Divinités, druides, magie, métamorphoses…
Comme d’autres peuples de l’antiquité, les Celtes et les Gaulois sacralisent des lieux naturels : sources, rivières, lacs, bois, grottes, montagnes… Les populations celtiques déposent des objets votifs et des trésors dédiés aux dieux dans les eaux. Déités aquatiques, souterraines et solaires et créatures surnaturelles animent le monde mythique celtique. La culture irlandaise conserve des traces des traditions celtiques : divinités, magiciens, druides… portent le nom de Túatha Dé Dánann qui signifie « Tribu de Dana »…
Par Maryse Marsailly (@blogostelle)
– Dernière mise à jour novembre 2023 –

LA SACRALISATION UNIVERSELLE DES EAUX
Les peuples celtiques déposent dans l’eau des armes, des parures, et parfois des pièces de prestige et des objets très précieux. Les auteurs anciens évoquent les dépôts d’or des Celtes au fond des lacs.
Le culte celtique des eaux sacrées
Des dépôts d’or au fond des lacs
En Gaule celtique, des sources de la Seine à la fontaine de Nîmes, l’eau semble jouer un grand rôle dans la vie spirituelle des gaulois. Rivières, sources, lacs et étangs reçoivent des dépôts votifs destinés aux dieux. Selon Jules César dans ses Commentaires, les Gaulois « offrent aux divinités tout l’or qu’ils ont gagné »… (La guerre des Gaule, v52-51 avjc)

Sequena, déesse gauloise de la Seine
En Allemagne, on a découvert dans les marais un torque argenté de 7 kilogrammes finement décoré, sans doute un dépôt votif destiné aux dieux, comme pour le bouclier de Battersea en Grande-Bretagne, une pièce de prestige découverte dans la Tamise…
En Gaule celtique, on honore Sequena, déesse gauloise de la Seine. Les Sources de la Seine sont des lieux sacrés où l’on se rend en pèlerinage pour recouvrer la santé grâce à la déesse ou pour voir ses vœux exaucés…

Voir aussi l’article Culte des Sources et piété en Gaule Romaine
Le culte des eaux nourrit l’expérience spirituelle
Le culte des eaux, des fleuves, des lacs et des sources appartient au fond commun universel des traditions sacrées. Il existe déjà en Grèce avant les invasions indo-européennes, longtemps avant de le rencontrer dans la mythologie grecque.
Partout dans le monde, il semble que le culte des eaux participe à l’expérience religieuse. Par exemple en Arcadie, selon l’écrivain grec Pausanias (IIe siècle apjc), en cas de sécheresse, le prêtre du dieu Lykaios sacrifie et laisse tomber dans la source Hagno une branche de chêne. Ce rituel très ancien serait en relation avec la magie de la pluie…

Mythologies grecque et nordique
Le Scamandre et le Spercheios
Le poète grec Homère (VIIIe siècle avjc) évoque dans ses écrits le culte des fleuves. Il raconte comment les Troyens sacrifient des animaux au Scamandre, fleuve côtier de la Troade, et jettent des chevaux vivants dans les flots. Le fleuve Scamandre a même ses prêtres, des sacrificateurs et un temple dirigé par le sage Dolopion selon Homère.
Le mythe raconte que cette rivière de Phrygie, en ancienne Anatolie, a pris le nom de Scamandre, fils de Corybas, qui s’était jeté à l’eau ayant perdu le jugement lors de la célébration des mystères de la Mère des Dieux… Par ailleurs, une enceinte et un autel sont consacrés au fleuve Spercheios, en Grèce.

Dans l’Illiade, Pelée voue la chevelure de son fils Achille à Sperchios s’il revient dans sa patrie après la guerre de Troie… Homère raconte aussi comment Pelée sacrifie 50 brebis aux sources de Spercheios…
D’autres peuples offrent également des sacrifices aux fleuves ou aux rivières : les Francs, les Germains, les Slaves… Les Cimbres, par exemple, sacrifient au Rhône. Dans les mythes celtiques et nordiques, l’Océan et les fleuves sont sacrés et divinisés.
Aegir et Rân dans la mythologie nordique de l’Océan
Dans le monde nordique, Aegir, dont le nom vient de eagor qui signifie la mer, personnalise l’Océan illimité. Son épouse, Rân, dont le nom se rattache à « raena » renvoie aux termes piller et ravisseuse…

… Rân possède un filet et attire tout ce qu’elle rencontre au fond de sa demeure sous-marine… Les noyés vont vers Rân, et les hommes jetés à la mer lui sont sacrifiés. Aegir et Rân ont neuf filles et chacune symbolise une facette de l’Océan associée à une notion de danger : la mer déchaînée, la houle, les vagues, la plongée…
Chaudron miraculeux et banquet divin
Le chaudron du géant Hymir
Situé au fond de l’océan, le Palais d’Ageir est le lieu où se rassemblent parfois les Dieux. Là s’organise le banquet divin autour de l’immense chaudron volé par Thôrr au géant Hymir. C’est dans ce chaudron miraculeux que se créée toute seule la boisson des dieux…

Chaudron magique au fond de l’eau
Le thème du chaudron de Hymir rencontre des correspondances dans d’autres mythes. Dans la mythologie grecque, par exemple, le chaudron sert à la confection de l’ambroisie, breuvage divin et nourriture des immortels…
La grande majorité des chaudrons mythiques et magiques celtiques sont trouvés au fond de l’eau, dans la mer ou dans des lacs. On retrouve plus tard le thème celtique du chaudron miraculeux sous la forme christianisée du Graal, source de lumière divine et de renouveau.
La force magique et spirituelle réside dans l’Eau
Dans la tradition irlandaise, le chaudron miraculeux provient de l’île de Murias, dont le nom dérive du mot mer. La force magique et spirituelle réside dans l’eau : les chaudrons, les marmites ou les calices sont les réceptacles de cette puissance magique et spirituelle…

Une scène du chaudron de Gundestrup représente un personnage géant – une divinité ? – plongeant un homme dans un chaudron, un chien, des guerriers à pied et des cavaliers coiffés de symboles. Rite guerrier, rite de passage, renaissance dans un au-delà… ?
Eaux vives et breuvages d’immortalité
La puissance spirituelle ou magique est souvent symbolisée par une liqueur ou un nectar, ou encore par une eau vive dispensatrice d’immortalité ou de jeunesse éternelle. Dans beaucoup de récits mythiques, le breuvage divin transmute celui qui le possède en héros ou en divinité et confère l’immortalité.
Le mythe universel des Eaux primordiales
Partout dans le monde, on peut rencontrer des traditions qui fondent leur mythologie et leurs réflexions métaphysiques sur la sacralité des Eaux, porteuses de toutes les potentialités du monde manifesté. Les eaux symbolisent la création sans cesse renouvelée, la vie en germes, à l’image des eaux primordiales source de la naissance des mondes…

Un dieu barbu du chaudron de Gundestrup brandit deux cerfs, des animaux qui vivent dans la forêt, à la fois gibier et créatures associées aux divinités celtiques…
Renaissance ou régénération
L’eau est aussi un symbole de régénération individuelle, associé à la mort, à la dissolution et à la renaissance dans un contexte funéraire ou initiatique. Parfois, il s’agit de régénération collective et de destruction cyclique ou bien de la dissolution et du recommencement d’une ère nouvelle… Mais La destruction n’est jamais totale et complète, il se reforme toujours un terreau fertile grâce auquel un nouveau monde naîtra…
Divinités et figures surnaturelles
Dans les mythes, les divinités des Eaux naissent des eaux… La souveraineté comme la sainteté sont souvent données par une divinité ou par une figure mythique féminine, océanique ou aquatique, ou encore par un dragon, un serpent, un dauphin, un poisson, un coquillage…

Une puissance magico-religieuse réside au fond de l’océan… Mais les êtres surnaturels aquatiques, comme les serpents, les dragons…, ne se cachent pas uniquement au fond des mers et des océans, on les rencontre également dans les lacs, les étangs, les puits, les sources…
À la fin du XVIIIe siècle et au cours du XIXe siècle, auteurs et artistes trouvent des sources d’inspiration dans l’esthétique médiévale et dans l’univers légendaire celtique. Ce courant s’amplifie jusqu’au phénomène qualifié de celtomanie nourrit par une vision fantasmée et idéalisée du monde celtique de l’Antiquité….

Le temps originel de la Création
Les lustrations ou les purifications rituelles avec l’Eau nous ramènent symboliquement au Temps originel de la Création… Il s’agit de la répétition rituelle de la naissance du Monde ou de la naissance d’une Humanité nouvelle…
Pratiqué dans une intention religieuse et spirituelle, tout contact avec l’eau réactualise deux temps fondamentaux du rythme cosmique : la réintégration et la dissolution dans les eaux avant une recréation et une renaissance…
Le thème du cerf et de la métamorphose
Maître des Animaux, dieu-chaman, Yogi…
Certaines images celtiques rappellent le thème ancestral du maître des animaux et du chaman. Ainsi, un dieu celte du chaudron de Gundestrup, coiffé de bois de cerf, est assis en tailleur.

Assis en tailleur et coiffés de bois ou de cornes, ces divinités celtiques rappellent l’attitude d’un personnage dit Yogi représenté sur des sceaux néolithiques de Mohenjo-Daro dans la civilisation de l’Indus.
Ces images pourraient aussi se rattacher au thème sacré de la métamorphose ou de l’identification à un animal, un univers dont les sources remontent peut-être au lointain paléolithique…
Voir aussi les articles Préhistoire, un lien mystique ou magique entre les animaux et les chasseurs? et Les sculpteurs et graveurs des cités de l’Indus
Serpent, cerf, dragon, métamorphose…
Le culte des serpents ou des génies serpents, en Inde, en Europe et ailleurs, se rattache intimement au pouvoir magique et spirituel des Eaux… La divinité celte du chaudron de Gundestrup, coiffée de bois de cerf, semble maîtriser un immense serpent. La forme même de son torque gaulois évoque également le serpent. Comme aussi le dieu gaulois Cernunnos


D’après le dieu gaulois Cernunnos entre Apollon et Mercure, Ier-IIIe siècle, Gaule Romaine ; le druide Merlin changé en cerf, face à un roi, anonyme, cycle Lancelot, Graal, XIIIe siècle, période médiévale (Marsailly/Blogostelle)
Par ailleurs, une légende médiévale raconte comment le druide Merlin se métamorphose en cerf et se présente ainsi face au roi. Le thème de la métamorphose en cerf trouve peut-être sa source dans l’héritage de la mythologie celtique…
Les gardiens des trésors et de l’immortalité…
Traditionnellement, serpent et dragon sont les protecteurs ou les gardiens des sources de la Vie, de l’immortalité et de la sainteté. Ces créatures mythiques et surnaturelles sont omniprésentes dans la symbolique qui touche à l’héroïsme, à l’immortalité, aux trésors, à la vie et à la fécondité.

Le dragon unit l’Eau et le Feu
Le dragon, qui unit en lui l’Eau et le Feu, symbolise une puissance spirituelle archaïque à la fois aquatique et céleste. La disparition du dragon, animal mythique associé à un monde magique et ancestral, peut aussi évoquer ou annoncer la fin d’un monde et l’avènement d’une ère nouvelle…
TRADITION CELTIQUE ET MYTHOLOGIE IRLANDAISE
Dans la mythologie celtique irlandaise, dieux, déesses, magiciens, druides… portent le nom de Túatha Dé Dánann qui signifie « Gens de la Déesse de Dana » ou « Tribu de Dana ». Leur temps mythique révolu, ces divinités druidiques fondatrices vont rejoindre le monde des fées…

Les dieux celtiques de la Tribu de Dana
Les dieux connus en Irlande sous le nom de Túatha Dé Dánann sont communs à tout le monde celte. On retrouve leur nom dans des mythes gallois et sur des inscriptions en Europe continentale. En Irlande, suite à l’implantation du christianisme, leurs exploits sont racontés par des moines qui rédigent des épopées irlandaises…
On raconte que lors de l’ancienne fête celtique de Samain, le 1er novembre, un moment sacré entre la fin de l’année et l’année nouvelle, entre le temps profane et celui des dieux, les Túatha Dé Dánann autorisent les mortels à entrer dans leur royaume…

On rencontre dans l’art celte des figures au charme étrange : divinités, personnages surnaturels, animaux fabuleux… Créatures mythiques, esprits et déités de la nature ?
Lug, dieu primordial victorieux des Fomoires
Les Fomoires, puissances sombres et maléfiques
Sous l’autorité de Lug, les Túatha Dé Dánann écrasent les Fomoires. Dans la mythologie celtique, les Fomoires sont des puissances maléfiques, sombres et difformes. Ils symbolisent des forces malfaisantes qui entravent l’évolution des choses et combattent la sagesse initiatique.
En principe, dans les mythologies, la victoire des dieux contre des puissances monstrueuses et brutales symbolise l’avènement d’une nouvelle ère spirituelle ou d’une nouvelle civilisation…

Les récits mythiques racontent que la Tribu de Dana ramène la Pierre de Fal du Nord du Monde. La Pierre de Fal se dresse à Tara, résidence de la royauté suprême, lieu sacré et centre du Monde.
Quatre îles ou villes merveilleuses situées au Nord du Monde
Selon la tradition celte, les Túatha Dé Dánann forment la dernière génération de dieux qui régnèrent sur l’Irlande avant l’invasion des fils de Milesius, les ancêtres des irlandais… C’est grâce à leurs pouvoirs magiques que lors de la bataille de Magh Tuireadh les Túatha Dé Dánann terrassent les Fomoires…
Il est dit dans les récits mythiques que les Túatha Dé Dánann ont acquis leur grand savoir dans quatre îles ou villes merveilleuses situées au Nord du Monde : Falias, Gorias, Finias et Murias…

Lug, dieu druide suprême qualifié de « polytechnicien » (Lug Samildanach), cumule à lui seul tous les savoir-faire.
La pierre, la massue, le chaudron, la lance et l’épée
Les Túatha Dé Dánann rapportent du Nord du monde cinq objets magiques et sacrés en Irlande : la Pierre de Fal, la massue de Dagda ou le chaudron de Dagda, la lance de Lug, le chaudron et l’épée de Nuada.
Le dieu suprême celtique est qualifié de polytechnicien. Il possède à lui seul tous les savoir-faire et toutes les connaissances. Ce dieu doué en tout va se retrouver assimilé à Mercure par les Romains, Hermès chez les Grecs. Dieu gréco-romain très inventif, Mercure-Hermès cumule lui aussi de nombreuses connaissances et une habileté intellectuelle et manuelle légendaire…
L’épée, un attribut guerrier et royal
Sur une pierre tombale franque, on aperçoit un personnage armé d’une épée, qui est un attribut guerrier. Cette figure héroïque, divine ou royale, semble être accompagnée ou protégée par un serpent fantastique à double tête.

Auprès du personnage se trouve une sorte de fiole, peut-être un vase rituel ou un petit chaudron. Cette image rappelle celle du chaudron et de l’épée de Nuada, divinité de la royauté…
Voir aussi l’article Le Sacré. L’épée et les armes illustrent une symbolique à double tranchant
Trois sacerdoces druidiques
Les récits mythiques précisent qu’il existe une hiérarchie au sein du collège des dieux-druides de la Tribu de Dana. Les druides exercent leurs spécialités selon trois niveaux de qualification sacerdotale.
Le sacré, la guerre et la magie, l’artisanat
Dans l’univers sacerdotal celte, la première classe des druides s’occupe de tout ce qui touche au spirituel, au rituel et au sacré, comme pour les brahmanes en Inde. Un deuxième groupe de druides se consacre à la guerre et à la magie. La troisième classe des druides s’occupe des savoirs de l’artisanat.
Voir aussi les articles En Gaule celtique, les druides sont les spécialistes du sacré et du savoir et Une tradition druidique orale et poétique en Gaule celtique

Roue et serpent à tête de bélier
Sur le chaudron de Gundestrup, un dieu brandit une roue, aidé par une autre déité casquée. La scène se déroule dans un monde surnaturel, où évoluent aussi des animaux fantastiques.
Par ailleurs, le dieu Taranis, le « Jupiter gaulois, » possède également une roue parmi ses attributs. On aperçoit aussi un serpent à tête de bélier, un motif que l’on peut voir aussi sur le casque gaulois d’Agris, qui remonte à l’âge du Fer et à la Gaule celtique. Le serpent à tête de bélier est aussi associé au dieu gaulois Cernunnos…
Voir aussi les articles Inspirés par la nature, les artistes celtes cultivent les jeux de lumière et Un panthéon gaulois et romain en Gaule (1)

Dagda, dieu souverain, druide et guerrier
La trilogie Dagda, Lug et Ogme
Dans le récit du Cath Maighe Tuireadh, qui raconte la Bataille de Moytura, c’est le dieu souverain Dagda qui organise la guerre victorieuse des Túatha Dé Dánann contre les Fomoires.
Dagda est soutenu et aidé par Lug, dieu Lumineux, et par Ogme, dieu de la guerre et de la magie, inventeur de l’écriture. On raconte aussi comment Dagda s’unit à son épouse la Mórrigan, qui signifie la Grande Reine, et à la déesse de la Guerre Bodb (Corneille)…

Dagda, dieu-druide « rouge de la grande science«
Les scribes médiévaux présentent le plus souvent Dagda comme le roi d’Irlande, sous le nom d’Eochaid. Les textes le décrivent aussi comme un druide redoutable et un guerrier… Selon la mythologie irlandaise, Dagda possède quatre noms…
Dagda signifie dieu bon… Eochaid signifie qui combat par l’if, en référence aux usages magiques du bois d’if… Ollathir signifie père puissant… et Ruadh Rofhessa signifie rouge de la grande science… Dagda réunit en lui la bienveillance, la magie, la puissance protectrice et la connaissance…
Duo Dagda et Ogme
Les textes irlandais mentionnent Ogme, dieu guerrier-champion et dieu magicien qui peut user de ses liens magiques… Associé au dieu roi Dagda, Ogme forme un duo qui rappelle le duo de l’Inde ancienne Indra-Varuna ou Mitra-Varuna.

Dagda, maître du Temps, des Éléments et de l’Autre Monde
Ainsi un dieu guerrier ou solaire et souverain s’associe à un dieu redouté pour la magie de ses liens. Dagda apparaît également comme le maître du Temps et des Éléments. C’est un dieu sage, un dieu guerrier et il préside à l’Autre Monde…
Les récits mythiques décrivent Dagda comme le dieu-druide, mais le présentent aussi comme le dieu du contrat, de l’amitié, de tout ce qui règle la bonne entente entre les membres de la communauté sociale…
Les textes précisent que Dagda est le père de Brigit et de Oengus… Son fils Oengus est né de ses amours adultères avec Boand, la Vache Blanche, qui a donné son nom au fleuve irlandais la Boyne. Boand est l’épouse du frère de Dagda, Elcmar, un autre nom du dieu Ogme…

Les récits irlandais évoquent les divinités celtiques
Lug Samildanac, c’est-à-dire polytechnicien, dieu habile, apparaît comme le dieu primordial. Dagda est le dieu-druide et souverain. Ogme est le dieu de la magie guerrière, de l’éloquence et de l’écriture…
Nuada est dépeint comme le dieu de la royauté. On rencontre aussi Goibniu, un dieu forgeron, Credne, un dieu bronzier, Luchta, un dieu charpentier et Diancecht, un dieu-médecin… Mac Ocou Oengus (fils de Dagda) apparaît comme le dieu de la jeunesse…

Brigit, déesse des poètes, des forgerons et des médecins
Les mythes celtiques présentent Dagda comme le père de Brigit et de Oengus; Brigit est la déesse des poètes, des forgerons et des médecins…, christianisée par la suite, elle va devenir sainte Brigitte. Boann ou Boand, parfois assimilée à Brigit, est déesse de la Boyne, le fleuve d’Irlande à qui elle a donné son nom…
Ce fleuve coule non loin de la colline de Tara, capitale mythique des Rois d’Irlande, et du site de Brug na Boinne, qui signifie la résidence du dieu Dagda… où se trouve le tumulus de Newgrange… Les textes évoquent aussi Mórrígan, déesse guerrière ou déesse de la souveraineté et Étainou Eithne, reine d’Irlande, la mère de tous les dieux…

Le tumulus de Newgrange… de Dagda à Oengus
Dans les récits mythiques, on raconte que Dagda réside au Brug na Boinne (Hôtel de la Boyne), situé dans le tumulus de Newgrange, jusqu’au jour où… selon un récit… son fils Oengus le dépossède par la ruse.
Oengus demande à son père Dagda de lui prêter Brug na Boinne pour un jour et une nuit, mais « un jour et une nuit » sont le symbole de l’éternité et Oengus s’approprie définitivement les lieux aux dépens de son père Dagda …
Dagda réside au Brug na Boinne, localisé dans le tumulus de Newgrange, dans la vallée de la Boyne. Selon un récit légendaire médiéval, un géant aide le druide Merlin à construire Stonehenge…



D’après un récit légendaire, le druide Merlin, aidé par un géant procède à élévation de Stonehenge, manuscrit du Roman de Brut, Wace, XIIe siècle, art médiéval ; et les mégalithes de Stonehenge, Grande-Bretagne, période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)
Dagda et les dieux gaulois
Parmi les attributs de Dagda, on rencontre le chaudron d’abondance et de résurrection, la massue qui tue par un bout et ressuscite par l’autre et la Roue, symbole céleste et solaire lié à la foudre et roue cosmique…
Le nom du dieu-druide Dagda renvoie à dago qui se retrouve dans quelques mots gaulois comme Dago-litus qui signifie très adonné au rite…

Taranis, Sucellus, Ésus
On peut mettre en correspondance le dieu Dagda avec certaines divinités gauloises comme Taranis, dieu du Tonnerre, détenteur de la Roue et du foudre, Sucellus Le bon frappeur possesseur de la massue, du marteau ou du maillet…
Il est possible aussi de rapprocher le dieu celtique irlandais Dagda du dieu gaulois Ésus, le meilleur ou le très bon, épithète et qualificatif appliqué également au Jupiter romain nommé par ailleurs Optimus…

Dans la culture ancestrale celtique, les divinités sont étroitement associées au monde animal et ont le pouvoir de changer de forme… On croit en l’immortalité de l’âme et l’Autre Monde, nommé le Sid, s’identifie à la fois à la Paix, à la Perfection et à l’Éternité…
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REPÈRES CHRONOLOGIQUES. Âge du Fer (Europe). Civilisation de Hallstatt : vers 750 avjc – 450 avjc, premier âge du Fer. La Tène : 450 avjc – 52 avjc, second âge du Fer. Conquête de César, 52 avjc. Gaule Romaine : Ier siècle avjc – IVe siècle.
Un livre? La guerre des Gaule ou Les Commentaires de Jules César, rédigés entre 58 et 51 avjc, Ier siècle avjc.
