Orient ancien. Les princes de Lagash favorisent le renouveau de Sumer et une brillante période artistique à l’époque néo-sumérienne

D'après la grandeur de Gudea, vers 2100 avjc, époque néo-sumérienne. (Marsailly/Blogostelle)

Gudea, prince bâtisseur de Lagash

En Mésopotamie, entre 2150 et 2000 avjc, les montagnards vaincus par Naram-Sin finissent par l’emporter sur le royaume d’Agadé. Une période anarchique provoque le retour des cités-états rivales sur le modèle sumérien des dynasties archaïques. Entre 2150 avjc et 2100 avjc, les princes-gouverneurs de Lagash inaugurent un renouveau de la civilisation sumérienne. L’époque néo-sumérienne correspond à une brillante période artistique et littéraire qui connaît son apogée sous le règne du souverain Gudea…

Par Maryse Marsailly (@blogostelle)
– Dernière révision novembre 2018 –

D'après Gudea, prince de Lagash, statue assise dédiée au dieu Ningishzida, vers 2120 avjc, époque néo-sumérienne, antique Girsu, Tello, Irak actuel, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Gudea, prince de Lagash, statue assise dédiée au dieu Ningishzida, vers 2120 avjc, époque néo-sumérienne, antique Girsu, Tello, Irak actuel, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)

REPÈRES CHRONOLOGIQUES. Fin des dynasties archaïques sumériennes vers 2340 avjc. Empire d’Agadé sous la dynastie d’Akkad fondée par le roi Sargon : 2340 – 2200 avjc. Règne de Naram-Sin : 2254 – 2218 avjc.  Époque néo-sumérienne : 2150 – 2100 avjc. Les princes de Lagash : 2150 -2130 avjc. Règne de Gudea  : 2130 – 2100 avjc. IIIe dynastie d’Ur fondée par Ur-Nammu : 2100 – 2000 avjc. Chronologie Orient ancien

LE RÈGNE DES PRINCES DE LAGASH

Le renouveau de Sumer… La brillante période dite néo-sumérienne s’épanouie en deux temps. Entre 2150 avjc et 2130 avjc, un prince de Lagash règne dans la région de l’antique cité de Girsu (actuel Tello, Irak). Puis le prince-gouverneur Gudea, entre 2130 et 2100 avjc, conduit la civilisation sumérienne vers une nouvelle apogée…

D'après une statue (acéphale) du souverain Ur-Bau de Lagash, 70 centimètres, vers 2130 avjc, deuxième dynastie de Lagash, époque néo-sumérienne, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une statue (acéphale) du souverain Ur-Bau de Lagash, 70 centimètres, vers 2130 avjc, deuxième dynastie de Lagash, époque néo-sumérienne, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)

Girsu, capitale de Lagash

Après la chute d’Agadé et de la dynastie d’Akkad, des cités du Sud de la Mésopotamie fondent des dynasties indépendantes. Gudea succède à son beau-père, Ur-Ba’u, fondateur de la seconde dynastie de Lagash. Gudea édifie des temples pour Ningirsu et Nanshe, Ningishzida et Geshtinanna, les principales divinités de l’ancienne Girsu, alors capitale du royaume de Lagash…

D’après le sceau de Gudea, prince de Lagash, empreinte sur bulle de terre crue, vers 2130-2100 avjc, époque néo-sumérienne, Girsu-Tello, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le sceau de Gudea, prince de Lagash, empreinte sur bulle de terre crue, vers 2130-2100 avjc, époque néo-sumérienne, Girsu-Tello, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)

De la grandeur dans la statuaire

Une création artistique codifiée

À l’époque néo-sumérienne, l’expression artistique évolue mais respecte des canons stylistiques.. L’originalité et la spontanéité qui animaient les arts à l’époque des premières dynasties archaïques sumériennes tendent à disparaître de plus en plus.

Héritiers de l’art d’Agadé, les artistes néo-sumériens semblent avoir oublié ces sources d’inspiration plus anciennes encore, riches en expressions variées, vivantes et populaires…

Des sculptures quasi grandeur nature

Le rôle de l’image, jusqu’alors essentiel, laisse désormais une large place à l’inscription. Les artistes néo-sumériens perpétuent les expressions de plénitude de l’art royal et de cour hérité de l’époque d’Agadé.

D’après une statue de Gudea assis, prince de Lagash, vers 2100 avjc, époque néo-sumérienne, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une statue de Gudea assis, prince de Lagash, vers 2100 avjc, époque néo-sumérienne, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)

Par contre, les sculpteurs néo-sumériens développent un grand savoir-faire technique pour travailler la pierre dure, notamment la diorite. Ils réalisent des œuvres de grande qualité et innovent en taillant des statues de grandes dimensions, quasi grandeur nature, telle statue de Gudea du Metropolitan Museum of Art de New York…

L’excellence de l’exécution des sculpteurs

Si les artistes de l’époque de Gudea héritent de la tradition artistique de leurs prédécesseurs, ils se distinguent par l’excellence qualité de leurs exécutions. Même si les créations artistiques respectent maintenant des canons exigeants, dans un esprit plus sévère, moins libre…

D'après Gudea coiffé du bonnet royal, diorite, Girsu, vers 2150 avjc, époque néo-sumérienne, Tello, Irak actuel, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Gudea coiffé du bonnet royal, diorite, Girsu, vers 2150 avjc, époque néo-sumérienne, Tello, Irak actuel, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)

La recherche d’un idéal aristocratique

Parfois même, une touche d’académisme semble contraindre et figer les œuvres d’art néo-sumériennes. Certaines interprétations peuvent flirter avec le stéréotype… La recherche d’un idéal aristocratique de souveraineté, associée au sens de la mesure des scribes ne favorise ni la spontanéité ni l’originalité…

GUDEA, BÂTISSEUR DE SANCTUAIRES

Gudea ne porte pas le titre de roi mais celui de Ensi, un équivalent de prince-gouverneur. Ce souverain règne sur l’empire de Lagash entre 2130 et 2100 avjc. Gudea se consacre surtout à la construction et à la reconstruction des temples…

D’après un cône de fondation de Gudea, argile, dédié au dieu Ningirsu, 2130 et 2100 avjc, époque néo-sumérienne, Mésopotamie (Marsailly/Blogostelle)
D’après un cône de fondation de Gudea, argile, dédié au dieu Ningirsu, 2130 et 2100 avjc, époque néo-sumérienne, Mésopotamie (Marsailly/Blogostelle)

La piété royale plutôt que la force guerrière

Les images des pieuses activités du prince

L’époque néo-sumérienne se distingue de la période précédente d’Agadé par une atmosphère et des conceptions différentes. Contrairement à l’époque du roi Sargon et surtout à celle de de Naram-Sin, les représentations de Gudea expriment davantage la piété que la force politique ou militaire. Les images illustrent les pieuses activités du prince… 

Voir aussi l’article Sous l’empire d’Agadé, de Sargon à Naram-Sin, un art royal sublime la figure des souverains d’Akkad

Les sculpteurs néo-sumériens façonnent un visage dont les traits idéalisés expriment la sérénité et des mains dans le geste de la prière qui illustrent la piété du souverain Gudea…

D’après le visage royal de Gudea, détail, statue du prince de Lagash, vers 2100 avjc, époque néo-sumérienne, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le visage royal de Gudea, détail, statue du prince de Lagash, vers 2100 avjc ; et un clou de fondation de Gudea, cuivre, vers 2130 avjc, Girsu-Tello, époque néo-sumérienne, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)

La tradition d’un art de cour

D’importantes fouilles archéologiques françaises ont permis de mettre au jour la culture et l’art sumériens. Ainsi, le musée du Louvre à Paris conserve de nombreuses statues du prince Gudea de Lagash…

Comme à l’époque d’Agadé, la statuaire se résume surtout à un art de cour, accaparé par le prince et la famille princière. En l’absence d’inscriptions, l’identification de ces figures aux traits idéalisés est parfois difficile.

Comme par le passé, l’art néo-sumérien illustre le modèle exemplaire du monarque universel, du pouvoir souverain et de la dévotion royale envers les dieux. Mais les images du prince Gudea semble beaucoup moins se focaliser sur sa puissance politique et davantage sur sa piété…

D'après un clou de fondation et tablette, dédicace de Gudea à la déesse Inanna, Girsu-Tello, époque néo-sumérienne, Mésopotamie (Marsailly/Blogostelle)
D’après un clou de fondation et tablette, dédicace de Gudea à la déesse Inanna, Girsu-Tello, époque néo-sumérienne, Mésopotamie (Marsailly/Blogostelle)

Le temple de Ningirsu, dieu tutélaire de Lagash

Des dépôts de fondation dans les sanctuaires

L’élévation du temple du dieu tutélaire de Lagash, Ningirsu, l’É-ninnu, apparaît comme l’ouvrage majeur du prince Gudea, gouverneur de Lagash…

Pour consacrer la construction de cet édifice sacré, on dépose des inscriptions dans ses fondations, enfouies dans le soutènement, sous les portes, ou encore on incorpore des dépôts votifs dans les murs…

Ces dépôts rituels prennent la forme de simples briques, écrites à la main ou estampées à l’aide de matrices. Ce sont aussi des tablettes de pierre ou de métal, des figurines en cuivre en forme de clous, des cônes ou des clous d’argile…

D’après un clou de fondation de Gudea, prince de Lagash et Gudea bâtisseur, figurine-clou de fondation ; cuivre, 2130 – 2100 avjc, antique Girsu, actuel Tello, époque néo-sumérienne, Mésopotamie (Marsailly/Blogostelle)

Des cônes et des clous de fondation

Un cône de fondation dédié par Gudea de Lagash à Ningirsu commémore la construction de l’É-ninnu, le temple de Ningirsu à Lagash. Un clou en cuivre représente Gudea en bâtisseur, qui porte sur sa tête la corbeille de la première brique… On rencontre déjà le thème du roi bâtisseur, une corbeille sur la tête, à l’époque des premières dynasties archaïques.

Voir l’article Les artistes sumériens exaltent la dévotion des souverains

D’après un cône de fondation de Gudea, dédié au dieu Ningirsu, argile, 2130 - 2100 avjc, époque néo-sumérienne, Mésopotamie (Marsailly/Blogostelle)
D’après un cône de fondation de Gudea, dédié au dieu Ningirsu, argile, 2130 – 2100 avjc, époque néo-sumérienne, Mésopotamie (Marsailly/Blogostelle)

Le songe de Gudea

Les artistes représentent surtout Gudea en bâtisseur de sanctuaires, en particulier celui élevé pour Ningirsu (de Ur-Ningirsu), grand dieu guerrier de Lagash. Le temple de cette divinité majeure, l’Eninnu , apparaît comme le sanctuaire le plus important du royaume de Lagash, situé dans l’antique Girsu (actuel Tello)…

Un cylindre de grande dimension porte des inscriptions cunéiformes qui nous racontent comment Ningirsu apparaît en songe à Gudea… Le dieu lui demande de bâtir son sanctuaire. Le récit décrit les étapes de la construction du temple et son inauguration. Ce monument d’écriture évoque aussi la Fête du Nouvel An et consacre le rôle de bâtisseur du souverain…

D'après les cylindres de Gudea, écriture cunéiforme, terre cuite, vers 2120 avjc, antique Girsu, époque néo-sumérienne, actuelle Tello, Irak, Mésopotamie (Marsailly/Blogostelle)
D’après les cylindres de Gudea, écriture cunéiforme, terre cuite, vers 2120 avjc, antique Girsu, époque néo-sumérienne, actuelle Tello, Irak, Mésopotamie (Marsailly/Blogostelle)

Le dieu Enlil demande à Ningirsu de bâtir un temple

Les textes cunéiformes de deux cylindres de Gudea (au Louvre) sont à la fois une oeuvre littéraire et historique… Ces écrits, qui évoquent la construction de plusieurs temples, mentionnent aussi l’intronisation du couple divin de Lagash au cours de la fête du Nouvel An.

Le texte allie récit mythique et récit historique, monde humain et monde céleste… Ainsi, les dieux semblent participer à l’Histoire : le chef du panthéon Enlil demande au dieu Ningirsu : « de faire bâtir un temple dans notre ville (Girsu)” où “un prince de vaste intelligence appliquera son intelligence” à ce projet…

J’étendrai sur le monde le respect de mon temple, sous mon nom l’univers depuis l’horizon s’y rassemblera…

D'après les cylindres de Gudea, perforation centrale, terre cuite, vers 2120 avjc, antique Girsu, époque néo-sumérienne, Tello, Irak actuel, Mésopotamie (Marsailly/Blogostelle)
D’après les cylindres de Gudea, perforation centrale, terre cuite, vers 2120 avjc, antique Girsu, époque néo-sumérienne, Tello, Irak actuel, Mésopotamie (Marsailly/Blogostelle)(Marsailly/Blogostelle)

Ningirsu et sa parèdre la déesse Bau

Pour réaliser la construction de l’Eninnu consacré à Ningirsu, tous les matériaux nécessaires que le pays agricole de Sumer ne possède pas (pierre, bois, métal…) sont acheminés vers Lagash. Ils proviennent des rives de la Méditerranée et parfois même des cités de l’Indus…

Un couple divin

Après les rituels de purification de la cité et de ses habitants, les travaux commencent… Une fois l’élévation du temple achevée, Ningirsu et sa parèdre la déesse Bau prennent possession des lieux. Comme Ningirsu et sa parèdre la déesse Bau, la déesse Innana (ou Ishtar) et Dumuzi forment un couple divin…

D’après le buste d’une divinité, possible déesse Bau, calcaire, 2150 avjc – 2100 avjc, époque néo-sumérienne, antique Girsu, actuel Tello ; et le thème du Mariage Sacré, la déesse Innana (Ishtar) et Dumuzi, relief sumérien, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)

La hiérogamie, mariage sacré

Le récit se poursuit… et mentionne le rite le plus important des célébrations du Nouvel An, le mariage sacré (hiéros gamos), qui réactualise l’union du couple divin…

Ces festivités rituelles se déroulent au Printemps, à la fin de la saison sèche, quand la terre et la vie se retrouvent asséchées par le brûlant soleil de l’été. Le rite de la hiérogamie renouvelle la fertilité de la Terre et assure la perpétuation de la vie végétale, animale et humaine…

D’après une adoratrice et son dieu auprès de l’Arbre sacré, empreinte de sceau (dite d’Adam et Ève au XIXe siècle), 2200 – 2100 avjc, époque néo-sumérienne, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une adoratrice et son dieu auprès de l’Arbre sacré, empreinte de sceau (dite d’Adam et Ève au XIXe siècle), 2200 – 2100 avjc, époque néo-sumérienne, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)

Les motifs de l’arbre sacré et des serpents se rattachent à une symbolique cosmique et à la fertilité…

Favoriser le renouvellement du monde

Par ailleurs, chez les cultivateurs néolithiques européens, l’union mythique de la Terre et du Ciel favorise une abondance fertile. Le rituel de l’union de la déesse et du dieu, incarnés par des représentants symboliques (roi, reine, prêtresse, prêtre…) se rencontre aussi dans l’Inde ancienne védique. Dans diverses traditions ancestrales, ces rites favorisent le renouvellement du monde et de la vie…

Voir aussi les articles  Les cultivateurs néolithiques sacralisent la Végétation et Le Sacré en Inde, rituels, cosmogonie, doctrine védique

D’après un dieu de la végétation, comparable à Dumuzi, empreinte de sceau cylindre, vers 2500 avjc, période des dynastie archaïques, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un dieu de la végétation, comparable à Dumuzi, empreinte de sceau cylindre, vers 2500 avjc, période des dynasties archaïques, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)

L’union de Bau et de Ningirsu

Quand la déesse Bau s’unit au dieu Ningirsu, elle recrée l’émergence du Soleil pour l’année à venir. Ce mariage sacré garantit la fécondité des terres et des troupeaux et apporte l’abondance sur le pays de Sumer…

En Mésopotamie, après les Noces Sacrées, s’ensuit un banquet rituel… alors les rites sont exécutés et les décrets sont accomplis. Pour ce mariage rituel, le roi incarne le dieu de la végétation qui meurt et ressuscite, Dumuzi dans la tradition sumérienne, Tammuz chez les Akkadiens et à Babylone…

Le culte de Ningirsu

Les écrits relatent… Grâce à Gudea, prince pieux, la justice régnera dans le pays et les inégalités disparaîtront entre les puissants et les faibles… Les textes précisent aussi que Gudea prévoit du personnel divin et humain au service de Ningirsu.

D'après la tête d'un dieu coiffé de la tiare à paires de cornes, vers 2100 avjc, terre cuite, période néo-sumérienne, antique Girsu, actuel Tello, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)
D’après la tête d’un dieu et sa tiare à cornes, vers 2100 avjc, terre cuite, période néo-sumérienne, antique Girsu, actuel Tello, Irak, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)

Au service des dieux

Des serviteurs sont rattachés aux services de la Table, de l’Agriculture, de la Pêche et de la Guerre. L’activité de servir s’étend encore aux prairies, aux marais et aux champs.. Selon la mythologie mésopotamienne, les êtres humains sont créés par Ea, qui les protège, pour servir les dieux…

Une multitude de divinités

En Mésopotamie, tous les aspects de la Nature et toutes les activités humaines se rattachent à une multitude de divinités… Toutes les déités sont reconnaissables à leur tiare ornée de paires de cornes, plus ou moins nombreuses selon le rang et la puissance du dieu dans le panthéon sumérien.

Les divinités majeures possèdent également des symboles attributs… Ils s’associent parfois aussi à des animaux, à des créatures mythiques ou à des acolytes (assistants).

D’après Enki et Ningursag, Nammu et Enlil, empreinte de sceau, Mari, Syrie, III millénaire avjc, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Enki et Ningursag, Nammu et Enlil, empreinte de sceau, Mari, Syrie, III millénaire avjc, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)

Les dieux Anu, Enlil et Enki-Ea, protecteur de l’Humanité

Les trois grandes déités sont Anu, dieu du Ciel, Enlil, dieu de l’Atmosphère et Enki-Ea, dieu de l’Abîme, des Eaux Douce et de la Sagesse… Ce dernier est le plus proche des êtres humains qu’il protège et qu’il a créé pour servir les dieux, notamment pour construire et entretenir les sanctuaires, la mission royale par excellence…

Voir aussi les articles Le Sacré en Mésopotamie : Des divinités coiffées de tiares à cornes… et  Ea, dieu de l’Abîme, des Eaux Douces et de la Sagesse

Des symboles célestes et des dieux immortels

Les divinités astrales mésopotamiennes sont le Soleil (Shamash), la Lune (Sîn, Nanna) et la planète Vénus, qui s’identifie à Ishtar (Inanna sumérienne), déesse de l’Amour de la fertilité et de la Guerre…

Sur les empreintes de sceaux, apparaissent aussi des symboles célestes, croissant de Lune, Soleil, étoiles et sphères… Il semble que des célébrations se déroulent tout au long de l’année. Parmi les festivités qui paraissent les plus importantes figurent celles du Nouvel An, généralement destinées au dieu tutélaire de la cité-royaume…

D'après une scène de présentation à un dieu trônant, dédicace et symboles célestes, sceau dit VA243, Uruk, vers 2300 avjc, période d'Agadé, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une scène de présentation à un dieu trônant, dédicace et symboles célestes, sceau dit VA243, Uruk, période d’Agadé, dynastie d’Akkad, vers 2350-2200 avjc, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)

Par ailleurs, dans l’univers mythique mésopotamien, les dieux sont immortels. Ils mènent une vie comparable à celle des êtres humains dont ils ont l’apparence. Les divinités sumériennes se nourrissent, se marient, se mettent en colère, se disputent pour obtenir la suprématie, mènent des batailles ou encore sauvent et protègent…

À l’époque néo-sumérienne, les graveurs de la glyptique représentent fréquemment des scènes de présentation d’un fidèle à un dieu ou à un roi divinisé. Parfois l’adorateur peut être le souverain lui-même, introduit auprès d’une divinité majeure par une déité mineure. Ce sujet iconographique semble de plus en plus codifié… Déité de la végétation dont le nom signifie Seigneur des Vrais Arbres, Ningishzida est le dieu personnel du prince Gudea…

Article suivant : Mésopotamie : Ningishzida, dieu personnel du souverain sumérien Gudea

Sommaire Orient Ancien

Une aventure ? L’épopée de Gilgamesh (Mésopotamie) : des tablettes du XIIIe siècle avjc racontent l’épopée de Gilgamesh en quête d’immortalité, un roi qui aurait régné vers 2600 avjc sur la cité d’Uruk (ou Ourouk )… Un livre ? L’Histoire commence à Sumer, de Samuel Noah Kramer (1956).

L’épopée de Gilgamesh : voir aussi l’article L’Orient ancien. Une mosaïque culturelle et artistique, littéraire et mythologique

Antiquités orientales : Le Metropolitan Museum of Art au Louvre : THE MET AU LOUVRE – THE MET NEAR EASTERN ANTIQUITIES IN DIALOGUE (29 février 2024 – 28 Septembre 2025). PDF : api-www.louvre.fr/sites/default/files/2024-04/MET-Mobile-EN.pdf

Publié par Maryse Marsailly

Blogostelle : Histoire de l'Art et du Sacré. Civilisations, chefs-d'œuvre, mythes, symboles..., tout un univers s'exprime dans les œuvres d'art.

Commenter ?

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.