Culte du feu et culte solaire
Les peuples indo-européens, nous explique Mircea Eliade, se distinguent par quelques points communs spécifiques. Ce sont des nomades qui se déplacent et entretiennent leurs troupeaux et qui possèdent une structure familiale fondée sur le patriarcat. Ces peuples instaurent une organisation guerrière pour mener à bien leurs conquêtes. Ces envahisseurs sèment la destruction sur leur passage et essaiment durant deux millénaires dans différentes régions. Ils atteignent la plaine du Gange en Inde vers 1200 ans avjc…
Par Maryse Marsailly (@blogostelle)
– Dernière mise à jour novembre 2023 –

REPÈRES CHRONOLOGIQUES – Néolithique : vers 7000 – 3500 avjc – Civilisation urbaine de l’Indus : 3500 – 1500 avjc – Époque védique : vers 1500 avjc – IIIe siècle avjc. Chronologie Arts de l’Inde Ancienne
UN PHÉNOMÈNE D’EXPANSION DES PEUPLES INDO-EUROPÉENS
Les croyances des envahisseurs indo-européens vont se mêler à celles des autres peuples autochtones pour finalement donner naissance aux différentes cultures spirituelles de l’Inde et de l’Europe. Le culte du Feu et les valeurs masculines et solaires prédominent…

Des migrations sur plusieurs siècles
Agriculture et économie pastorale
L’origine de la culture indo-européenne, enrichie par ses contacts avec les civilisations proche – orientales, semble remonter au néolithique ou au mésolithique.
Des peuples, peut-être originaires des régions au nord de la mer noire, entre les Carpathes et le Caucase, déferlent entre 2300 et 1900 avjc en Grèce, en Mésopotamie, en Anatolie…
Les migrations des Indo-européens s’étendent sur plusieurs siècles, des Hittites aux Indo-iraniens, des Grecs aux Italiques… aux Germains, aux Baltes et aux Slaves. Les Indo-européens pratiquent l’agriculture et développent une économie pastorale…

Chevaux, char, travail du métal
Ils élèvent du bétail, notamment le bœuf, le porc et le mouton, et connaissent le cheval sauvage ou domestiqué. Ils sont réputés pour manier le char et travailler le métal, des savoirs transmis sans doute par l’Anatolie…
Selon P. Belwood, « la langue indo-européenne viendrait de l’Anatolie… EM Geigl : L’analyse des phénotypes (l’ensemble des caractères observables d’un individu) explique des migrations depuis l’Est, à l’âge du bronze, des mouvements liés à une forme de peste… » Source Colloque Archéologie des migrations, INRAP (12-13 novembre 2015).
De l’Europe à la Méditerranée
Les indo-européens iraniens s’installent en Perse, en Grèce et dans les îles. D’autres peuples gagnent l’Inde, l’Italie, les Balkans, la région du Danube, l’Europe centrale et l’Europe du Nord et de l’Ouest. Ces populations étendent leurs migrations de la mer baltique à l’Atlantique…
La culture des tumulus
Entre les Ve et IIIe millénaire avjc, la culture Kurgan des tumuli attesterait de leur présence au nord de la Mer Noire. Entre 4000 et 3500 ans avjc, les indo-européens poursuivent leur expansion.
Au IIIe millénaire avjc, les indo-européens sont dans le Nord de l’Europe, dans les régions de la mer Égée, en Grèce, en Anatolie et à l’Est de la Méditerranée. Des différences sociales semblent exister au sein de leur culture. Certains personnages bénéficient de très riches tombes, à côté de sépultures beaucoup plus modestes…

Contacts culturels, échanges et emprunts
L’héritage commun des peuples indo-européens s’enrichit au fil du temps et des migrations grâce à différents contacts culturels. Comme ailleurs dans le monde, les traditions religieuses évoluent selon les échanges, les emprunts, la disparition de certains thèmes ou la symbiose avec d’autres formes de croyances…
Tout cela engendre des réinterprétations ou de nouvelles créations spirituelles. Dès le IVe millénaire avjc, au néolithique, apparaissent des statues de déesse assises, en argile, en marbre ou en albâtre. À l’origine, ces figurations féminines sont sans doute les créations des peuples qui vivent dans les régions des Balkans et de la Méditerranée…
DIVINITÉS COSMIQUES ET CULTE DU FEU
Si les indo-européens transportent avec eux des valeurs spirituelles spécifiques à leur vie nomade, pastorale et guerrière, ils côtoient et assimilent les thèmes sacrés des populations sédentaires de cultivateurs qu’ils ont soumis au cours de leurs conquêtes. Des éléments communs semblent fonder leur vie culturelle…

Divinités solaires
De Sûrya à Hélios et Apollon
Dans les plus anciennes civilisations du monde, il arrive souvent que le dieu solaire prédomine avant d’être supplanté par une autre divinité. Comme Sûrya en Inde, Hélios en Grèce ou Savil dans la tradition germanique. Tous ces noms désignent le Soleil…
Les divinités solaires vont connaître une évolution parmi les peuples indo-européens au contact des civilisations du Proche-Orient. En Inde ancienne, le dieu Soleil Sûrya est souvent représenté sur son char…

On retrouve le thème du dieu Soleil associé au char et aux chevaux dans le monde mythique gréco-romain avec les dieux Hélios et Apollon, et à l’âge du Bronze avec le Char solaire de Trundholm…
Voir aussi l’article L’Âge du Bronze, arts, richesses et prestige
Foudre et feu céleste
Le feu produit par la foudre est considéré comme d’origine céleste et le culte du Feu caractérise les pratiques rituelles et religieuses des indo-européens. Le nom du grand dieu indien Agni, dieu du Feu, se retrouve dans le latin ignis, dans l’ancien slave ogni, dans le terme igné...

Voir aussi l’article Le symbolisme du Feu. Culte du feu, culte solaire, manifestation divine…
La sacralité céleste de Dyaus…
Le radical indo-européen Deiwos qui signifie Ciel et Dieu se retrouve dans le sanskrit Deva, dans le latin Deus, dans l’iranien Div, dans le germanique ancien, Tivar...
Le nom des grands dieux, comme Dyaus, renvoie à la hauteur, au Ciel, à la transcendance et à la lumière. Le dieu suprême évoque aussi la souveraineté, la création cosmogonique et la notion de paternité céleste.
Le dieu du Ciel est considéré comme le Père, c’est Dyaus Pitar en Inde, Zeus Pater pour les grecs ou Zeus Papaïos pour les Scythes. Mais le concept de Dyaus diffère de celui du mot grec theos qui se rattache à l’âme, à l’esprit du mort et à une évolution différente de la divinité…
Le dieu du Ciel règne sur l’univers
Dans le monde mythique indo-européen le dieu du Ciel est la divinité suprême et le créateur du monde. Le dieu du Ciel est un souverain cosmocrate : il règne sur l’univers…

Divinités du Tonnerre et de l’Orage
Les divinités célestes du Tonnerre ou de l’Orage ont souvent la suprématie sur le panthéon divin, comme le dieu grec Zeus, le romain Jupiter, le germain Thorr ou le celte Taranis… Dans Inde ancienne, Indra est à la fois dieu de l’Orage, dieu souverain et démiurge…
Les manifestations célestes ou atmosphériques semblent jouer un rôle primordial dans l’attribution des noms des dieux associés au Tonnerre. Comme Taranis pour les Gaulois celtiques ou Thorr pour les Germains. La foudre est l’arme du dieu grec Zeus.
Voir aussi les articles Les dieux Indra et Agni illuminent le Ciel védique et Le Sacré en Inde, rituels, cosmogonie, doctrine védique
Ciel, Terre, Vent…
Aux origines du monde indo-européen, la Terre, Gh’em, représente une énergie vitale que l’on oppose à celle du Ciel. La notion de Terre-Mère adoptée très tôt au Proche-Orient s’intègre plus tardivement dans le monde culturel indo-européen, et pas partout…

Vâyu, dieu védique du Vent, divinité du Souffle et de l’Âme cosmique et gardien du Nord-Ouest.
Le Vent apparaît aussi comme un autre élément cosmique essentiel. Divinisé, il est nommé Vâyu en Inde, Wejopatis (Maître du Vent) en Lituanie, Vayû en iranien… Le dieu atmosphérique du Vent se présente également comme un dieu souverain, associé à des épiphanies (manifestations) cosmiques…
Les indo-européens sacralisent l’espace
Les indo-européens pratiquent des sacrifices et croient en la puissance magique et spirituelle de la parole et du chant. Leur vie religieuse se fonde sur une mythologie et une théologie élaborée. Rattachés au symbolisme cosmique, leurs conceptions et leurs rituels sacralisent l’espace…
Des cérémonies de combats rituels
La sacralité de l’espace s’applique aussi à leurs territoires. On retrouve ce scénario mythique de l’Inde ancienne aux Romains et chez les Celtes. Périodiquement aussi, les peuples indo-européens organisent des cérémonies de rixes ou de combats rituels qui visent à renouveler le monde…

Voir aussi l’article Le Sacré en Inde, les dieux Indra et Agni illuminent le Ciel Védique
Les hommes brûlent des offrandes pour les dieux
Dans le monde culturel indo-européen, les dieux participent aux fêtes au côté des êtres humains qui brûlent pour eux des offrandes… Le culte se déroule peut-être dans un espace consacré, comme une enceinte à ciel ouvert…
Une transmission uniquement orale et l’interdiction de l’écriture dans le domaine religieux distingue certaines populations de culture indo-européenne. La pensée spirituelle et les pratiques cultuelles originelles de ces anciens peuples sont donc restées inaccessibles pour nous…
LES CULTES INDO-EUROPÉENS SE FONDENT SUR UNE MYTHOLOGIE ÉLABORÉE
La pensée mythologique indo-européenne transparaît de manière fragmentaire dans la littérature de l’Inde ancienne. Dans des textes rituels, des commentaires théologiques, des hymnes et dans des légendes ou des poésies de traditions tardives qui ont été transmises par des auteurs chrétiens…

Divinités védiques
Varuna et Mitra, dieux védiques souverains
Le duo complémentaire Varuna et Mitra symbolise la souveraineté céleste. La souveraineté de Varuna, dieu védique, est associée à la magie céleste, celle de Mitra au pouvoir juridique. Le dieu Mitra préside au pouvoir sacerdotal et à l’harmonie sociale. C’est une divinité sage, calme et bienveillante…
Mitra veille à maintenir l’ordre, il apporte la clarté, il protège la maison. Varuna, par contre, est considéré comme un souverain sombre et inspiré. Ce dieu peut se montrer violent ou terrible… et l’on redoute la magie de ses liens…
Voir aussi l’article Le dieu Varuna, grand maître du panthéon védique
Dieu guerrier Indra et déités de la fertilité
Indra, dieu de l’orage et du tonnerre, incarne la puissance et l’excellence guerrière. Il se rattache aussi à un rôle originel de fécondateur cosmique. De leur côté, les jumeaux Nâsatya ou Asvin favorisent la fécondité…
Les Asvin sont deux dieux jumeaux chevauchant dans le ciel, d’où leur nom de cavaliers. Les Veda associent les Aśvin à la venue de l’Aurore, la déesse Uśas, à qui sans doute ils ouvrent le passage…
Les Aśvin sont également médecins des hommes et des dieux et maîtres en savoir… Les Nâgas, sorte de génies serpents aquatiques, se rattachent également à la fertilité et à Varuna comme Seigneur de l’Océan…

Le dieu védique de l’Orage apparaît dans les Veda comme un démiurge et un combattant exemplaire.
Une conception tripartite de la société
La vie culturelle indo-européenne se fonde sur une division tripartite de la société. Trois catégories sociales renvoient aux trois principaux rôles assignés aux dieux au sein du panthéon céleste : souveraineté spirituelle et maîtrise de la magie, excellence guerrière, habileté et savoir-faire.
Prêtres, guerriers et pasteurs – cultivateurs
Prêtres, guerriers et pasteurs – cultivateurs composent trois groupes bien définis dans leurs rôles respectifs, à l’image du monde divin. Cette répartition s’appuie sur une conception spirituelle tripartite.
Dans la société humaine, comme chez les dieux, la fonction de souveraineté spirituelle et juridique apparaît en premier lieu, vient ensuite la puissance guerrière, puis les forces de la fécondité et de la prospérité…

Brahmanes, Ksatrîya et Vaîsya
Les Brahmanes sont les prêtres, les maîtres des sacrifices et des rituels. Les Kshatriya sont les guerriers et les protecteurs de la communauté. Les Vaîsya produisent la nourriture, travaillent la terre et élèvent le bétail…
On retrouve ce schéma tripartite dans le monde celte avec les druides qui détiennent l’autorité spirituelle, l’aristocratie guerrière qui préside au pouvoir temporel et les hommes libres, cultivateurs, éleveurs et artisans qui produisent grâce à la fertilité de la terre…
Voir aussi l’article Soma, Rudra-Çiva et Vishnu, déités chantées dans les Veda…

Des sociétés tripartites hindoues et romaines
Dans la Rome antique, on rencontre la triade Jupiter, Mars et Quirinus, modèle divin de la société romaine. Quirinus s’associe à Cérès déesse des moissons sur un denier romain du Ier siècle avjc…
En Scandinavie, Othin incarne le dieu souverain, Thôrr le champion guerrier et Freyr est le maître de la fécondité. L’Avesta, le livre sacré du mazdéisme de l’ancienne religion iranienne, évoque également une organisation tripartite de la société, avec les prêtres, les guerriers et les éleveurs -agriculteurs, comme chez les Celtes…
Cette très ancienne conception tripartite se retrouve dans les sociétés hindoue et romaine, mais elle a surtout une dimension politique et juridique à Rome. En Inde, elle se rattache davantage à une conception spirituelle, cosmique et philosophique…

Exaltation de la puissance physique et guerrière
Dans le monde indo-européen, certains thèmes sont importants comme la fécondité, l’abondance. On exalte aussi la puissance physique et guerrière. En Inde ancienne comme à Rome et dans le monde germanique, on organise des combats contre trois adversaires ou contre des monstres à trois têtes…
On retrouve ce scénario avec le héros irlandais Cuchulainn qui lutte contre ses trois frères, avec Horace contre les trois Curiaces, ou encore avec le héros iranien Thraétaona et le dieu indien Indra qui combattent un monstre tricéphale…
La victoire de Cuchulainn et d’Horace provoque en eux une fureur très dangereuse… De l’Inde à l’Irlande, des rituels permettent de se prémunir des excès furieux de la puissance guerrière…

Un panthéon védique dominé par les déités masculines
Les textes védiques s’adressent surtout à une élite sacerdotale associée à une aristocratie guerrière. Le panthéon védique, dominé par les divinités masculines, compte tout de même quelques déesses…
Déesses védiques et parèdres- shakti des dieux
Parmi les divinités féminines, Aditi, la Mère des dieux (Aditya), Usas, la déesse de l’Aurore et Mâtri, la divinité de la Nuit… Plus tard, le rôle de la Grande Déesse évolue dans l’hindouisme. À la fois parèdre (divinité associée) et épouse d’un dieu, la déesse incarne également la shakti de son divin époux, c’est-à-dire son énergie spirituelle créatrice…

La musique, la danse et le soma
Les peuples de l’Inde ancestrale pratiquent l’agriculture mais sont avant tout des pasteurs… Les tribus sont dirigées par des chefs guerriers, les Râjâ, entourés de conseillers… La diversité ethnique apparaît comme le fondement de la société et de la culture de l’Inde.
Et les différentes classes qui la composent sont bien définies à la fin de l’époque védique… Les hymnes védiques évoquent également la musique et la danse… La flûte, la harpe et le luth sont mentionnés ainsi que le jeu de dé… On apprécie aussi les boissons enivrantes comme le soma. Le soma a une grande importance rituelle et religieuse dans la culture hindoue…
Voir aussi l’article Soma, Rudra-Shiva et Vishnu, déités chantées dans les Veda…

Rituels et textes poétiques et philosophiques…
Les croyances et les pratiques de la grande majorité de la population des Vaisya et des Sudra, qui sont les agriculteurs, éleveurs, artisans ou producteurs… sont quasi inconnues. Mais les hymnes védiques se préoccupent des soucis de la vie terrestre…
Il est question de longévité, de santé, d’avoir des fils, d’obtenir du bétail et des richesses en abondance… Ces thèmes perdurent et deviennent très populaires avec l’hindouisme… L’unité culturelle et spirituelle de l’Inde se construit au fil du temps… grâce à des rituels et à des textes poétiques, philosophiques et religieux remontant à l’époque védique…
Les tribus Airya, peuples indo-iraniens
Les Airya, dont le nom signifie homme noble (ou Ârya en sanskrit) sont des peuples indo-iraniens. Ces envahisseurs arrivent en Inde au début du IIe millénaire avjc. Quatre à cinq siècles plus tard, ils occupent la vallée de l’Indus au Penjab. Ils ont peut-être attaqué les civilisations urbaines de la vallée de l’Indus…
Aryaman et Ahriman
Les récits védiques mentionnent un dieu Aryaman. Dans la tradition iranienne, on rencontre Ahriman. Ahriman et les ténèbres attaquent Ohrmazd et le monde de Lumière.

Ahriman apparaît en quelque sorte comme un dieu de la guerre, un guerrier par excellence qui provoque la création matérielle et corporelle du monde, jusque-là idéal et spirituel. Le meurtre du taureau primordial par Ahriman engendre la naissance des plantes et des animaux qui émanent de l’animal sacrifié.
Dans le culte de Mithra adopté par les Romains, le dieu perse (iranien), immole un taureau pour féconder la Terre et sauver le monde. L’origine du dieu Mithra remonte à l’Inde védique où sous le nom de Mitra, il préside à la justice et au bon ordre du monde.
Voir aussi les articles Les Mystères de Mithra, dieu Salvateur (1) et Les Mystères de Mithra, dieu Salvateur (2)
On retrouve le thème de la rénovation du monde dans d’autres traditions. Dans l’hindouisme, c’est Shiva dans sa roue de Feu qui préside à la destruction des mondes pour préparer l’avènement d’un monde nouveau…

Les Dâsa vivent dans des villes fortifiées
Les textes védiques évoquent des combats contre des Dâsa (ou Dasyu), qui sont peut-être les descendants des peuples de la civilisation de l’Indus… Les Dâsa sont décrits comme des personnes à la peau noire, riches en troupeaux, qui vivent dans des villes fortifiées et qui pratiquent le culte du phallus…
Dans les Veda, il est aussi question de fortifications détruites par Indra, le dieu guerrier… Il est possible que des souvenirs d’événements soient à l’origine de ce récit mythique… Le Rig-Veda mentionne aussi les Pani, qui volent le bétail et rejettent le culte védique.
Mais il semble que s’opère finalement une symbiose entre les cultures des Dâsa vaincus et celle des conquérants ârya. Les textes racontent comment un chef Dâsa est même loué pour avoir protégé les brahmanes…
De nombreux conflits entre les tribus
Pour consacrer l’occupation d’un nouveau territoire, on érige un autel du Feu dédié au dieu Agni. Le Rig-Veda fait allusion à de nombreux conflits entre les tribus. Une des plus célèbres batailles est celle des Bhârata, mentionnés dans le Rig-Véda.

L’épopée du Mahâbhârata raconte la guerre fratricide entre les Kaurava et les Pandava, tous de lignée Bhârata, pour la suprématie sur le royaume de Kuru…
Voir aussi les articles Le Mahâbhârata une épopée mythique sacrément compliquée ; L’excellence guerrière d’Arjuna, grand héros du Mahâbhârata, se rattache aux dieux Indra et Shiva (2) et Au cœur du Mahâbhârata, Krishna enseigne à Arjuna la Bhagavad-Gîtâ, chant poétique et mystique (3)
Des batailles transfigurées en combat mythique?
Les ârya indo-iraniens avancent plus avant, au-delà du Gange… Les textes évoquent le dieu védique Aryaman qui incarne la noblesse, l’attitude chevaleresque et les règles sociales… Il est le protecteur des tribus Ârya dont le nom signifie homme noble…
Dans les récits védiques, les adversaires des ârya sont assimilés à des démons ou à des sorciers… et les batailles sont transfigurées en un combat mythique entre le dieu Indra et les Vrtra, identifiés à des êtres maléfiques à l’image de Vrtra, monstre originel vaincu par Indra…
L’art de l’Inde ancienne est profondément relié au sacré et se nourrit de divers courants de pensée. Fondée sur les Véda, la tradition védique est la plus ancienne référence spirituelle dans la culture hindoue. Les principaux textes sacrés sont le Rig-veda, composé entre les XVe et IXe siècle avjc. Les Brâhmana et les Upanishad védiques, plus tardifs, remontent aux IVe et IIIe siècles avjc.
Article suivant L’époque védique, la poésie sacrée des hymnes
Sommaire Les Arts de l’Inde ancienne
Au cours de l’époque védique, entre 1500 avjc et le IIIe siècle avjc, sont rédigés en sanskrit : le Rig-Veda, les Brâhmana et les Upanishad (qui constituent le Vedanta). Et aussi de tradition védique : le Barattage de la Mer de Lait et le Mahâbhârata (IVe siècle avjc – IVe siècle) qui comprend La Bhagavad-Gîtâ (IVe – IIIe siècle avjc). Plus tardif : le Râmâyana, poème en sanscrit (IIIe siècle avjc – IIIe siècle).
Mircea Eliade : Traité d’histoire des religions et Histoire des croyances et des idées religieuses
REPÈRES CHRONOLOGIQUES INDE ANCIENNE. Époque védique entre 1500 et IIIe siècle avjc. VIe siècle avjc : Buddha vers 560 avjc, bouddhisme. – Mahâvira vers 540 avjc, jaïnisme – Conquête perse de Darius en 517 avjc. IVe siècle avjc : conquête grecque d’Alexandre Le Grand en 326 avjc – Reconquête de l’Indus par Çandragupta, fondateur de la dynastie Maurya…

