et Ousernebnet, calcaire, vers 2780 – 2635 avjc, IIe dynastie Thinite, Memphis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Les bâtisseurs Thinite commencent à valoriser la pierre

À l’époque Thinite, la pierre joue encore un rôle accessoire dans les constructions. On utilise la pierre pour créer des dallages, des montants de porte ou des stèles dressées. C’est seulement à la fin de l’époque Thinite que les bâtisseurs commencent à utiliser des pierres appareillées.

Comme dans le tombeau Khasekhem, qui règne à la fin de la IIe dynastie… Puis sous l’Ancien Empire, la pierre devient le symbole de l’art pharaonique, symbole à la fois de grandeur royale et d’éternité…

KHASEKHEM, HIÉRATIQUE ROI THINITE

Une statue en schiste du musée du Caire représente l’un des derniers rois de la IIe dynastie Thinite, Khasekhem ou Khasekhemoui, dont une partie du visage a disparu. Les inscriptions d’une jarre et d’un vase provenant de Hiérakonpolis mentionnent ce souverain guerrier, très peu connu par ailleurs, dont l’ambition serait la reconquête du Delta.

D’après le roi Khasekhem ou Khasekhemoui, statuette, schiste, IIe dynastie Thinite, temple de Hiérakonpolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le roi Khasekhem ou Khasekhemoui, statuette, schiste, IIe dynastie Thinite, temple de Hiérakonpolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Un souverain guerrier

Sur le trône de la statuette de Khasekhem (54,5 centimètres), on retrouve le thème iconographique du pharaon qui terrasse ses ennemis, dont le nombre s’élèverait à 47 209 selon les hiéroglyphes…

Sur une autre statue de Khasekhem, en calcaire cette fois, conservée au museum d’Oxford, l’artiste reprend la même thématique. Ces deux sculptures proviennent de Hiérakonpolis. Les sculpteurs représentent le roi enveloppé dans l’habit de cérémonie des fêtes du jubilé.

Le nom royal d’Horus

Sur la statue du Caire, installée sur un trône cubique à dossier plat, Khasekhem porte la couronne blanche de la Haute-Egypte, au Sud. L’artiste soigne le modelé de son visage… Le roi, qui tenait sans doute un sceptre à l’origine, apparaît figé dans une attitude solennelle et hiératique… Devant les pieds de Khasekhem, l’artiste inscrit son nom royal d’Horus…

D’après le roi Khasekhem ou Khasekhemoui, calcaire, IIe dynastie Thinite, Hiérakonpolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le roi Khasekhem ou Khasekhemoui, calcaire, IIe dynastie Thinite, Hiérakonpolis, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Une figure hiératique en majesté

La rigoureuse frontalité des personnages distingue la statuaire égyptienne dès l’époque Thinite. La sculpture de Khasekhem serait à ce jour la plus ancienne statue de pharaon connue, avec l’autre version en calcaire, elle aussi abîmée, mais dont le visage est complet.

On représente alors le pharaon en majesté et trônant dans une attitude hiératique comparable à celle de son successeur le roi Horus Djoser (ou Djeser) de la IIIe dynastie. Djoser élève la première pyramide de l’Ancien Empire…

D’après une évocation de la fête-Sed, bois d’ébène, tombe du roi Den, Abydos, vers 3400 – 3200 avjc, première dynastie Thinite, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une évocation de la fête-Sed, bois d’ébène, tombe du roi Den, Abydos, vers 3400 – 3200 avjc, première dynastie Thinite, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

La fête-Sed renouvelle les forces de pharaon

La fête-Sed (heb-Sed) ou Jubilé royal a lieu en principe au bout de trente ans de règne. Les célébrations se déroulent sur plusieurs jours mais exigent une longue préparation.

Le jubilé réaffirme le pouvoir royal

Les rituels de la fête-Sed confèrent à pharaon le renouvellement de ses forces vitales. Les cérémonies permettent aussi de réaffirmer son pouvoir royal. Parfois, on organise un deuxième voire un troisième jubilé quelques années après le premier.

Dans les faits, les rois égyptiens ne respectent pas toujours le délai de trente ans de règne pour organiser leur fête-Sed. Et il semble que beaucoup d’entre eux n’aient pas célébré leur Jubilé. Seulement une dizaine de pharaons l’auraient fait réellement…

D’après la fête-Sed du roi Den, course rituelle, bois d’ébène, Abydos, vers 3400 – 3200 avjc, première dynastie Thinite, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après la fête-Sed du roi Den, course rituelle, bois d’ébène, Abydos, vers 3400 – 3200 avjc, première dynastie Thinite, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

La course rituelle du roi Den

Sur un fragment en bois de la tombe du roi Horus Den, un souverain de la première dynastie Thinite, l’artiste évoque au registre supérieur la fête-Sed du roi Den. Pharaon porte la double couronne, le Pschent. On le voit trôner et participer à une course rituelle qui symbolise sa vigueur.

Dessous, les scènes ne sont pas claires mais évoquent la destruction d’une forteresse et la capture de prisonniers… On aperçoit aussi le dieu faucon perché sur ce qui ressemble à une façade de palais. Horus veille sur la demeure royale… Sorte de rituel de jouvence, le Jubilé du roi Den lui permet de régénérer ses forces vitales…

D'après l'ensemble funéraire du roi Djoser, avec esplanade de la  fête-Sed, IIIe dynastie, vers 2980 – 2930 avjc, Ancien Empire, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après l’ensemble funéraire du roi Djoser, avec esplanade de la fête-Sed, IIIe dynastie, vers 2980 – 2930 avjc, Ancien Empire, Saqqara, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

En dehors de Memphis, peu de vestiges de l’Ancien Empire sont retrouvés en province. La société d’alors repose sur une puissante centralisation. Les architectes élèvent les grandioses et impérissables pyramides du plateau de Gizeh. Les artistes développent aussi l’art de la statuaire qui prend de l’ampleur, trouve son style et ses canons…

Article suivant : L’Art de l’Égypte ancienne, le temps des tombeaux pharaoniques

EN BREF. Époque Thinite vers 3400-2980 avjc. Ancien Empire 2980-2475 avjc. Moyen Empire 2160-1788 avjc. Nouvel Empire 1580-1090 avjc. Troisième période intermédiaire 1090-663 avjc. Basse Époque 663 avjc – 332 avjc (domination Perse 525 avjc – conquête Alexandre le Grand 332 avjc). Époque ptolémaïque 332-30 avjc. Époque Romaine 30 avjc- IVe siècle.

Basse-Égypte : le Nord du pays (Delta), la déesse Cobra Ouadjet, l’ancestrale et guerrière déesse Neith, la Couronne Rouge, symbole l’Abeille, et plante emblématique le papyrus. Haute-Égypte : le Sud du pays, la déesse Vautour Nekhbet, la Couronne Blanche, symbole le Jonc (roseau) et plante emblématique le lys ou lotus. Le roi de Haute et Basse-Égypte est Celui qui appartient au jonc et à l’abeille, dont le pouvoir royal s’exprime dans la double couronne, le Pschent…

Des écrits sacrés ? Les Textes des Pyramides, qui remontent à l’Ancien Empire (entre 2980 – 2475 avjc) ; Les Texte des Sarcophages, depuis la fin de l’Ancien Empire et au Moyen Empire (vers 2160 – 1788 avjc) ; Le Livre pour Sortir au Jour (dit Livre des Morts), au Nouvel Empire (vers 1580 – 1090 avjc) …

D’après les conventions respectées par les artistes de l’Égypte Ancienne, sur les reliefs, les gravures et les fresques peintes. (Marsailly/Blogostelle
D’après les conventions respectées par les artistes de l’Égypte Ancienne, sur les reliefs, les gravures et les fresques peintes. (Marsailly/Blogostelle

Un roman ? Sinouhé l’Égyptien, de Mika Waltari, les aventures de Sinouhé, médecin et espion du pharaon Aménophis IV (Akhénaton)… Un conte initiatique ? Her-Bak Pois Chiche, de Isha Schwaller de Lubicz, qui raconte l’éveil d’un jeune égyptien sous la XXe dynastie, dans la région de Thèbes (Karnak, Louxor)…

Publié par Maryse Marsailly

Blogostelle : Histoire de l'Art et du Sacré. Civilisations, chefs-d'œuvre, mythes, symboles..., tout un univers s'exprime dans les œuvres d'art.

3 commentaires sur « L’Art de l’Égypte ancienne. Le talent des artistes du Nil de Nagada à l’époque Thinite »

  1. Merci Maryse, j’imaginais comme en Inde, les sépultures vraiment au bord de l’eau ( Purification où le voyage de l’âme favorisé par l’eau). Merci pour cette précision, je suis impatiente de vous lire ! Très Bonne soirée.

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  2. Merci pour le commentaire et le lien (je vais y faire un tour…) L’expression « le long du Nil » ou sur « les rives du Nil » est imagée, cela évoque les bandes de terres où vivent les habitants, dont la survie dépend des crues du Nil. Les nécropoles se trouvent au-delà dans les sables… Davantage que l’eau c’est le fleuve qui est divinisé. La crue apporte un limon fertile… Par contre, on rencontre l’Eau dans la mythologie égyptienne sous la forme du Noun, l’Océan ou marécage primordial, d’où émerge le Soleil… (un thème que j’aborde dans mes prochains articles…)

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